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01/08/2011

Quelques réflexions sur l'Afrique (suite)

    Politique

 

 

Droits de l'Homme et Etat de droit

 

Les pays d'Afrique, malheureusement, font souvent l'objet de résolutions votées au Parlement européen concernant les atteintes aux droits de l'Homme et à l'Etat de droit.

Depuis les indépendances, une centaine de coups de force réussis a entraîné un changement politique sans que les populations ne soient appelées à se prononcer.

Les chefs d'Etat quittant pacifiquement le pouvoir sont trop peu nombreux.

 

Les droits de l'Homme tels que reconnus par l'ONU sont universels.

Les mécanismes démocratiques sont tout aussi universels et généraux dans leurs principes : légalisation des partis d'opposition ainsi que des organisations syndicales indépendantes, organisation d'élections libres et justes avec des médias libres et pluralistes.

 

Mais il n'est pas possible de se contenter des apparences formelles de la démocratie, car celle-ci implique un respect quotidien des droits de l'Homme.

En l'absence d'une vie démocratique, les rendez-vous électoraux peuvent devenir la source de tous les dangers, constituer des problèmes plus que des solutions, provoquer une instabilité et des heurts conduisant à de graves violations des droits de l'Homme, à des violences, à des déplacements massifs de populations.

 

Tous les Etats membres de l'Union africaine devraient ratifier la "Charte de l'Union africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance".

 

La pauvreté et les inégalités constituent un défi essentiel à la stabilité politique de l'Etat de droit.

 

 

Religions et droits de l'Homme

 

La liberté religieuse ainsi qu'à l'égard des religions est un des droits de l'Homme.

Le respect des croyances religieuses ne peut en aucun cas, pas plus que les héritages culturels traditionnels, se situer au-dessus des droits humains fondamentaux.

C'est pourquoi il faut poursuivre la lutte contre les mutilations sexuelles féminines et contre les meurtres d'enfants qui sont supposés avoir des pouvoirs surnaturels.

Si certaines appartenances religieuses ont pu constituer une affirmation identitaire face à la colonisation, la multiplication de nouvelles Eglises, ou sectes, souvent financées de l'étranger, reflète principalement un grand désarroi des populations qui se sentent abandonnées.

Il est inacceptable que des dirigeants politiques se considèrent comme des "élus de Dieu" et non du peuple.

 

 

Le rôle de l'armée dans les transitions vers la démocratie (exemples du Niger et de la Guinée)

 

En Guinée, une junte militaire a pris le pouvoir au moment du décès du président en place. Le chef de cette junte avait manifestement l'intention de se maintenir au pouvoir. Il a été remplacé et la transition a pu se terminer par des élections libres et non contestées.

Au Niger, une junte militaire a pris le pouvoir en renversant un président qui avait opéré un "coup d'Etat institutionnel" pour se maintenir en place.

La junte militaire a assuré une transition sans heurt vers des élections libres et dont le résultat n'a pas été contesté.

 

Il est à noter que dans les deux cas, ces transitions, non organisées par des pouvoirs en place,  se sont soldées par la victoire du candidat se réclamant du socialisme démocratique.

 

Les militaires assurant des transitions vers la démocratie ne doivent pas pouvoir être candidats aux premières élections démocratiques concluant ces transitions.

 

 

(Re)construire les Etats détruits par le libéralisme

 

Passés sous la coupe des "plans d'ajustement structurel", les Etats se sont d'autant plus trouvés dépourvus de moyens pour assurer leurs fonctions régaliennes qu'ils souffraient de disfonctionnements liés au manque de contrôle démocratique. Il en est résulté une grave perte de légitimité de l'Etat aux yeux de la population.

Crise accentuée par la prise en charge de secteurs importants des services par des ONG dont la puissance affaiblit la légitimité de l'Etat.

 

Le renforcement des capacités des Etats est indispensable dans les secteurs clés, en particulier l'éducation, la santé, la sécurité, ce qui n'est pas incompatible avec la décentralisation de certaines actions et ce qui doit aller de pair avec un fonctionnement démocratique et une bonne gouvernance.

Sans une prothèse étatique efficace, le développement autonome a peu de chance de se réaliser.

 

 

Bonne gouvernance : la lutte contre la corruption

 

La corruption est un phénomène malheureusement universel.

Elle doit être évitée par des mécanismes de contre pouvoirs, à commencer par des pouvoirs parlementaires et judiciaires indépendants des exécutifs et par des "Cour des comptes" s'appuyant sur des fonctionnaires correctement formés.

Si des cas de "biens mal acquis" sont avérés, ces crimes ne doivent pas rester impunis et que les richesses doivent être restituées aux Etats spoliés par leurs dirigeants.

 

 

Aspirations à la liberté (les exemples venus du nord du continent)

 

Les manifestations des peuples du nord du continent, à commencer par le peuple tunisien, ont clairement exprimé leurs aspirations légitimes à des réformes démocratiques.

Ces soulèvements démocratiques sont largement motivés par la répartition inégale des richesses, par l'absence de libertés, par la corruption et le népotisme.

Ces aspirations légitimes que partagent tous les peuples du continent qui souhaitent croissance économique,  respect d'eux mêmes et des valeurs démocratiques, ainsi que bien être social méritent d'être soutenues.

 

 

Prévention et résolution des conflits

 

Selon OXFAM, les conflits armés coûtent environ 18 milliards de dollars par an à l'Afrique et participent à l'appauvrissement général. Les pertes humaines de la dernière décennie se chiffrent par millions.

Les conflits frontaliers sont exceptionnels, la grande majorité des conflits armés étant des conflits internes aux pays.

L'affaiblissement de l'Etat est une des raisons de l'existence de groupes rebelles.

 

La guerre n'est pas plus une fatalité en Afrique qu'ailleurs. Il est indispensable de contrôler la vente des armes légères qui sont en Afrique des armes de destruction massive,  et prendre des sanctions à l'égard des pays qui ne respectent pas les embargos sur les armes décrétés par l'ONU.

 

L'aide européenne apportée à l'Union africaine, à ses instances, en particulier le "Conseil de paix et de sécurité" ainsi qu'à ses organisations régionales pour prévenir et résoudre les conflits, y compris la mise en place programmée d'une "brigade de soldats de la paix" dans chacune des cinq grandes régions du continent est décisive.

L'aide européenne apportée, dans le cadre de la PESD, à la formation et à l'équipement de ces "soldats de la paix" ne l'est pas moins. En attendant que cette force de paix africaine soit opérationnelle,  toutes les opérations de paix menées dans le cadre de la PESD, avec un mandat de l'ONU doivent être soutenues.

 

Le "Processus de Kimberley" et toutes les mesures visant à lutter contre la contrebande de minerais à haute valeur spécifique qui permet de financer des parties prenantes dans des conflits doit être renforcé.

Il ne peut y avoir d'impunité pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité, même pour trouver une solution de sortie de crise.

Il faut appuyer  résolument l'action de la CPI.

 

 

Les rôles de l'Union Africaine et de l'ONU

 

Des solutions africaines doivent prioritairement être recherchées pour les problèmes africains, éventuellement avec l'aide, y compris financière, de l'UE.

Aucune solution ne doit être imposée de manière unilatérale et chaque action ne peut être entreprise qu'avec un mandat de l'ONU.

Les questions liées aux forces de paix de l'ONU : leurs mandats, leurs formations, leurs financements...méritent d'être débattues au niveau international.

 

 

Les luttes contre les terrorismes, contre les trafics de drogues et d'êtres humains

 

L'Afrique est redevenue un enjeu géopolitique stratégique dans le cadre de la lutte contre les trafics de drogue et d'êtres humains, ainsi que dans le cadre de la lutte contre les terrorismes.

Les espaces non contrôlés sont propices à servir de sanctuaires à des entreprises terroristes pratiquant également les enlèvements contre rançons et les trafics de drogues et d'êtres humains.

Dans un univers de misère, tous les trafics fleurissent.

L'Afrique est, malheureusement,  mieux insérée dans les grands circuits de la criminalité mondiale que dans l'économie productive globale.

 

Une politique de coopération internationale de lutte contre le terrorisme et la criminalité est indispensable, mais la solution ne peut être exclusivement militaire et doit s'accompagner d'une politique de développement prioritaire pour les zones concernées.

 

08:21 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0)

25/07/2011

Quelques réflexions sur l'Afrique (suite)

    Priorité à l'humain

 

Les Objectifs du Millénaire

 

Les "Objectifs pour le développement" fixés par l'ONU en 2000 figurent dans le préambule de l'Accord de Cotonou. Il n'a pas été fait assez pour les atteindre en 2015, comme annoncé alors.

 

 

Éducation

 

Le premier de ces objectifs est d'assurer l'éducation primaire pour tous.

Les disparités régionales sont fortes. La scolarité gratuite, quand elle existe,  augmente le taux de scolarisation, mais la plupart des systèmes éducatifs sont en faillite sur le continent africain.

La vitalité démographique obligerait pourtant à des investissements conséquents.

L'éducation a un impact direct sur la production de richesses et donc sur la réduction de la pauvreté, ainsi que sur la mortalité maternelle et infantile.

 

Les "programmes d'ajustement structurel" se sont traduits par des coupes sombres dans les budgets d'éducation.

La priorité doit aller au capital humain. L'éducation est donc la première priorité et  tout doit être mis en œuvre pour qu'elle devienne une réalité pour les filles comme pour les garçons.

 

 

Santé

 

Les "Objectifs du Millénaire" concernant la santé sont essentiels car le continent est marqué par une forte mortalité et parce que "une mauvaise santé entraîne les populations dans le cercle vicieux de la pauvreté" (OMS) Il s'agit donc de réduire la mortalité infantile et maternelle, de combattre le paludisme et le VIH/sida, l'Afrique subsaharienne étant, de loin, la région du monde la plus affectée.

La tuberculose resurgit.

"Il est inacceptable que les malades les plus pauvres ne puissent avoir accès à des médicaments qui ont changé la vie des malades dans les pays riches" (Kofi Annan).

 

La réalisation de ces Objectifs, d'ici 2015, continuera à échapper aux seuls pays africains, même s'ils peuvent y contribuer par des  politiques sectorielles ciblées.

La fuite des médecins et personnel de santé aggrave la situation. Les Etats africains qui investissent dans la formation de leur personnel de santé n'ont pas les moyens de les retenir. Les politiques d'"ajustement structurel" ont, dans ce domaine également, affaibli les capacités des Etats, parfois conjointement avec le laxisme des dirigeants.

Aucun pays de l'Afrique subsaharienne ne peut financer sans aide étrangère son système de santé, pas plus que son système scolaire.

 

Ces deux domaines doivent bénéficier de la priorité absolue de l'aide de l'Union européenne.

08:19 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0)

18/07/2011

Quelques réflexions sur l'Afrique (suite)

   Un seul continent dans sa diversité

 

Diversité des situations

 

Diversités, et même contrastes,  géographiques, diversité historique et donc culturelle, diversité religieuse et surtout diversité des ressources. Le continent est vaste et les situations sont diverses. Mais les Africains considèrent leur continent dans son unité et se sont donné une organisation unique pour la renforcer.

 

Il faut appuyer cette démarche et souhaiter que l'Union européenne continue à considérer l'Union africaine comme un interlocuteur privilégié. Il est dommage que le Maroc ne fasse pas partie de l'organisation continentale en raison de son occupation du Sahara occidental.

 

Le Sahara ayant été, au fil des siècles, en particulier du VIIe au XVIe,  un espace central d'échanges intenses,  son désenclavement par des infrastructures routières appropriées est indispensable à son développement.

  

L'héritage de la colonisation et de la décolonisation

 

A quelques exceptions notables, les pays du continent sont des créations coloniales, même si la colonisation a duré moins d'un siècle. Entre 1880 et 1920, en deux générations, entre un tiers et la moitié des populations africaines ont péri au contact de la "civilisation" européenne.

200 000 Africains sont morts lors des combats de la deuxième guerre mondiale.

 

Considérant que l'identité contemporaine se nourrit des grandeurs passées,   la négation  des civilisations précoloniales est raciste et  les traites négrières  un "crime contre l'humanité".

  

Des frontières artificielles : le droit des peuples à disposer d'eux mêmes ?

 

Les Africains tiennent beaucoup à ne pas remettre en cause les frontières héritées de la colonisation (Décision de l'OUA de 1963). Néanmoins, l'exemple récent du Sud-Soudan montre que cette règle peut bénéficier d'exceptions quand un référendum montre, de manière incontestable, la volonté d'un peuple de vivre dans un Etat indépendant.

 

 

Décloisonnements : les régionalisations

 

Les intégrations régionales décidées par les pays concernés, sont appuyées par l'aide que leur apporte l'Union européenne. La Commission européenne, dans le cadre du FED, élabore des stratégies régionales.

 

Une partie plus importante de l'aide pourrait se faire dans le cadre de ces stratégies régionales.

 

 

Diversité des instruments de l'UE

 

L'Union européenne distingue nettement les pays de l'"Union pour la Méditerranée" et ceux signataires de l'Accord de Cotonou qui bénéficient du Fonds Européen de Développement.

 

Une convergence plus dynamique est souhaitable, à l'échelle de l'ensemble du continent,  entre les politiques européennes, en utilisant les différents instruments financiers de l'UE.

Les perspectives financières de l'Union européenne,  dans l'après 2013,  doivent s'appuyer sur un budget européen consolidé et  les sommes allouées à l'aide au développement ne doivent en rien être diminuées.  

 

 

Partenaires dans un monde globalisé

 

Les relations entre l'Union européenne et l'Afrique s'inscrivent dans le cadre d'un monde globalisé.

L'Europe demeure le premier partenaire commercial de l'Afrique.

 

Les relations entre l'Union européenne et l'Afrique, comme entre l'Afrique et ses autres partenaires, doivent  respecter les décisions de l'ONU, de l'OMC, de l'OIT et de la Banque mondiale.

 

 

Relations avec les autres partenaires globaux (USA, Chine, Inde, Brésil)

 

Les pays d'Afrique ne se sont jamais contentés de leurs relations avec l'Union européenne, en particulier lors de la "Guerre froide". Aujourd'hui, ils intensifient leurs relations économiques et commerciales avec les puissances émergentes telles la Chine, l'Inde, le Brésil.

 

L'"AFRICOM" américain est un projet civil et militaire au budget à la hauteur de l'enjeu énergétique : l'Afrique est devenue le deuxième fournisseur de pétrole des Etats-Unis, doublant ses importations en moins de dix ans !

L'AGOA permet à une trentaine de pays africains de profiter d'un accès préférentiel au marché américain. Ce sont essentiellement les produits pétroliers qui en profitent.

 

Le montant cumulé des investissements chinois en Afrique dépasse 50 milliards de dollars, en particulier dans les secteurs du pétrole, des mines et des infrastructures, tout en tenant un discours anticolonialiste.

 

Les relations de l'Inde avec l'Afrique orientale et australe sont anciennes. Le commerce bilatéral est en forte augmentation. 5.000 soldats indiens servent actuellement dans les forces de paix de l'ONU en Afrique.

 

Le Brésil mène une politique diplomatique active appuyée par un transfert de technologies en particulier dans les domaines des biocarburants, de l'énergie et de la santé.

 

La diversité des partenaires est irréversible et globalement bénéfique pour l'Afrique, mais il est  regretable que les autres partenaires de l'Afrique n'aient pas toujours le même souci que les Européens concernant le respect de la démocratie et des droits de l'Homme, ainsi que le respect des législations sociales et environnementales.

De plus, l'exportation de matières premières sans valeur ajoutée, même à des partenaires multiples, retarde la diversification et le développement réel des économies africaines.

 

08:43 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0)

12/07/2011

Quelques réflexions sur l'Afrique

"L'Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au Nord et au Sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité"

Patrice Lumumba, dernière lettre avant son assassinat.

 

 

 1 milliard de voisins

 

Un pilier des relations extérieures de l'UE 

 

Le continent africain est à notre porte.

Malgré la fin de la "Guerre froide", son importance géostratégique est plus grande que jamais, en particulier en raison de ses richesses naturelles.

Ce qui s'y passe a des répercussions, parfois très rapidement, au sein de l'Union européenne.

C'est pour cette raison qu'elle y intervient à travers l'aide humanitaire, l'aide au développement, l'aide en matière de sécurité. La majorité des opérations de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense a eu lieu sur le continent africain.

Le partenariat entre l'Union africaine et l'Union européenne est un modèle unique et sans équivalent dans le monde de coopération.

Seule une réponse européenne est à la mesure des défis posés sur le continent africain.

Les relations avec le continent africain constituent une priorité qui doit figurer en tête de l'agenda de l'Union européenne, de sa Haute Représentante pour les affaires étrangères et de son Service Européen d'Actions Extérieures.

Il fut insister particulièrement sur la nécessaire cohérence entre les différentes politiques de l'Union européenne, qui ne doit pas se contenter d'être un bailleur de fonds, et leurs répercussions pour l'Afrique.

 

 

Migration (interne et vers l'extérieur)

 

Les migrations du continent africain vers l'Union européenne sont présentées par les forces racistes comme une nuisance et une menace. L'arrivée, par bateaux, au péril de leur vie, de milliers d'Africains,  frappe les opinions publiques.

On estime à 3 millions et demi le nombre d'Africains vivant au sein de l'Union européenne, dont deux millions de Maghrébins, alors que l'Afrique compte 40 millions de migrants, à l'intérieur du continent !

Les migrations ont toujours été le reflet d'une nécessité économique des deux côtés. Aujourd'hui encore, si les Africains quittent leurs pays pour chercher une vie meilleure, leur arrivée répond à une demande massive de main d'œuvre dans les domaines de l'agriculture et des services, dans certains pays européens.

 

Les priorités :

- Le développement des pays africains, pour que les Africains puissent vivre et   travailler dans leurs pays ;

- L'égalité des droits pour tous les travailleurs, ce qui implique une lutte renforcée contre les emplois illégaux et une politique sociale européenne dynamique ;

- Les transferts de savoirs et de technologies de l'Union européenne vers

  l'Afrique, ce qui implique de lutter contre la "fuite des cerveaux" ;

- La lutte contre les trafics d'êtres humains.

 

à suivre

08:27 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0)

15/06/2011

deux poids, deux mesures

Madagascar : s'en tenir aux principes

 

 

Depuis deux ans Mr Rajoelina a pris le pouvoir avec l'aide d'une partie de l'armée.

Il a été suspendu de l'Union africaine,  et de son organisation régionale la SADC.

Lui et ses proches sont interdits de visas.

L'Union européenne a suspendu sa coopération.

A deux reprises il s'est engagé à partager le pouvoir,  dans le cadre d'une transition vers des élections démocratiques...et n'a jamais tenu ses promesses !

 

Le Parlement européen vient donc d'adopter une résolution qui rappelle quelques principes fondamentaux :

- Une prise du pouvoir par d'autres moyens que des élections n'est pas légitime ;

- Les auteurs de ce qu'il faut bien appeler un "coup d'Etat" doivent être sanctionnés ;

- Un pouvoir ainsi installé n'a aucune légitimité pour nommer des parlementaires ou pour organiser des élections ;

- Les gens qui conduisent une transition vers la démocratie ne doivent pas être candidats aux premières élections marquant la fin de cette transition.

 

Le parlement européen, regrettant l'échec des tentatives de médiations africaines,  demande donc que l'Union européenne prenne les mêmes sanctions que l'Union africaine : interdiction de visas, et que des élections soient organisées sous contrôle international.

 

Ayant quelques responsabilités dans la rédaction du texte, j'ai été accusé :

a) de néocolonialisme. J'assume le "néocolonialisme" qui consiste à demander que l'Union européenne adopte les mêmes sanctions que l'Union africaine ;

b) d'ingérence. J'assume le fait de demander que la communauté internationale s'ingère dans les affaires intérieures d'un pays dont les dirigeants n'ont pas été élus, pour y contrôler l'organisation d'élections libres et non truquées, car cela peut éviter des guerres civiles.

 

Il y a peu la communauté internationale prenait de lourdes sanctions, efficaces,  contre Laurent Gbagbo parce qu'il s'accrochait au pouvoir après avoir perdu les élections.

Mr Rajoelina n'a pas fait semblant de gagner les élections pour prendre le pouvoir.

Les peuples d'Afrique acceptent mal le système du "double standard".

 

Jusqu'à la dernière minute le "Quai d'Orsay" a tenté, en vain,  de persuader les députés européens de voter contre ce texte, tant il est vrai qu'aux yeux de notre Président il y a bien deux poids et deux mesures, selon que l'on est de ses amis, ou non.

 

08:57 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique