03/11/2007
Sondage : la fin du secret de polichinelle
L'Indépendant de Saint Omer d'aujourd'hui, à l'occasion d'un interview de notre député, révèle publiquement ce que tout le monde savait : c'est la fédération socialiste du Pas-de-Calais qui a commandité le sondage, effectué dans notre ville.
Rappel : dans les deux questions sur les intentions de vote, pour les cantonales et les municipales, les questions posées avançait un nom, et un seul, comme candidat de toute la gauche : le nom d'une personne peu connue, qui n'est pas candidat à l'investiture du PS...puisqu'elle n'en est pas membre !
Soit les résultats de ce sondage, remis à la fédération socialiste il y a maintenant une bonne semaine, sont aussi bons que le prétendaient les promoteurs de cettte opération politicienne, et la section locale du PS sera priée de s'aligner derrière ce personnage "charismatique et providentiel"
Soit les résultats ne correspondent pas à leurs attenttes, c'est pour cela que le secrétaire de la section socialiste, que je suis, ,n'a toujours reçu aucune autre instruction que de laisser les socialistes airois(es) choisir librement leurs candidat(e)s...
16:05 Publié dans vie locale | Lien permanent | Commentaires (5)
un combat pour l'intelligence
(Die Philosophin : la philosophe)
Peter Prange
Editions du Rocher
Paris 1740 / 1794
Le titre français, nettement plus "accrocheur" que le titre original allemand, a probablement été choisi pour attirer les lecteurs. Sophie est "libertine" d'abord et essentiellement au sens philosophique du terme (voir "Les fêtes galantes", le billet de samedi dernier), et les amateurs d'histoires croustillantes seront déçus, car ce roman se veut d'abord le roman de la création de l'Encyclopédie, cette prodigieuse volonté de rassembler, et de publier, toutes les connaissances de l'époque ("Sans l'idée de tout, plus de philosophie" Denis Diderot) : probablement l'entreprise d'édition la plus importante depuis l'invention de l'imprimerie : 17 volumes de textes + 11 volumes de planches publiés de 1747 à 1772, même si chez les Arabes et en Chine des entreprises d'ampleur comparable avaient été menées à bien.
Entreprise menée dans un combat sans relâche entre le parti des dévots, emmené par la Reine, contre les "philosophes", qui voudraient trouver le bonheur ici bas, protégés par Madame de Pompadour, et Malesherbes ("Garde des sceaux"). "Donner aux hommes le savoir revient à leur conférer le pouvoir de disposer de leur propre vie".
Arbitrage difficile pour le Roi, de droit divin, puisqu'il s'agit de "placer la liberté de penser au dessus de la liberté pour l'Etat de se défendre de ses ennemis".
Devait-il censurer ou considérer que "ce sont les désordres qui provoquent les dérèglements dans les écrits, et non les écrits qui provoquent les désordres" ?
Avec cette Encyclopédie, "la raison et l'expérience ont pris la place de la Révélation divine comme source de toute connaissance".
L'éclairage n'est plus la foi révélée et les dogmes mais l'investigation empirique et la raison. Les recherches et les analyses pour penser par soi même, plutôt que les prières.
On comprendra que les Jésuites supportaient mal ce désir d'éliminer "tout ce qui entrave le libre esprit, osant penser par lui même, et n'acceptant que ce qui lui est prouvé par l'expérience et la raison" et considérait, bien avant que nous entendions parler d'islamisme militant que "de l'ardeur religieuse à la barbarie, il n'y a qu'un pas".
Mais les accusations contre les Jésuites (blasphèmes, mensonges, magie noire, pédérastie) conduisant à la confiscation de leurs biens, ressemblent beaucoup à ce qui est arrivé aux Templiers quelques siècles plus tôt.
L'histoire est racontée à travers la vie, totalement imaginée, de Sophie Volland, dont les historiens connaissent l'existence, mais pas beaucoup plus, par le testament de Denis Diderot.
Dans ce roman, Sophie, qui ose être philosophe dans un monde où règne la misogynie, même parmi les philosophes, épouse le Lieutenant général de police Sartine (bien moins sympathique que dans les livres de Jean-François Parot, dans lesquels il raconte les aventures du Commissaire Nicolas Le Floch), a un fils, adultérin, avec Diderot, dont elle est amoureuse, mais qui ne veut pas quitter sa femme et ses enfants, et devient la maîtresse du responsable de la censure, Malesherbes.
A noter, pour les Airoises et Airois, la description de la coutume du lancer de saucisses (de l'andouille ?), depuis le premier étage de l'hôtel de ville de Paris, à la Saint Jean.
Quelques citations tirées du livre, certaines étant de Diderot :
"La vie est trop courte pour la gaspiller à des choses que nous ne pouvons pas changer. Nous devrions, en revanche, nous consacrer de toutes nos forces à des tâches pour lesquelles il nous reste le pouvoir d'agir" ;
"La politique n'est rien d'autre que l'art de distinguer ses amis de ses ennemis" ;
" La politique est la poursuite de la danse par d'autres moyens" ;
"Les hommes ne garderont de motifs de vivre que s'ils gardent la foi en un avenir meilleur" ;
"Je ne sais pas si je me plairai au ciel : j'ai bien peur de n'y retrouver que fort peu de mes connaissances" ;
"Seul l'argent que l'on possède est l'instrument de la liberté. Celui que l'on recherche est l'instrument de la servitude" ;
"L'amour n'existe qu'en fonction de l'imagination" ;
"Une femme est comme une table richement servie. La différence est grande selon qu'on la contemple avant ou après le repas".
08:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (12)
02/11/2007
le compteur du blog (octobre)
Après les records de juin, la fréquentation du blog est d'une étonnante régularité :
- chaque jour, une cinquantaine de visites, sans grandes variations : au total un peu plus de 1.600 visites dans le mois
- chaque jour, une moyenne de plus de 170 pages consultées, soit un total mensuel de plus de 5.000 pages
- ce qui prouve que les 500 visiteurs qui sont venus sur ce blog ce mois ci, comme chaque mois, ne se sont pas contentés de lire le billet du jour et ses commentaires...
08:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)
01/11/2007
Toussaint
D'après le calendrier, le 1er novembre est la fête de "tous les Saints", pour les Catholiques, et le 2 "le jour des défunts", mais la tradition veut que ce soit le 1er novembre, jour férié, que les cimetières reçoivent leurs visiteurs chargés de chrysanthèmes.
Mes pèlerinages au cimetière se font en août, dans un petit village savoyard.
Yves a dans cette région ses racines, j'y ai des chagrins que 20 années passées ne peuvent éteindre, une belle sœur incomparable et une nièce adorable, bien qu'elle ait abandonné la Savoie pour le Dauphiné.
Au pied de ces superbes montagnes, il est facile de croire que cette belle nature est due au "Grand Horloger" de Voltaire, ou à un "Grand Architecte", mais, même si la pierre tombale est avantageusement remplacée par une rocaille soigneusement entretenue, comment croire à la "bonté divine" ? Comme disait je ne sais plus qui : "si Dieu existe, il a intérêt à avoir de bonnes excuses".
Les croyants de toutes les religions ont la consolation de croire que la vie continue après la mort (au moins jusqu'au Nirvana pour les Bouddhistes). Mon frère explosait de chagrin en considérant que "si Dieu existe, c'est un beau salaud".
Je n'ai pas la consolation de croire qu'il a été puni d'avoir blasphémé "le Très Miséricordieux", ni d'être fataliste au point de soupirer "Maktoub"...
08:00 Publié dans billet | Lien permanent | Commentaires (7)
31/10/2007
Etre clairs !
A propos d'une soit disant "union des opposants"
Depuis quelques mois, s'étant rendu(e)s compte qu'"apolitique" est un "gros mot", certain(e)s cherchent à nous convaincre de l'utilité d'une "union des opposants"...sans principes ni base politiques.
Qui sont les "opposants" ?
De même qu'après la Libération, la France s'est soudainement peuplée de "résistants", l'approche des élections municipales révèle l'existence d'une nuée d'"opposants".
Pendant sept ans j'ai lu attentivement la presse et diverses publications locales, j'ai assisté assidument au Conseil municipal, et lu les divers comptes-rendus qui en étaient fait, et je n'ai vu que deux sortes d'opposant(e)s :
a) les opposants élus au sein de la majorité municipale qui, très vite, ont fait entendre leurs voix, d'abord sur le fonctionnement non collégial de la majorité municipale, puis sur sa gestion. Au delà de leurs récriminations, ces opposants se sont à plusieurs reprises abstenus, ont parfois voté contre les projets proposés...mais ont toujours accepté le budget de la majorité, acte concrétisant la politique menée.
Il n'est pas surprenant aujourd'hui que Nathalie Marles ait constitué une liste alternative à celle du Maire.
b) les six élu(e)s de gauche qui ne se sont pas contentés de faire face, de poser les questions gênantes et de contester, mais se sont efforcés de proposer des alternatives basées sur nos priorités : l'éducation et la solidarité.
Le bulletin "changez d'Aire", les tribunes libres publiées dans le bulletin municipal et dans l'Echo de la Lys...et les comptes-rendus du Conseil municipal, témoignent de leurs activités. Je pense que nous n'avons pas à rougir de notre bilan.
Comme l'avait écrit l'Echo de la Lys : "une opposition toujours courtoise mais qui ne laisse rien passer !"
Philippe Colle, candidat pour être le "Premier des socialistes", doit trouver injuste que les journalistes, observateurs de ces conseils municipaux, n'aient pas fait de lui "le leader de l'opposition".
Bienvenue aujourd'hui aux "opposants de la 25e heure", "résistants de l'ombre", qui ont tenu jusque là leur opposition dans la clandestinité. Il est très "biblique" que les derniers revendiquent la place de premiers, mais qu'ils me permettent d'être agacé par leurs critiques et leurs leçons.
Où étaient-ils quand nous étions "au front" ? Quelle aide nous ont-ils apporté ?
S'unir sur quelles bases ?
Je ne considère pas que de s'opposer au Maire actuel soit suffisant pour constituer un "dénominateur commun" permettant de gérer une ville de 10.000 habitants.
S'unir avec Nathalie Marles, femme dynamique et pleine d'idées ? Nous pouvons aisément nous entendre sur la gestion participative et l'animation de la ville. Pouvons-nous trouver un accord sur la politique sociale ? Son groupe n'a jamais voté avec nous en faveur de la modulation des tarifs en fonction des revenus ! Sur la politique fiscale ? Son groupe n'a jamais voté avec nous pour demander l'allégement fiscal pour les impôts locaux des 65% de familles airoises qui ne paient pas l'impôt sur le revenu !
S'unir avec Gilles Fievet ? C'est un homme respectable, actif, soucieux, comme nous, de l'animation de la ville, et de son développement, et qui a probablement des compétences, mais quelles sont ses propositions concrètes pour les Airoises et les Airois, au delà du souci de la sauvegarde de la Collégiale, que nous partageons ?
S'unir avec Jean-Claude Dissaux ? Pendant des années nous l'avons invité chaque mois à nos séances de travail de réflexion, pour préparer nos propositions : il n'a jamais daigné répondre.
Je l'ai rencontré et je lui ai écrit, il y a plus d'un an, pour lui proposer d'unir nos forces, pour constituer une alternative de gauche, basée sur nos valeurs, dans notre ville. La réponse que j'ai obtenue, mais jamais par écrit, a toujours été qu'il ne voulait pas d'une liste de gauche. La seule action que je lui connaisse est d'avoir alimenté la mésentente au sein de la section socialiste.
S'il change d'avis, la discussion, sur notre projet pour les Airoises et les Airois, bien avancé, reste ouverte...
08:30 Publié dans vie locale | Lien permanent | Commentaires (3)


