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28/03/2013

Ne jamais accepter la prise du pouvoir par la force

République Centrafricaine

 

Quelques réflexions :

 

1) Après une période d'accalmie, voici le retour des prises du pouvoir par la force  en Afrique ;

 

2) Au Mali la CEDEAO a fortement contribué à obliger les putschistes à quitter le pouvoir. Il n'est pas certain de la Communauté des Etats d'Afrique Centrale ait la moindre influence sur les rebelles victorieux par les armes ;

 

3) Quand il y a une rébellion armée, je pose toujours la question : qui paie ? Dans ce cas, je n'ai pas la réponse ;

 

4) Tous les mécanismes de prévention de l'Union africaine n'ont servi à rien, mais l'Union africaine a immédiatement décidé des sanctions contre les leaders qui ont pris le pouvoir (interdiction de voyages et gel de leurs avoirs). Il serait bon que l'Union européenne, et les Etats-Unis,  fassent très rapidement la même chose ;

 

5) Ces sanctions doivent être renforcées par les menaces de l'ONU de déférer devant la Cour Pénale Internationale les responsables de violences qui ont eu lieu contre les civils, et de l'utilisation d'enfants soldats ;

 

6) La RCA se trouve au 179e rang à l'indice de développement humain, malgré la richesse de son sous-sol ;

 

7) Les élections législatives devaient se dérouler dans un délai de 12 mois, le nouveau maître du pays entend gouvernement sans Parlement pendant trois ans. N'en déplaise aux populistes, la démocratie vaut mieux que la dictature, et son premier pilier est un parlement élu de manière libre et juste.

 

  

31/01/2013

Togo : sytème bloqué

Togo : des signes peu encourageants

 

 

Les élections législatives devraient s'y tenir le 24 mars, et, malheureusement, une occasion de faire un pas vers la démocratie risque d'être perdue.

 

Des élections libres et ouvertes supposent des listes électorales irréprochables, une commission électorale neutre, des médias libres et, le jour des élections, des observateurs qui ne soient pas à la solde du pouvoir en place.

 

Aucune de ces conditions ne semblent totalement remplie au Togo, et il est probable que l'armée conservera la réalité du pouvoir.

 

 

15:18 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique

17/01/2013

la Centrafrique n'est pas le Mali

Mali / Centrafrique

 

 

Quand les rebelles centrafricains se rapprochaient sérieusement de Bangui, le Président de la République française a déclaré avec force qu'il n'était pas question que l'armée française intervienne. Et pourtant elle est intervenue de façon décisive au Mali.

 

L'intention n'était pas du tout que l'armée française se trouve en première ligne combattante au Mali. Une mission européenne se mettait en place afin de former et d'aider logistiquement l'armée malienne et les forces de la CEDEAO.

Tout cela prenait beaucoup de temps. Trop. Les rebelles ont voulu attaquer avant que le dispositif international ne soit en place. Le Président malien a appelé François Hollande au secours. Aujourd'hui tout le monde, sauf les islamistes, le remercie. Consensus en France, consensus également lors du débat au Parlement européen.

 

En Centrafrique la force (FOMAC) de la Communauté des Etats d'Afrique Centrale, déployée depuis 2008, et devenue, de facto, une force d'interposition,  a été suffisante pour dissuader les rebelles de poursuivre leur marche sur la capitale.

 

Il est légitime de se demander d'où viennent les armes et autres moyens des rebelles centrafricains. Tout le monde connait les sources des moyens des islamistes du nord Mali : moyens financiers donnés par "l'industrie" des otages (estimée à 5 millions d'euros par personne enlevée), trafic de drogues..., stocks d'armes récupérés en Libye à la chute de Kadhafi.

Le seul point commun entre les deux pays est la présence, trop nombreuse, d'enfants soldats.

 

Un accord a été trouvé entre Centrafricains. Des élections vont être organisées afin de "réparer" les "irrégularités" trop nombreuses des élections de 2011.

Personne ne conteste que les élections au Mali ont été libres et transparentes.

Il est impossible de passer un accord avec "Al-Qaïda au Maghreb islamique" et ses filiales locales. Leurs buts n'est certainement pas un retour à la démocratie.

 

Enfin, très égoïstement d'un point de vue européen, l'existence d'une zone de non-droit au Mali, devenant une base de départ pour des terroristes islamistes, met en danger notre sécurité. Ce qui n'était pas le cas de la zone occupée par les rebelles centrafricains.

 

 

08:00 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mali

07/12/2012

Mali : le début de l'éspérance

Des pas dans le bon sens

 

 

1) Le Conseil de sécurité de l'ONU est prêt à autoriser une opération africaine pour tenter de chasser les islamistes qui sévissent au nord du Mali.

Il attend les détails opérationnels qui auraient du être présentés la semaine dernière.

 

2) Le Conseil des ministres de l'Union européenne a décidé de la mise en place d'une mission de formation et d'entraînement de cette force africaine, dans le cadre de la politique européenne de défense commune.

 

Le Président malien et l'ONU attendent plus de l'Union européenne, en particulier une importante aide logistique.

Certains parlementaires maliens demandent une intervention de forces combattantes, en particulier nos hélicoptères.

Cela semble exclu : il me semble

- qu'il n'y aura jamais d'accord au niveau européen pour envoyer des forces combattantes européennes sur le terrain ;

- qu'aucun pays, et surtout pas la France, ancienne puissance coloniale, ne peut s'engager de façon bilatérale dans une intervention armée.

 

Les leçons doivent être tirées de l'agonie somalienne : il faut donner, dès le début des opérations,  à une force armée africaine formée, équipée et entraînée,  les moyens de remplir sa mission.

 

 

 

11:19 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mali

18/10/2012

Afrique : Etats faillis, miracles ordinaires

AFRICA

 

Etats faillis, miracles ordinaires

 

Richard Dowden

Directeur de la "Royal African Society"

 

Préface de Sylvie Brunel

 

Editions Nevicata

 

Le livre de Dowden,  correspondant de journaux anglais en Afrique pendant trente ans, fait penser à ceux de Kapuscinsky : des chapitres conçus comme des reportages, avec des anecdotes, et une réflexion de fond sur les problèmes vécus par les Africains.

 

A travers des voyages dans une douzaine de pays africains, majoritairement anglophones, les réalités de l'Afrique nous sont dévoilées.

 

Le livre se termine par une note optimiste : l'Afrique va s'en sortir, avec trois atouts : le téléphone portable, la Chine et la classe moyenne naissante.

"L'Europe a dominé l'Afrique. Cette domination semble aujourd'hui toucher à sa fin avec l'arrivée des Chinois."

"Là où l'Occident voit un continent qu'il faut aider à s'arracher à la pauvreté, la Chine voit une terre où gagner de l'argent."

"Les gouvernements qui ont obtenu le plus de la Chine sont ceux dont les réserves pétrolières sont les plus abondantes."

"L'Afrique est la dernière ressource inexploitée de minerais."

 

La couverture, photo d'une jeune femme qui exhibe fièrement son doigt taché d'encre, preuve qu'elle a voté, est superbe.

 

Mais, comme l'écrit dans sa préface la géographe, spécialiste de l'Afrique, Sylvie Brunel : "la meilleure façon de découvrir l'Afrique, c'est d'y aller".

 

 

"L'industrie de l'humanitaire a tout intérêt à pérenniser l'image des Africains en victimes; quoi de plus simple- et lucratif- que de dresser le portrait de victimes dépendantes de la charité de l'Occident ?"

"Jamais l'aide extérieure ne permettra de transformer des sociétés entières".

 

"C'est la combinaison fatale de luttes internes pour le pouvoir et d'ingérences extérieures qui ont provoqué le naufrage du continent noir". "Les guerres se mirent de plus en plus à ressembler à des luttes pour le contrôle des ressources, sans objectif politique".

 

"Une chose différencie les dictateurs d'Afrique de ceux d'Asie, c'est que dans cette dernière région, ils investirent leurs fortunes volées dans le pays même. Les élites africaines ne voyaient pas en quoi le développement de leur pays aurait servi leurs intérêts. D'après la Banque mondiale, la richesse privée hors du continent se monte à deux fois le montant de l'aide reçue."

"Si même les Africains expatrient leurs avoirs, comment l'Afrique pourrait-elle attirer les investisseurs étrangers ?"

"L'argent volé à l'Afrique passe par le système bancaire international et ses territoires off-shore".

 

"Le capitalisme a besoin de marchés et les Occidentaux auraient sans nul doute préféré que des Etats prospères émergent en Afrique." "Quelle ironie de constater que l'Ouest capitaliste persiste à considérer l'Afrique comme un continent nécessitant de l'assistance et non un marché à prendre."

 

"Comme la plupart des conflits africains la guerre du Soudan entraîne relativement peu de pertes directes en vie, mais provoque des décès massifs dans la population par suite des exodes, pénuries et maladies".

 

  "Ce qui est indispensable pour survivre est à l'opposé de ce qui est nécessaire pour se développer".

 

"Les Etats-Nations n'ont pas été créés par les Africains, alors quel intérêt pourraient-ils leur porter ?"

08:02 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique