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14/10/2008

Besoin de symboles

Les symboles de l'UE sont notre fierté d'être Européens

 

Le drapeau représenté par un cercle de douze étoiles sur fond bleu, l'hymne tiré de l'ode à la Joie de Ludwig van Beethoven, la devise "unie dans la diversité"  et la journée de l'Europe le 9 mai sont depuis des années les symboles de l'UE.

 

Le Parlement européen a décidé de modifier son règlement intérieur pour officialiser leur utilisation dans ses activités.

 

Cette décision représente un message politique fort à l'adresse de nos citoyens.

 

Suite au rejet du projet de Constitution européenne en France et aux Pays-Bas, les 27 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont décidé de supprimer ces symboles du Traité de Lisbonne.

 

Ces symboles ne sont pas morts. Pour une majorité de nos pays, ils représentent l'appartenance commune des citoyens à l'Union européenne.

 

Ils définissent ce que nous sommes, ce que nous aspirons à devenir. Ils incarnent notre fierté d'être Européens et les valeurs communes que nous partageons.

 

Ces symboles nous unissent plus qu'ils ne nous divisent.

08:00 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe

13/10/2008

Le prix Nobel de la paix pour un social-démocrate diplomate

Martti Ahtisaari : un Prix Nobel dont les socialistes européens peuvent être fiers

 

 

J'ai fait la connaissance de Martti en 1994. Il était le candidat social-démocrate à l'élection présidentielle finlandaise, c'était ma première "sortie" en tant que Secrétaire général du Parti Socialiste Européen.

Il m'avait reçu dans sa maison au bord d'un grand lac, et avait mis de la musique de Sibelius.

Il m'avait expliqué que le parti social-démocrate l'avait choisi comme candidat en raison de sa carrière de haut fonctionnaire de l'ONU. Le Président finlandais, élu au suffrage universel direct, comme en France, a essentiellement des responsabilités internationales. Il avait réussi, dans les années 80, à aider la Namibie à passer à l'indépendance et à la démocratie. Aujourd'hui encore la Namibie est un des pays les plus démocratiquement stable du continent africain.

Il était le candidat de gauche, rassurant, dans un pays penchant généralement à droite.

Et il a été élu.

Lui qui venait de Carélie, une région annexée par la Russie, il m'avait expliqué également pourquoi le parti social-démocrate finlandais était le seul, de notre famille politique, à refuser de faire campagne pour la disparition des mines, leur meilleure protection contre l'envahisseur habituel.

Des journalistes, des enseignants et des responsables politiques, pourtant spécialisé(e)s, expliquent doctement que dans les réunions européennes de Chefs d'Etats et de gouvernements, le Président français est le seul Chef d'Etat, tous les autres participants étant des chefs de gouvernement.

Martti Ahtisaari, s'appuyant sur l'exemple français a imposé sa présence. Et la Présidente qui lui a succédé, Tarja Halonen, qui était ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de mon ami Paavo Liponen, a suivi son exemple.

 

Quand Martti a quitté la Présidence, il n'est pas resté inactif. Il a créé l'"International Crisis Group", groupe d'études dans les régions en crise qui fait autorité dans le monde.

"International Crisis Group" aurait pu recevoir le Prix Nobel de la paix.

 

Ne se contentant pas des études et des propositions de solutions, Martti a été appelé, en 2005,  par l'ONU,  au chevet de l'Indonésie, pays musulman le plus peuplé du monde, en proie à une rébellion islamiste extrémiste à Aceh. Prenant conscience de la situation économique et sociale, il a proposé, en tant que médiateur,  des solutions qui, aujourd'hui encore, évitent la reprise du conflit.

 

Il est mieux connu du grand public depuis que l'ONU lui a confié une mission au Kosovo. S'il n'a pas trouvé de solutions faisant l'unanimité, c'est probablement qu'il n'y en a pas, mais le plan qu'il a proposé a été mis en place par l'ONU, et tout le monde salue l'amélioration de la situation.

 

12/10/2008

Imperium

Imperium

 

Robert Harris

 

Editions Plon

 

 

L'"imperium", c'est le pouvoir, en particulier le pouvoir politique.

Ce livre raconte l'ascension,  de - 79 à - 64,  avant JC, vers le Consulat,  de Cicéron, brillant avocat, intelligent et sans beaucoup de scrupules,  qui fait un "beau" mariage, avec une femme qu'il n'aime pas, dans le seul but de profiter d'une fortune indispensable à sa carrière politique.

Bien en place, il assiste à la première tentative de Jules César, "trentenaire insomniaque",  d'entrer au Sénat. "Pour se présenter aux élections, il avait dû s'endetter lourdement".

 

Leçons de politique :

 

"Première règle en politique : ne jamais oublier un visage"

 

"La capacité d'écouter des casse-pieds exige beaucoup d'endurance, et cette endurance est l'essence même de la politique"

 

"Si c'est de la gratitude que tu veux, prends un chien"

 

"Les électeurs ne pardonnent pas la mesquinerie"

 

"C'est la persévérance et non le génie qui mène un homme au sommet, car elle seule permet d'avancer dans le monde"

 

"Le moyen le plus sûr de progresser en politique est de se tenir près de celui qui est tout en haut"

 

"L'ascension vers les sommets politiques vous contraint souvent à voyager avec des compagnons qui ne vous plaisent guère"

 

"Seule la perfection est ennuyeuse"

 

"La teneur du discours n'est rien à côté de la façon de le dire"

 

"L'éloquence qui n'étonne pas ne m'apparaît pas comme de l'éloquence"

 

"Il faut parfois commencer un combat pour trouver comment le gagner"

 

"Lorsqu'on se retrouve enlisé en politique, la seule chose à faire est de déclencher une bagarre ; parce que c'est seulement lorsque la bagarre fait rage que l'on peut espérer découvrir une porte de sortie"

 

"La gloire politique repose sur la capacité de dissimuler les astuces qui sous-tendent l'ensemble"

 

"Tu ne seras bientôt plus capable de reconnaître tes subterfuges de la vérité. Et alors, tu seras perdu"

 

"On ne peut pas prétendre s'y connaître en politique tant qu'on a pas passé toute une nuit à écrire un discours pour le lendemain."

 

"Il y a,  en politique,  peu de choses plus difficiles à contrer que le sentiment de l'inéluctabilité"

 

"La politique, c'est l'Histoire en plein vol"

 

"Le pouvoir revient généralement à choisir entre deux options aussi désagréables l'une que l'autre"

 

"Les fonctionnaires permanents commencent par être au service des politiques, puis finissent par se prendre pour nos maîtres"

 

"Il y a plus de monde qui vénère le soleil levant que le soleil couchant"

 

"A quel tas de cendres la plupart des carrières politiques se résument-elles ?"

 

11/10/2008

entre les murs, c'est d'abord un livre

Entre les murs (le livre)

 

François Bégaudeau

 

Prix France Culture - Télérama 2006

 

Folio n°4523

 

 

Comme toujours, il y a plus d'éléments dans le livre, pourtant mince,  que dans le film.

Comme toujours, l'écrit permet de s'arrêter et de revenir en arrière, de noter quelques phrases :

 

"Un adolescent apprend peu à peu à respecter ses professeurs à causes des menaces" (Khoumba)

 

"C'est passionnant le rugby. Organiser le chaos pour fabriquer de la puissance, c'est passionnant" (en salle des profs).

 

"Il y a des chose qui se disent et qui ne s'écrivent pas. Déjà, il faut que tu enlèves toutes les expressions orales ou familières"

"Le style, c'est tout ce qui n'et pas strictement utile. Et bien, pour le langage, c'est pareil".

(Cours de français)

 

"Bien choisir c'qu'on veut par rapport à c'qu'on peut" (orientation de fin d'année).

 

"Il faut trouver le compromis entre désir et réalité". (Ecole de la vie ?)

 

 

 

 

 

08:02 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

10/10/2008

Entre les murs (le film)

Entre les murs

 

Palme d'or Cannes 2008

 

De Laurent Cantet

 

Avec François Bégaudeau, et les élèves du collège Dolto

 

 

Unité de lieu : le collège "Françoise Dolto", dans le XXe arrondissement de Paris. Ce n'est pas la banlieue, c'est "entre les murs" (de Paris), mais ce n'est pas vraiment Paris,  quand même. Pas le Paris du centre, ou celui des beaux quartiers. Pas le Paris des "grands" lycées. Ce genre de collèges, un peu caricaturé, où aucun élève n'est un "gaulois", où certains (les Asiatiques) maîtrisent mal le français, mais où tous les profs sont des "babtous" ("toubabs", "blancs" en Afrique occidentale).

Tout est filmé "entre les murs" de ce collège. On ne sait ce qui se passe à l'extérieur, la vie des professeurs et des élèves,  que par les échos qui parviennent à l'intérieur du collège.

 

Unité de temps : une année scolaire, depuis la rentrée jusqu'à l'angoisse de l'orientation de fin d'année ("Mr, je veux pas aller en professionnel") et le match de foot entre profs et élèves pour la clôturer.

 

Unité d'action : une classe de collège et un professeur de lettres, joué par François Bégaudeau,  dans son propre rôle d'enseignant (il est agrégé, et il y a peu d'agrégé dans ce genre de collège, car ils peuvent rapidement prétendre à des postes en lycées, et il n'était pas encore un écrivain connu et reconnu lorsqu'il a vécu cette vie d'enseignant "ordinaire" qui lui a inspiré son livre et le film qui en a été tiré).

Qui est face à qui dans ce "jeu" qui fait penser souvent au "ping-pong" ? Où la réactivité, de part et d'autre, est permanente ! Ce qui fait que l'on ne s'ennuie pas malgré la durée du film (un peu plus de deux heures).

"Entre les murs" de la salle de classe, avec quelques "coupures" en salle des profs, chez le principal ou avec les parents d'élèves.

 

Au total un beau film sur l'adolescence, sur le métier d'enseignant, un peu plus spécifiquement sur ces jeunes issus de l'immigration pour qui, plus que pour tout autres, le Français du passé simple et de l'imparfait du subjonctif est une langue morte (en salle des profs les enseignants s'expriment plus comme leurs élèves que comme dans les livres de grammaire).

Des projections à organiser, avec débats,  pour tous les collégiens et les lycéens, et surtout dans tous les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres,  avant que Mr Darcos ne les supprime, par mesure d'économie.

 

08:00 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma