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20/03/2026

Vincent Crouzet en Afrique

Le jour où je suis devenu espion

Vincent Crouzet

éditions de l'observatoire

 

James Bond : rien de mieux pour donner une vocation !

Ensuite, il y a les études, Sciences Po Grenoble, le service national, le fait d'être repéré par les services de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure...et envoyé en Angola en pleine guerre civile, dans le camp du futur vaincu, Savimbi !

Son passage au Zimbabwe auprès de Morgan Tsangirai ne sera pas non plus couronné  de succès, mais, au moins, le personnage est d'une autre valeur morale !

Au moins au Mozambique il est dans le camp des vainqueurs...

 

"En Afghanistan, Angola, Soudan et partout ailleurs nous bénéficierons de cet avantage qui portera notre griffe : notre adaptabilité, et le partage volontaire des souffrances."

 

07:42 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espionnage

03/10/2025

Congolais à Paris

Ramsès de Paris

Alain Mabanckou

éditions Seuil

 

Ramsès est réceptionniste et barman du Salam hotel, dans le XIe arrondissement.

Le narrateur se fait volontiers appeler "prince de Zamunda". Il a des projets de romans dans ses tiroirs et vit d'expédients. Il vient de Pointe-Noire, comme son "grand frère" Benoît qui exerce sa verve dans le quartier de Château Rouge et sait charmer les dames. Quand Benoît tombe en amour avec une Bretonne, "au cul africain", cela créé des embrouilles avec maman Mushama, la tenancière du restaurant "Manioc Pays" qui défend le manioc du pays face à l'invasion du manioc asiatique.

L'auteur, professeur de littérature comparée,  accumule les titres de romans et les passages de chansons.

"Ils voulaient être certains que si tout avait basculé vers notre plus grand malheur c'était la faute des Blancs qui étaient venus nous déverser leur pagaille en nous offrant des bibles illisibles, des prières en latin difficiles à ânonner, des croix qui n'étaient pas lorraines."

 

 

08:24 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman

12/09/2025

Trente ans après le génocide

Les ombres du monde

Michel Bussi

Les presses de la Cité

 

Michel Bussi nous replonge dans les horreurs du génocide au Rwanda. Comme pour les massacres de la Saint-Barthélémy impossible de ne pas se demander comment des hommes ordinaires peuvent massacrer leurs voisins, leurs semblables.

Comment ne pas regretter que l'écrivain prenne un parti-pris unilatéral en faveur des vainqueurs ?

A aucun moment il pose la question des conditions de la victoire de Kagamé, comme si celui-ci était arrivé au pouvoir porté par les ailes d'un ange, sans tirer un coup de fusil. "On ne construit pas une réconciliation sur un mensonge" écrit l'auteur. Il n'y a pas de réconciliation au Rwanda mais une dictature implacable où les opposants sont mis en prison. Certes, il n'y a pas de révolte car personne ne veut d'une d'une nouvelle guerre civile, alors Kagamé est inamovible.

Le roman reproche à la France d'avoir fourni des armes au gouvernement légal, mais qui fournissait, à flux continu, des armes à Kagamé ?

Les accords d'Arusha prévoyait un partage du pouvoir. Au terme du processus de paix les urnes, sous supervision de l'ONU, devaient établir la démocratie. Les Tutsi qui représentaient 15% de la population n'avaient aucune chance de parvenir au pouvoir par les urnes. Leur seul espoir résidait donc dans une victoire militaire.  Ces élections n'ont toujours pas eu lieu !

Le FPR de Kagamé n'était pas un parti démocratique demandant le retour des exilés et une participation au pouvoir, mais un mouvement armé qui voulait conquérir militairement le Rwanda.

Il y a dix ans, Bernard Lugan, universitaire, enseignant et conférencier, expert auprès du Tribunal Pénal International pour le Rwanda de l'ONU écrivait dans "Un génocide en questions" : "Il n'est plus possible de dire que le génocide était programmé, que la France en serait complice, que pour le commettre, les "extrémistes" hutu avaient créé une cellule secrète nommée Akazu (très présente dans le roman), qu'ils avaient dressé des listes de Tutsi à abattre, qu'ils assassinèrent leur propre président en abattant son avion."

"Ces idées reçues, qui constituaient les bases de l'histoire officielle écrite par les vainqueurs de la guerre civile rwandaise afin de légitimer la conquête du pouvoir par le général Kagamé (et base du roman de Michel Bussi) ont été balayées par le Tribunal international pour le Rwanda créé par le Conseil de sécurité de l'ONU afin de juger les responsables de ce génocide - jamais mentionné dans le roman, et pour cause !

"Au fur et à mesure de son avance, les troupes de Kagamé pratiquait des massacres de masse" (gendarmes français) "Le FPR de Kagamé liquidait systématiquement les notables des régions conquises, chassait devant lui les populations. Le but était de déstabiliser le gouvernement en place en lui envoyant un million de réfugiés."

Tellement triste que le roman de Bussi conforte le pouvoir en place au Rwanda, au prix de la vérité.

 

07:50 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rwanda

24/01/2025

autobiographie d'un militant politique

Anticolonialement vôtre !

Guy Labertit

éditions Karthala

 

J'ai connu Guy Labertit alors qu'il était le "Mr Afrique" du PS. J'ai découvert dans ce livre son itinéraire militant avant qu'il n'adhère au PS : responsable national du PSU jusqu'à la disparition de ce parti qui ne faisait guère plus de 1% des suffrages, même allié avec les dissidents communistes de Pierre Juquin.

J'avais oublié que le PSU avait recueilli 0,73% des voix aux européennes de 1984. Dix ans plus tôt, je m'étais posé la question de continuer après mes 3,5% aux législatives !

De la Nouvelle Calédonie à la Côte d'ivoire, en passant par le Burkina Fasso, et le Tchad,  Guy Labertit a été l'infatigable militant des aspirations des peuples opprimés, loin de la "real politique".

Pour moi, il restera surtout l'ami de Laurent Gbagbo dans sa marche vers le pouvoir...et ses difficultés pour le conserver !

J'attends la suite avec intérêt.

 

08:18 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique

27/12/2024

Renaudot 2025

Jacaranda

Gaël Faye

éditions Grasset

 

L'Histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Ce livre en est une nouvelle illustration. Au Rwanda il n'y aurait eu de victimes que Tutsies, de boureaux que Hutus.

Je me range plutôt du côté de ces "expats" moqués par l'auteur : "ils déploraient le manque  de liberté d'expression, trouvaient que le pays - sous ses dehors de bon élève des institutions de Bretton Woods - était une dictature qui ne disait pas son nom et qu'à force de tout ramener à "leur génocide", les Rwandais avaient fini par en ferme un "fonds de commerce".

Reste le roman avec ses personnages touchants qui nous font rêver d'une Afrique fantasmée, et un superbe Jacaranda dans les branches duquel se réfugie une adorable petite fille.

 

07:57 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman, rwanda