20/01/2024
Pierre Moscovici tel qu'en lui même
Nos meilleures années
La jeunesse, les amis, la politique
Pierre Moscovici
éditions Gallimard / nrf
Mosco raconte son parcours personnel. Fils d'intellectuels juifs d'origine roumaine pour son père, polonaise pour sa mère, trotskyste dans sa jeunesse étudiante pour finir sa vie professionnelle Premier Président de la Cour des Comptes,après avoir cotoillié DSK, Lionel Jospin François Hollande, et tant d'autres.
Il distribue quelques bons, et mauvais, points au passage.
Il raconte ses accrochages difficiles avec la Direction du Trésor quand il était ministre des finances qui auraient mérités de figurer dans le livre de Jouyet.
"Peut-on croire en Dieu après la Shoah ?" Pour ses parents, la réponse était non !
"La politique vous fait traverser des trahisons, des humiliations, des blessures, elle engendre une envie de vengeance ou de revanche qu'il faut domestiquer, parfois exercer, et le plus souvent retenir."
"la tolérrance, la conscience de la pluralité humaine font partie des valeurs qui doivent être transmises dès le plus jeune âge."
"Si la gauche ne mène pas le combat contre les inégalités - les inégalités économiques, les inégalités sociales de naissance, les inégalités de destin, les inégalités de parcours - alors il n'y a tout simplement plus de raison d'être pour elle !"
"Nous marchons vite, mais l'histoire court"
"La gauche, demain, doit être à la fois locale et européenne."
17:12 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique
17/01/2024
Comment les réformes sont-elles bloquées ?
Est-ce bien nécessaire, monsieur le ministre ?
Jean-Pierre Jouyet
éditions Albin Michel
J'aurais bien aimé savoir sur quels sujets cette question lui a été posée quand il était ministre. Combien de fois il s'est permis cette réflexion quand il était dans des cabinets ministériels ? Je suis un peu frustré après la lecture de ce livre.
Par contre il démontre bien les blocages de notre système et les diverses raisons qui les permettent : "ces réformes n'intéressent pas les présidents", "des administrations féodales", "toujours plus de textes pour toujours moins de résultats", "l'Etat omniprésent".
Il donne comme exemple d'"une grande réforme réussie" l'Euro, à juste titre.
Mais je ne comprends pas que le prélèvement à la source ait pu poser un tel problème. Notre pays a été un des derniers à l'adopter. Il m'était appliqué quand je travaillais en Angleterre il y a cinquante ans. Il était appliqué quand je suis arrivé à Bruxelles il y a plus de quarante ans !
Et encore, la France a conservé l'obligation de déclaration de revenus. Partout ailleurs, pas besoin de déclaration : le prélèvement à la source s'effectue, c'est tout ! Et ça fonctionne !
"Depuis moins de vingt ans se sont empilées dix lois sur l'immigration, sans compter les décrets, ordonnances, arrêtés et circulaires"
"une centralité de plus en plus exacerbée dans toutes les prises de décision"
17:02 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0)
21/07/2023
Un Rocard, sinon rien !
Rocard, l'enchanteur désenchanté
Jean-Michel Djian
éditions Le Cherche Midi
Sylvie Rocard a permis à l'auteur d'accéder aux archives personnelles de son mari.
Michel Rocard est enterré en Corse, selon ses dernières volontés. Parmi ses voisins proches : Jacques Dutronc qui au cimetière a lancé : "Un Rocard sinon rien" et d'expliquer ensuite "c'était ce que je pouvais exprimer de mieux après la disparition d'un type aussi rare."
Jean-Michel Djian révèle un Rocard méconnu, farouchement déterminer à pratiquer son "parler vrai" qui a provoqué quelques fâcheries. A plus de 80 ans il n'hésite pas à jouer les donneurs de leçons et à ce niveau les gens de pouvoir n'aiment pas...Il est désenchanté car plus personne n'écoute plus ses explications sur la complexité du monde. Cela fait déjà quelques années qu'il fait acte de candidature pour prendre des responsabilités. Mais son heure est passée !
"Nous étions, moi et mes amis, de bons gestionnaires et de mauvais candidats."
"Après des vies denses, épiques et douloureuses, après que la politique nous a déçus, seuls compte l'amour et l'amitié."
"La gauche française est singulière, parce que elle est née de l'accouplement unique entre le marxisme et le jacobinisme"
"Il faut du beau, quelque chose qui nous dépasse, c'est dans la nature de l'homme d'aller creuser le mystère. Il faut admettre Mitterrand l'avait compris"
"Ces Anglais feraient mieux de quitter l'Europe plutôt que de l'emmerder."
11:44 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poliique
19/03/2023
La retraite à 75 ans
Une vie à gauche
Jean Le Garrec
éditions de l'aube
Il y a quelques jours je rendais hommage à Jean Le Garrec à l'occasion de son décès. J'ai repris son auto biographie.
A 75 ans Jean a annoncé qu'il ne demanderai pas le renouvellement de son mandat de député et qu'il démissionnait de la présidence du groupe socialiste du Conseil régional Nord Pas-de-Calais. Il n'aurait jamais demandé que les travailleurs manuels travaillent jusqu'à 64 ans. Tout dépend du travail que l'on effectue. Choisi ou subi. Je n'ai eu aucun problème de continuer à travailler au groupe socialiste du Parlement européen jusqu'à 65 ans. La question se serait posée autrement si j'étais resté à travailler en 3x8 à la SNCF. Les études sur les espérances de vie sont éclairantes.
"l'honnêteté, notamment intellectuelle, ne suffit pas pour gagner les élections. Il faut aussi faire rêver à des lendemains qui chantent pour susciter un élan."
"Depuis plusieurs années, les socialistes sont accusés d'une faiblesse coupable à l'égard des technocrates européens."
"le bon manager est celui qui choisit des collaborateurs meilleurs que lui"
10:08 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retraite, politique
03/03/2023
Fille de, épouse de...
Après tant de silences
Constance Guichard-Poniatowski
éditions Bouquins / mémoires
Constance, fille d'Olivier Guichard, "baron" du gaullisme, plusieurs fois ministre, collaborateur du Général, ami de Georges Pompidou, épouse de Ladislas Poniatowski, fils de Michel, le bras droit de VGE.
Son père et son beau-père s'entendent assez bien à condition de ne pas aborder la question du gaullisme. Au moins un point commun : l'anti-communisme viscéral.
Il y a quelques années j'avais lu le livre d'une des filles de Michel Noir "Mieux vaut perdre sa fille que les élections." Pas de règlement de compte dans le livre de la fille d'Olivier Guichard, même si elle regrette les silences de son père, sa distance, ses absences.
Bac en 69, mariée en 71, Constance est incontestablement de ma génération. Mais pas de mon milieu social car chez les Guichard il n'est pas question que les femmes travaillent. Constance sera la première de la lignée à refuser cette règle. Elle finira directrice de "Fémina", hebdomadaire qui était donné avec le Midi Libre du dimanche.
En raison de cette identité de génération elle parle d'évènements que j'ai également vécus. Pas avec les mêmes réactions. Mais je lui pardonne puisqu'elle avoue que le candidat qu'elle soutenait aux différentes élections présidentielles n'a jamais passé le premier tour.
"Dans la famille Guichard on la ferme sur tout ce qui est vraiment important et on fait sien le silence de plomb qui règne".
"Lorsqu'il s'agit d'écrire sur des être humains, il n'y a plus d'objectivité qui tienne"
"C'est important pour des filles de voir peu leur père ; elles l'admirent d'autant plus et cela leur fait plus d'effet que s'il est là tout le temps" (la mère de Constance)
"La vraie patrie des enfants est celle des vacances heureuses" (Olivier Guichard)
"Il faut avoir le diable au corps et l'âme bien basse pour faire le métier de candidat à la députation" (Prosper Mérimée)
"Comme le soulignait Talleyrand, le talent d'un homme se reconnaît au nombre de ses ennemis"
08:23 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poliique


