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22/06/2021

Comment influencer les élections

L'enjeu des indécis

Eric Bonjean

éditions Anovi

 

Ceux qui font pencher le résultat d'une élection, ce ne sont pas ceux qui votent toujours pour le même parti, au fil des scrutins. Ce sont les indécis qui restent parfois tellement indécis qu'ils ne vont pas voter.

Pour décider les indécis, les tracts dans les boites à lettres et les affiches sur les murs, que j'ai pratiqué largement depuis ma première candidature sur une liste municipale en 71, ne sont pas d'une grande efficacité. Surtout à l'heure d'Internet qui permet de cibler les indécis après étude de leurs préférences et de leurs peurs, parfois très éloignées de la politique. L'exemple le plus célèbre est sans doute la campagne de Trump contre Hillary Clinton, avec l'utilisation des données recueillies par Facebook, et analysées par des ordinateurs super puissants.

Ce roman se présentait dans cette veine. Malheureusement l'auteur s'est dispersé dans de multiples directions, y compris familiales, en passant par le trafic de drogue et la prostitution.

Les promenades dans Lyon et Marseille restent plaisantes.

 

"Il en ressortait que les données personnelles de millions d'électeurs avaient été collectées puis utilisées afin de déterminer, grâce aux algorithmes quelles modifications personnelles dans la vie des électeurs les feraient voter pour le candidat d'un courant d'extrême droite."

"Les algorithmes, basés sur l'intelligence artificielle et du "machine learning" avaient la capacité d'analyser toutes les consultations, toutes les lectures faites sur Internet. après quelques analyses, il était simple, non seulement de connaître les centres d'intérêt  des indécis, mais également d'en déterminer les profils. A partir de là, les articles bien ciblées, mêlées à quelques Fake News, allaient orienter les réflexions et les choix des électeurs."

 

17:37 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, élections

09/02/2021

les coulisses de l'assemblée nationale

Palais Bourbon

Kokopello

couleur : Christian Lerolle

éditions Dargaud /Seuil

 

 

Après quelques mois de démarches, l'auteur est autorisé à suivre les travaux de l'Assemblée nationale. Il suit particulièrement une douzaine de député(e), de divers groupes politiques, sauf le FN. Il restera en immersion pendant deux ans, de jour, et parfois de nuit.

Il explique le fonctionnement de la "machine" que je perçois conne un dis-fonctionnement à l'aune de mes plus de 30 ans au parlement européen.

Je considère comme un dis-fonctionnement les séances qui se terminent au milieu de la nuit, les débats sur chaque amendement, la possibilité de déposer des milliers d'amendements pour bloquer le fonctionnement de l'assemblée, comme l'a fait "La France insoumise" déposant 22 000 amendements sur le même projet de loi. Le Parlement européen a pris des mesures pour empêcher la travail de sape, il n'y a pas de raison pour que l'Assemblée n'y parvienne pas.

L'auteur explique très bien que le travail de député(e) ne se fait pas uniquement à l'assemblée, et encore moins en séance plénière. Certains sites font de classements de dépôts de textes, mais les députés le plus souvent réélus sont ceux qui passent l'essentiel de leur temps dans leur circonscription. Et les électeurs qui viennent les voir ne sont pas là pour discuter des hautes valeurs de la démocratie mais pour obtenir une aide. Le parlementaire doit alors se transformer en assistante sociale, à moins qu'il n'en charge un(e) assistant(e).

Au total, une BD très pédagogique avec de l'humour, mais pas très critique...

 

"Le député est le curé laïc de la République" (Luc Carvounas)

 

 

15:06 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, politique

05/12/2020

Préfet en Languedoc-Roussillon

Parole de Préfet

Sarkozy, Frêche et les autres...

Cyrille Schott

éditions La Valette et Le Noyer

 

Membre du cabinet de François Mitterrand en 81, en 2007, Préfet de Normandie, après avoir été Préfet du Pas-de-Calais,  Cyrille Schott, Alsacien, est promu par le Président Sarkozy Préfet de la région Languedoc-Roussillon.

Plutôt que d'affronter le Président de la Région, il s'allie avec lui pour faire aboutir quelques grands projets : ligne à grande vitesse de Nîmes à Montpellier, le doublement de l'A9 à hauteur de Montpellier...

Il doit vivre au milieu des oppositions entre le Président du Conseil régional et celui du Conseil départemental de l'Hérault, André Vezinhet, ancien Premier adjoint de Frêche qui ne supporte pas cette émancipation.

Il doit survivre au milieu des élus de Droite qui voudraient qu'il savonne la planche de Frêche, indépendamment des projets défendus par la Région et le Préfet.

Ces opposants finiront par l'emporter et obtenir son départ en 2009, après moins de deux années bien remplies. Blessé, il s'habitue vite à son nouveau poste au sein de la prestigieuse Cour des Comptes.

Dans ce livre il tient la chronique d'une vie de Préfet de Région. Et ce n'est pas triste !

 

"Le Languedoc a toujours nourri un vigoureux esprit d'opposition." (Jules Michelet)

 

 

 

10/11/2020

Voyages dans l'antichambre du pouvoir

Comédie française

Voyages dans l'antichambre du pouvoir

Mathieu Sapin

éditions Dargaud

 

Mathieu Sapin fait des reportages dessinés. La campagne électorale de François Hollande, puis François Hollande à l'Elysée, puis un magistral reportage dessiné en suivant Gérard Depardieu.

Sur le thème de "l'antichambre du pouvoir" Mathieu Sapin nous parle de Racine qui abandonne le théâtre pour écrire l'histoire de Louis XIV, et, en parallèle, l'entourage et deux voyages de l'actuel Président.

Point commun : le système de cooptation qui engendre, inévitablement, un phénomène de cour. Comédie "française" ? Il me semble qu'il n'y a pas que chez nous ! Plus le pouvoir central est fort, plus la distribution des postes dépend du leader, et donc plus les aspirants se pressent autour de leur espoir.

 

"Est-ce qu'on peut approcher le pouvoir sans pour autant perdre son âme ? Tutoyer le prince et rester soi-même ?" (Mathieu Sapin)

"on ne va pas se mentir : la plupart des politiques ont des psychopathologies lourdes." (Nathalie Kosciusko-Morizet)

 

15:57 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, politique

21/10/2020

Au nom de l'intérêt général

L'envers du décor

Jean-Pierre Jouyet

éditions Albin Michel

 

La couverture du livre est parlante : on y voit JP Jouyet tenant un énorme parapluie abritant François Hollande accaparé par l'écran de son téléphone portable. L'auteur insiste beaucoup, à de nombreuses reprises, sur son amitié et son admiration pour son camarade de promotion qu'il considère comme le plus intelligent d'entre tous. Amitié ternie par l'accord donné à Sarkozy, alors président de la République, de devenir son ministre des affaires européennes, le temps du semestre de présidence française de l'Union européenne.

Ministre de Sarkozy, Secrétaire général de l'Elysée sous Hollande, JP Jouyet, inspecteur des finances, donc sorti dans les premiers de l'ENA a occupé de nombreux postes de hautes responsabilités, à Bercy, à Bruxelles, à Matignon (sous Jospin), et dans les annexes du pouvoir (Directeur de l'Autorité des marchés financiers et Directeur général de la Caisse des dépôts), pour terminer sa carrière comme ambassadeur à Londres.

Ce qui ressort du livre, à mes yeux, c'est que ces gens de pouvoir, presque tous sortis dans les premiers de l'ENA, passent leur temps à se recevoir les un(e)s les autres, au delà des clivages politiques, liant même des amitiés durables. Je ne critiquerai pas trop puisque j'ai dîné avec JP Jouyet, moi qui n'ait même pas fait "Sciences Po", chez le Directeur de cabinet de Romano Prodi, alors Président de la Commission européenne. Ce qui m'a permis de téléphoner à JPJ quand il était au cabinet de Lionel Jospin à Matignon. Mais c'est un drôle de système quand même. "L'envers du décor" ?

Au passage l'auteur se moque de ses collègues (comme Macron) qui ne le trouvait pas assez "de gauche" et sont arrivés bien plus à droite que lui.

 

"La bourse aux "énarques de gauche" est devenue avec l'avènement du supposé "nouveau monde", le mercato des carriéristes pragmatiques. Je ne suis pas sûr que ce soit un progrès."

"L'agriculture et la culture, deux mondes où les passe-droits l'emportent souvent sur les règles."

"Je suis bien placé pour savoir que le principal objectif consiste à protéger le système bancaire et financier français, de plus en plus affaibli face aux Etats-Unis, à la Chine et aux économies émergentes d'Asie. Aucune inégalité n'est réduite à l'issue des crises. Ce sont les plus modestes, les plus fragiles qui perdent le plus, sans espoir de récupérer le manque à gagner."

"La vérité, selon moi, est que la gauche en revient toujours à un certain réalisme. Il lui faut parfois du temps. Ce sont les leçons que l'on peut retenir des mandats de François Mitterrand et de François Hollande."

 

 

 

 

 

18:31 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique