20/10/2009
ne pas avoir peur des mots
Protéger les populations "dans le cadre de la Politique Européenne de Défense"
Après le massacre du 28 septembre, à la demande de l'opposition guinéenne, la Communauté Economique Des Etats de l'Ouest Africain (CEDEAO) a lancé un appel à la "communauté internationale" pour qu'elle déploie en Guinée une force neutre (des "casques blancs") pour protéger la population et les opposants.
Le Parlement européen s'apprête donc à voter une résolution demandant au Conseil de l'Union Européenne, d'étudier les possibilités de répondre à la demande de la CEDEAO, pour organiser une mission de soutien à une force africaine d'interposition "dans le cadre de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense", afin de mettre à disposition de cette force les moyens nécessaires pour accomplir sa mission, ainsi qu'une mission civile à plus long terme pour contribuer à la réorganisation des forces de sécurité.
Moment difficile pour les communistes européens et apparentés : ils sont en faveur d'une telle action, mais sont contre la "Politique Européenne de Défense", par principe.
Pourtant, la "Politique Européenne de Défense" n'a pas pour but de défendre l'Europe, mais uniquement ce genre d'opérations de protection des populations et des organisations humanitaires, comme les militaires européens l'ont fait au Tchad, en RD Congo, au large de la Somalie, etc.
La preuve de l'existence d'un gâteau, c'est qu'on le mange. La preuve de la "Politique Européenne de Défense", ce sont ses missions.
Mais certains, par idéologie, refusent d'avaler l'étiquette...
17:55 Publié dans sécurité, défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guinée
09/09/2009
PESD : les priorités de la Présidence suédoise
PESD : Les priorités de la Présidence suédoise
La Présidence constate que des progrès extraordinaires ont été faits en 10 ans et qu'il y a une demande croissante de missions PESD.
1) les "groupements tactiques" (battle groups") : jamais utilisés ! Pourquoi ? Faut-il changer les conditions de leur utilisation ?
2) surveillance maritime : besoin d'augmenter les capacités, mais surtout la coordination et l'interopérabilité.
3) industries de la défense : la réalisation du marché intérieur européen nécessite des marchés publics et des appels d'offre à l'échelle de l'Union européenne.
4) améliorer les relations UE / OTAN, pour assurer la sécurité des militaires en opération et une meilleure utilisation des ressources.
5) missions civiles : il y a une demande croissante ; la Suède s'en félicite, mais il est beaucoup plus difficile de trouver des policiers et des magistrats volontaires, que des militaires.
6) améliorer la vitesse de déploiement, avec des accords cadre pour les équipements afin d'éviter la répétition de la procédure des appels d'offres.
7) améliorer la synergie civil/militaire grâce à des éléments logistiques communs.
8) mettre sur pied des formations communes, préparant les missions communes.
13:36 Publié dans sécurité, défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité, défense
07/09/2009
la PESD a 10 ans
Echange de vues avec le général Bentégeat, Président du Comité militaire de l'UE
Général Bentégeat :
La PESD a 10 ans, mais elle est réellement née en 2003 avec l'adoption de la "Stratégie Européenne de Sécurité" et la mise en place des premières missions.
Depuis les esprits ont évolué, du fait de la réalisation des missions qui, pour la plupart, ont été des réussites.
Son rôle est différent de celui de l'OTAN : elle n'a pas les mêmes moyens, et pas les mêmes objectifs.
La PESD doit faire face aux missions de Petersberg, mais n'est pas en mesure d'affronter un conflit majeur comme l'Afghanistan, inenvisageable sans les moyens militaires américains.
La structure militaire permanente de l'OTAN = 15.000 militaires, l'UE = 200.
L'OTAN a la responsabilité de la défense collective, de ses pays membres.
L'UE a l'avantage d'avoir une approche globale et intégrée.
L'UE est bien meilleure dans le rapport coût/efficacité.
L'intégration civilo-militaire de l'UE est un succès, et a été largement renforcée depuis trois ans. L'UE a l'avantage d'avoir les moyens civils de la Commission.
Dans le cas de la Géorgie, la mission "civile" (en réalité majoritairement composée de gendarmes, qui sont des militaires) n'a pu être déployée si rapidement qu'en raison des moyens logistiques militaires.
Pour certaines opérations, l'UE seule pouvait être acceptée.
S'il y a parfois compétition, elle est politique et non militaire.
Le recyclage des hélicoptères de fabrication russe, et des équipages, est un projet commun UE/OTAN.
La PESD dispose d'une bonne cellule de "veille" et d'une capacité de planification "de précaution", et de réalisation des opérations décidées par le Conseil.
Il y a, au sein du Conseil, une petite majorité en faveur d'un QG permanent, qui ne se fera pas sans le "feu vert" américain.
Capacité de "mobilisation" : en 2000 le Conseil a fixé l'objectif à 60.000 militaires, en simultané. Il s'agit d'une ambition. La réalité est un peu plus difficile. Pour le Tchad, il a fallu 6 mois pour trouver tous les contributeurs.
La non utilisation, à ce jour, des "battle groups", mobilisables en moins de 15 jours, n'est pas un problème militaire, mais de volonté politique.
La lutte contre l'immigration illégale n'est pas un problème militaire, même si des moyens militaires sont utilisés (marine et aviation). L'OTAN participe également car les filières sont les mêmes que pour le terrorisme.
Malheureusement, les moyens militaires de l'UE ne peuvent être utilisés qu'en dehors de l'UE, même en cas de catastrophes naturelles. Il faut alors des accords bilatéraux...ou avoir recours à l'OTAN.
Sur le Traité de Lisbonne, les consignes sont claires : silence !
En raison de la crise économique mondiale, il faut s'attendre à de nouveaux foyers de tension dans les pays les plus pauvres.
Missions en cours :
Bosnie-Herzégovine : la mission pourra-t-elle être transformée en mission d'assistance et de formation ? Des blocages politiques locaux persistent. La lassitude des contributeurs (depuis 1995) est sensible, ce qui représente des risques.
Atalanta : 11 navires participent à l'opération + des avions ; manque un navire de ravitaillement.
Sur place se trouvent également des navires de l'OTAN, des USA, de la Russie, de la Chine, etc. L'ONU est responsable de la coordination.
La mission de l'UE escorte les navires du PAM et de l'AMISOM.
Cette année 108 attaques ont eu lieu. 80 ont été contrées. 68 pirates ont été arrêtés.
Le coût commun (8 millions d'euros) est faible comparé au montant des rançons.
L'opération se poursuivra en 2010, mais les causes profondes se trouvent dans la situation somalienne.
La lutte contre le blanchiment de l'argent des rançons est également indispensable...et très difficile !
Il a été décidé d'apporter un soutien renforcé à l'AMISOM, au gouvernement somalien, à la coopération militaire navale des Etats de la région.
08:50 Publié dans sécurité, défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité, défense
15/04/2009
Un monde sans armes nucléaires
Le Président Obama en a tracé la perspective, à long terme.
En plus de sa conviction et de sa sincérité, il s'agit d'un intérêt économique bien compris pour les Américains : la moitié de leur imposant budget de la défense est consacré à la surveillance et à l'entretien d'armes nucléaires inutillementnombreuses et pour beaucoup vieillissantes.
La Conférence pour le renouvellement du Traité de Non Prolifération des armes nucléaires aura lieu l'année prochaine. Pour qu'elle soit un succès, il est essentiel de na pas se limiter à la seule prolifération, mais d'avancer d'un même pas sur les trois piliers du Traité :
1) la maîtrise de la production nucléaire civile, avec un renforcement du rôle de l'AIEA
2) La diminution des stocks existants pour les pays dotés d'armes nucléaires : d'où l'importance de la reprise des négociations entre les USA et la Russie, principaux concernés, le Traité START exispant à la fin de l'année
3) Des mesures réelles pour éviter la prolifération, ce qui n'a été fait ni pour le Pakistan, ni pourl'Inde, sans parler d'Israël !
14:36 Publié dans sécurité, défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nucléaire
06/04/2009
OTAN : un nouveau Secrétaire général qui pose problème
Le Sommet de l'OTAN a désigné le nouveau Secrétaire général.
Comme d'habitude, c'est un Européen.
Mais ce n'est pas un Européen comme les aurtres : il vient du seul pays de l'Union européenne qui ait obtenu un "opting out" sur la Politique Européenne de Sécurité et de Défense.
Cet ex Premier Ministre danois est donc le plus mal placé :
_ pour constituer un pôle européen pour équilibrer les USA au sein de l'organisation
- pour améliorer l'indispensable et lacunaire coordination entre l'OTAN et la PESD
La Turquie, pays supposé laïc, est le seul à avoir objecté, parce que le Danemark a autorisé la publication de dessins mettant en cause supposé être "Très Miséricordieux" !
20:19 Publié dans sécurité, défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : otan, europe


