Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/04/2012

Mali : tout reste à faire

Mali : rien n'est résolu

 

 

Le retour à la démocratie : les putschistes ont accepté de céder le pouvoir, mais ils continuent à "faire la loi", comme le prouvent les arrestations qu'ils ont effectuées lundi et mardi. Ils agissent en toute impunité. Elle leur a été accordée.

 

Azawad : le problème touareg n'est pas nouveau, de révoltes en déceptions. Changement climatique, changements de mode de vie, paupérisation, marginalisation. Créer un Etat indépendant n'est probablement pas la solution. L'Union européenne doit aider au développement, au désenclavement. Mais comment aider dans une zone où règnent des groupes armés,  sans Etat de droit ?

 

Islamisme et insécurité : cette région a toujours été celle de tous les trafics. Les drogues se sont ajoutées au tabac. Les armes se sont multipliées depuis la chute de Kadhafi. Les indépendantistes en ont profité. Mais moins que les islamistes. Prenant le paravent de la religion ils mènent une activité criminelle, dans toutes les contrebandes, et dans les enlèvements d'otages rendus à la liberté contre fortes rançons. Ils menacent la sécurité de tous les pays de toute la région...et celle de l'Europe, qui doit aider à la collecte d'informations (satellites), car les pays sahéliens n'ont pas les moyens techniques de contrôler ces vastes étendues.

Il est souhaitable que soit étudiée la possibilité d'une mission européenne, dans le cadre de la PESD, sous mandat de l'ONU, pour aider les forces maliennes, et d'entuelles forces de la CEDAO à sécuriser les zones du MAli non occupées par les groupes armés illégaux.

 

Humanitaire : le Sahel connaît la pire crise humanitaire de ces vingt dernières années. Le Mali est traditionnellement le "grenier" de la région. L'insécurité qui y règne provoque des exodes de populations qui aggravent la crise, et rend le travail des organisations humanitaires souvent impossibles.  Comment ouvrir l'indispensable "couloir humanitaire", au milieu d'hommes armés qui méprisent la vie humaine ?

 

 

09:37 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique

22/03/2012

l'impact de la chute de Kadhafi sur le Mali

Mali : l'onde de choc du soulèvement démocratique libyen

 

 

Depuis 1991, le Mali était donné en exemple pour sa vie démocratique pluraliste.

Un petit groupe d'officiers vient d'y perpétrer un Coup d'Etat.

Ces officiers se plaignent principalement du manque de moyens dont ils disposaient pour lutter contre une rébellion touarègue, dans le nord du pays.

 

Des centaines d'hommes lourdement armés, qui servaient dans les forces armées de Kadhafi, ont quitté le territoire libyen pour rejoindre le Mali.

Ils se sont livrés à des atrocités contre les populations civiles et ont assassiné froidement 70 soldats maliens qui s'étaient rendus.

Alors que les armes proliféraient déjà dans la zone sahélo-saharienne, ces mercenaires de Kadhafi ont récupéré d'importants stocks d'armes, ce qui a décuplé leur pouvoir de nuisance.   

Leurs actions sont condamnables.

Le Coup d'Etat ne l'est pas moins.

Dans les deux cas, la stabilité régionale est mise à mal.

La bande sahélo-saharienne constitue un enjeu de sécurité essentiel à la fois pour l'Afrique et l'Europe.

Sans développement économique de cette zone, l'option militaire est vouée à l'échec.

 

Il est donc indispensable que l'Union européenne accentue son action en faveur des populations, en particulier en leur fournissant un meilleur accès à l'eau et aux  services publics d'éducation et de santé, ainsi que de meilleures infrastructures pour désenclaver la région.

Le Coup d'Etat va rendre les choses plus compliquées, car il faudrait faire cela sans cautionner les militaires qui ont pris le pouvoir.

 

17:39 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mali

12/09/2011

dirigeants français et africains

Sarkozy reçoit un dictateur criminel

 

 

En la personne de Kagamé, Sarkozy reçoit, au nom de la France, le Président rwandais.

Ce n'est pas la première fois que Sarkozy reçoit un dictateur criminel. Peut-être un jour, comme pour Kadhafi, enverra-t-il les hélicoptères de l'armée française "protéger les populations civiles".

 

Kagamé est un dictateur : ne peuvent être candidat(e)s aux élections que les partis appartenant  à la mouvance présidentielle. Toute critique est interdite. Les opposants sont réduits au silence, en prison, en exil, éventuellement victimes de tentatives d'assassinat.

J'ai lu aujourd'hui dans Libération un de ses ministres expliquant que "la démocratie n'est pas un médicament que l'on peut prescrire aux enfants".

Au moins le pouvoir que Kagamé a renversé par les armes avait été élu.

 

Car Kagamé est arrivé au pouvoir par les armes, venant d'un pays voisin (l'Ouganda, qui n'est pas une démocratie non plus), armé par des pays riches qui ont une lourde responsabilité dans la tragique guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts.

Kagamé a une responsabilité directe dans le génocide qui est le fruit de la guerre civile qu'il a déclenché.

Il a une responsabilité plus directe encore dans le contre-génocide, poursuivi jusqu'à Kinshasa.

 

Si la France doit demander pardon au peuple rwandais, c'est de ne pas avoir été capable de le protéger de Kagamé.

Si la France doit demander pardon aux peuples africains, c'est de s'en tenir à une politique d'influence, cynique,  de défenses des intérêts de ses entrepreneurs.

Demander pardon pour ces mallettes de billets, pour lesquelles il n'y a pas de preuves, mais dont tant de gens connaissaient l'existence, symboles des relations malsaines entre certains dirigeants français et africains.

 

17:10 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, afrique

22/08/2011

Quelques réflexions sur l'Afrique (fin)

    Environnement

 

Indispensables énergies

 

Le continent africain possède un potentiel énorme, aussi bien en énergies fossiles que renouvelables. Elles sont gaspillées, sous-exploitées ou exportées sous forme brute.

1/3 seulement des Africains ont accès à l'énergie électrique, alors que 7% seulement des capacités hydrauliques et 1% des capacités géothermiques sont utilisées, sans parler des énergies solaires et éoliennes.

Le bois représente 40% de la consommation d'énergie. Huit Africains sur dix cuisinent au feu de bois, ou de charbon de bois,  provoquant dans certaines zones une déforestation dramatique.

 

L'Afrique, compte-tenu de ses ressources exceptionnelles, pourrait devenir, avec l'aide de l'Union européenne,  le continent à la pointe de l'utilisation des énergies renouvelables.

 

 

L'eau

 

L'Afrique est le continent le plus exposé au risque hydrique. L'excès d'eau pose souvent plus de problème que sa pénurie. Même lorsque l'eau abonde, l'eau potable manque.

Un Africain sur deux n'a pas d'accès à l'eau potable,  premier facteur de mortalité, et près de deux sur trois n'ont pas accès aux services d'assainissement, ce qui amène à parler de "péril fécal",  car moins de 2% des eaux usées sont traitées.

La nappe phréatique aquifère représente plus de 60% de l'eau douce disponible en Algérie, 95% en Libye. Y avoir accès suppose des moyens que tous les pays n'ont pas.

L'urbanisation accroît le problème de l'eau et de l'assainissement.

"Fabriquer" de l'eau potable coûte de plus en plus cher, en raison de la multiplication des pollutions et des besoins urbains croissants. Sa distribution est handicapée par le mauvais état, ou l'inexistence,  des réseaux de distribution, ce qui provoque un important gaspillage.

 

La faillite des opérateurs publics responsables de la production et de la distribution d'eau potable est à déplorer. Les "plans d'ajustement structurels" ont entraîné leur privatisation et celle-ci a provoqué un recentrage sur la partie solvable de la population urbaine, provoquant une éviction de fait des plus pauvres.

Les pauvres consomment dix à vingt fois moins d'eau que les riches, car ils la paient plus cher en raison des difficultés d'accès.

La revendication pour un droit à l'eau potable est vitale.

 

 

La lutte contre la déforestation et pour la biodiversité

 

Face aux menaces de déforestations, considérant que les forêts ont été "construites" au fil du temps par les sociétés humaines,  l'agroforesterie doit être contrôlée et durable et donc soucieuse du renouvellement des forêts.

 

Comment ne pas être particulièrement soucieux de la préservation de la biodiversité en Afrique qui est une richesse : 50.000 espèces de plantes répertoriées, 1.500 espèces d'oiseaux, 1.000 espèces de mammifères ?

 

08:24 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0)

08/08/2011

quelques réflexions sur l'Afrique (suite)

   Économie

 

Éradiquer la pauvreté

 

"Réduire l'extrême pauvreté et la faim de moitié" était le premier des "Objectifs du Millénaire.

Le Nord du continent représente à lui seul 40% du PIB de l'Afrique.

L'Afrique subsaharienne ne représente que 1% du PIB mondial.

La moitié des habitants du continent gagne moins d'un dollar par jour, ce qui les classe dans la catégorie "pauvreté absolue". 37 pays africains sont les plus mal classés à l'"Indice de développement humain" du PNUD.

L'Afrique subsaharienne est la seule région du monde dont le PNB par habitant et en dollar constant ait diminué depuis 1980.

 

 

Richesse des ressources,  économie de prédation

 

L'Afrique, qui recèle 30% des réserves mondiales en minéraux,  est la preuve, malheureuse, que les richesses naturelles ne provoquent aucun développement automatique.

Pire : l'exploitation des ressources naturelles a, trop souvent,  conduit à l'exacerbation des conflits, à la corruption, à des désastres écologiques et en aucun cas à l'amélioration des conditions de vie des populations.

L'économie africaine repose trop sur l'exportation de matières premières (90% de ses exportations), au bénéfice d'immenses fortunes d'une oligarchie prédatrice, généralement liée aux entreprises,  non africaines,  exploitant les richesses,  minières ou agricoles,  non transformées, donc sans valeur ajoutée.

80% des revenus du pétrole nigérian ne bénéficient qu'à 1% de la population...

 

Si elle n'est pas suffisante, la transparence des transactions financières est indispensable.

 

Le développement repose sur des investissements humains et financiers, en particulier dans le domaine de la Recherche, ce qui permet une amélioration de la productivité et donc de la compétitivité, aujourd'hui infime, dans une économie mondiale globalisée, au sein de laquelle l'économie africaine occupe peu de place, en dehors de la production de pétrole.

 

 

Le développement par le commerce ? Les APE ?

 

"Trade not aid" : ce slogan américain (Ronald Reagan) a trouvé des échos en Europe, en particulier au sein de la Commission européenne.

 

Aucune région d'Afrique n'a accepté d'"Accord de Partenariat Economique" proposé depuis dix ans par la Commission européenne.

 

Le droit au protectionnisme des économies africaines, sans réciprocité doit être reconnu.

 

 

Agriculture

 

L'agriculture emploie encore plus de la moitié de la population.

Alors que l'Afrique était, à son accession à l'indépendance, autosuffisante sur le plan alimentaire, 44 des 48 pays subsahariens souffrent de malnutrition chronique.  Le déficit alimentaire augmente.  L'Afrique reçoit 32% de l'aide alimentaire mondiale, moins de 10% de cette aide vient d'Afrique.

L'agriculture doit redevenir prioritaire, alors que le retrait de l'Etat a caractérisé les plans d'"ajustement structurel". Le désengagement de l'Etat, l'abandon des systèmes de stabilisation des prix ont freiné le développement de l'agriculture. Le budget alloué à l'agriculture ne dépassant pas 1%, la rend non compétitive face aux importations de produits agricoles européens subventionnés.

 

Parce qu'il est essentiel de donner du pouvoir d'achat aux paysans africains, et donc de les rémunérer correctement pour leurs récoltes,  il faut mettre fin aux subventions européennes en faveur des exportations en direction de l'Afrique, ainsi que celles qui contribuent à un effet de "dumping" rendant les produits agricoles africains non compétitifs en Afrique et souhaite que les centres de recherche agronomique, européens et africains,  aient les moyens d'intensifier leurs recherches sur les plantes nourricières africaines (igname, sorghos, mils, etc.).

 

 

Quelles politiques d'aide au développement ?

 

Le défi du développement singularise l'Afrique subsaharienne plus que toute autre région au monde, défi à relever par elle même et solidairement par le reste du monde.

L'Afrique, "continent riche peuplé de pauvres",  est la partie du monde la plus aidée. Une aide qui dépasse les 10% de son PIB. Sans résultats probants, sauf l'enrichissement de ceux qui sont bien placés pour la capter. Le bilan de trois décennies d'aide au développement est sévère.  Ce qui lasse les donateurs. Certains économistes vont même jusqu'à considérer l'aide publique, dans sa forme actuelle, comme un facteur d'aggravation.  Aucun pays dans le monde n'est sorti du sous-développement grâce à l'aide extérieure. Les Etats-Unis, en proie à leur déficit budgétaire, refusent toute idée d'un "Plan Marshall".

Ne peut-on pas paraphraser ce que disait le Président Cardoso à propos du Brésil : "Ce n'est pas un continent sous-développé, c'est un continent injuste !" ?

 

Ni l'aide ni le marché ne soutiennent à eux seuls un développement productif autonome suffisant pour éradiquer la pauvreté. Il est essentiel que les plus values dégagées en Afrique soient réinvesties en Afrique et non dans des dépenses somptuaires, en particulier hors du continent. Cela constituerait un signe encourageant pour les "Investissements Directs Etrangers", l'Afrique n'en attirant qu'1%,  dirigé quasi exclusivement vers le domaine pétrolier.

 

08:23 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0)