25/02/2023
Hommage à Jean Le Garrec
Jean Le Garrec vient de décéder à l'âge de 93 ans.
Je l'ai connu dans l'Essonne dans les années 70. Il était cadre supérieur chez IBM et signait d'un pseudonyme ses articles politiques.
Au fameux Congrès de Metz où s'affrontèrent les partisans de François Mitterrand et ceux de Michel Rocard, Jean a fait le choix de Pierre Mauroy qui préconisait la synthèse et le rassemblement. Je l'ai suivi dans ce choix et ne l'ai jamais regretté.
En 81, Jean a été chargé au gouvernement des nationalisations. Aujourd'hui il n'y a plus de débat sur la question car même les communistes ont compris que les nationalisations ne changeaient pas la condition des travailleurs, mais à l'époque la question se posait des nationalisations à 100% ou en se contentant d'une participation majoritaire. Jean, discipliné, a suivi la ligne gouvernementale.
Jean était d'abord un militant. En 82, il a suscité une réaction épidermique des communistes en venant me soutenir pour une élection cantonnale où j'affrontais au premier tour un sortant communiste.
Jean ne me connaissait pas si bien puisqu'il m'a proposé de devenir son Chef de cabinet. Proposition flatteuse mais que j'ai refusé. Je préférais rester au Groupe socialiste du Parlement européen. Ce qui était également le choix de mon épouse.
Jean était président de la commission des affaires sociales à l'Assemblée nationale quand Martine Aubry était ministre avec cette responsabilité. Il se sont très bien entendus pour travailler ensemble.
Une vie de militant socialiste fidèle.
07:55 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poliique
13/02/2023
Qui donc a tué le PS ?
Autopsie du cadavre
Olivier Pérou
éditions Fayard
Le livre a été écrit avant les contestations sur la réélection du 1er Secrétaire du PS. Malheureusement, dans l'état actuel des choses la réponse semble évidente : il s'agit d'un suicide !
L'auteur, Olivier Pérou est en charge de la Gauche au sein de la rédaction de l'Express.
Il définit sept suspects : Anne Hidalgo, candidate soutenue par le PS, mais pas vraiment candidate socialiste, François Hollande et son quinquennat tellement raté qu'il n'a pas pu être candidat, Bernard Cazeneuve, préssenti mais qui n'a pas voulu porter le drapeau/fardeau, Arnaud Montebourg tenté par un nouveau cabotinage, Christiane Taubira et son esprit de revanche contre le PS, Jean-Luc Mélanchon dont les scores lui permettent de mépriser le PS, et Olivier Faure en personne qui semble vouloir brader la maison.
"Olivier Faure a décidé de se ranger derrière Jean-Luc Mélanchon pour s'affaler dans le confort de l'opposition."
"Ceux qui s'aventurent dans la course à l'Elysée ont tous un point commun : la folie"
"J'en ai vu des roublard. J'ai été seigneur féodal socialiste et je connais la maison." (Jean-Luc Mélanchon)
"Le moment sera idéal pour récupérer ce qu'on lui a volé, le drapeau socialiste, mais certainement pas le parti"
"Il voulait être le dernier des socialistes dont les livres d'histoire se souviendraient, le dernier des présidents socialistes. Il fallait donc tuer la machine à gagner des élections et à produire des présidents."
07:43 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, ps
01/08/2022
Choses vues, choses entendues pendant la présidentielle
Le bon air de la campagne
Hubert Van Rie
éditions "Presses de la Cité" / "La cité graphique"
Hubert Van Rie est illustrateur, directeur artistique dans l'édition jeunesse. Il précise : "je ne suis ni journaliste ni analyste, ni polémiste ni militant". Pas journaliste, mais c'est quand même avec la presse qu'il a pu s'approcher des candidat(e)s, et des "entourages", parfois même dans le "carré VIP". "Pendant quelques mois, je me suis promené dans les coulisses de la campagne présidentielle, un carnet à la main." Voici donc ses "reportages dessinés".
C'est bien vu, bien croqué. Sa route croise celle de Mathieu Sapin qui coordonne la couverture de la campagne avec plusieurs autres dessinateurs, ce qui permet d'être à plusieurs endroits à la fois et de comparer, alors que Van Rie doit faire des choix, en particulier les soirs de résultats. Obligation également de faire des choix entre les moments forts de la campagne de chaque candidat, en meeting ou dans les médias.
L'analyse critique des affiches électorales des candidat(e)s est particulièrement intéressante.
08:15 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, dessins de presse
09/05/2022
Communucants, lobbyistes, conseillers
à l'oreille des politiques
enquêtes et rédaction : Aurore Gorius
Dessins : Vincent Sorel et Vincent Mahé
éditions "La revue dessinée"
Les "politiques", ceux qui sont élus et ceux qui aspirent à l'être, sont entourés par les militant-e-s, mais aussi, à un certain niveau, par des professionnels de la communication.
Dans une société de l'image, les "communicants" ont un rôle essentiel. Souvent leurs conseils, même largement facturés, sont de simples remarques de bon sens. Au cours de ma vie au Parlement européen, j'ai remarqué que les femmes comme les hommes politiques étaient capables d'une grande capacité d'analyse lucide...sur les autres, et beaucoup moins sur eux mêmes. Un problème d'ego, sans doute. Comment ne pas avoir un ego un peu plus gros que les autres quand on est candidat-e aux suffrages ?
Les lobbyistes ne sont pas utiles aux politiques. Je dirai même nuisibles. Ils encombrent les politiques avec leurs textes et leurs amendements déjà rédigés, éventuellement des listes de vote toutes prêtes...et ça se voit ! Je range les syndicats, à commencer par le lobby patronal, dans cette catégorie.
Le chapitre sur "les conseillers" portent sur le "cercle rapproché", constitué essentiellement d'énarques (souvent de la même "promotion"), éventuellement de polytechniciens (en perte de vitesse sauf dans les ministères techniques) , de Normaliens agrégés (pour écrire les discours), ou d'anciens d'écoles de commerce comme HEC.
"La guerre ne peut être victorieuse que si elle est gagnée psychologiquement" (général Jean De Lattre de Tassigny)
"L'idée est d'avoir des gens avec la même culture et le même niveau intellectuel que les journalistes"
"Une foule ne pense pas puisque seules les pulsions inconscientes s'expriment"
"Havas coaching a élargi son champ pour offrir du "digital coaching" : gestion de twitter, de Facebook, d'un blog"
"Aux Etats-Unis, pendant que le nombre de communicants ne cesse d'augmenter, celui des journalistes décroît constamment"
"Il y a dans la capitale belge autant de lobbyistes que de fonctionnaires européens"
"La fabrique du doute : cette technique consiste à manipuler l'opinion et les décideurs politiques en entretenant de fausses polémiques scientifiques"
18:46 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, politique
02/04/2022
Traquer l'info
L'obsession du pouvoir
scénario : Gérard Davet & Fabrice Lhomme
Dessin : Pierre Van Hove
Couleurs : Mathilda
éditions Delcourt
Deux journalistes enquêteurs du Monde ont suivi les trois derniers présidents de la République, y compris l'actuel. Leur "Un président ne devrait pas dire ça...", issu de plus de soixante rencontres avec François Hollande a probablement contribué à l'impossibilité pour celui-ci de se représenter. Avec Hollande, comme avec tous les autres, en particulier Fillon, tout était enregistré. Pas moyen de démentir.
Les auteurs montrent les trajectoires de Sarko et Hollande à partir de 81, jusqu'à l'apparition, et la victoire, de Macron, de l'ascension à la berézina de l'un puis de l'autre.
"Trop omnibulés par leur rivalité et leur ego, ils ne sont même pas en état de se représenter."
"interviewer les témoins sensibles à deux, ça permet d'éviter les temps faibles et de ne rien oublier"
"Les journalistes ont le droit, et même le devoir d'obtenir les documents couverts par le secret de l'instruction."
"le journalisme, c'est le contact et la distance" (Hubert Beuve-Méry)
"Nicolas Sarkozy ne parvient pas à se debarasser de ses trop nombreux boulets judiciaires"
"Hollande a un atout formidable, celui de ne pas avoir été pris au sérieux par ses pairs" (Nicolas Sarkozy)
"Macron c'est moi" (François Hollande à ceux qui s'inquiétaient)
"Je pense que Macron est authentiquement de gauche" (François Hollande lors de la nomination de Macron au ministère des finances)
"L'enfer, c'est la vérité perçue trop tard" (Thomas Hobbes)
08:48 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poliique, bd


