Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/04/2023

Trois saintes siciliennes

Madones et putains

Nine Antico

éditions Aire libre

 

Santa Agata, Santa Lucia et Santa Rosalia, trois saintes de Sicile. Trois madones.

Nine Antico raconte les vies de trois femmes portant les mêmes prénoms dans l'Italie d'un XXe siècle retardataire. Trois putains ?

La mère d'Agata a été tuée par son amant qu'elle ne voulait plus voir. Un féminicide !

Lucia tondue pour avoir été surprise avec un soldat allemand, sans être passée à l'acte. Il fallait bien une coupable pour porter les péchés de la collaboration commis par d'autres.

Rosalia a permis de démanteler les clans mafieux de son village.

Les trois sont inspirées de personnes réelles.

Les dessins de Nine Antico, en noir et blanc, plus noirs que blancs, sont autant de coups de poings.

 

08:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

25/04/2023

lutte pour l'indépendance

La dernière reine

de Damien Ounouri

de et avec Adila Bendimerad

 

1516, Alger : billard à trois bandes  les Espagnols qui occupent le port, le pirate Barberousse qui veut les expulser et les Algérois qui ne veulent ni des Espagnols ni des pirates.

Zafira, reine légendaire, prend la tête des indépendantistes, malgré sa condition de femme.

Après la mort de Barberousse le royaume sera rattaché à l'Empire ottoman.

Film historique d'amours, en particulier amour maternel,  et d'actions en costumes superbes dans des décors naturels magnifiques.

 

08:10 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma

23/04/2023

La conférence de Wannsee

la Conférence

de Matti Geschoneck

 

20 janvier 1942. Les persécutions contre les Juifs ont commencé en Allemagne depuis presque dix ans. A l'Est, pays baltes, Ukraine, Pologne,  les terribles "einsazt Gruppe" sèment la mort par des exécutions de masse. Mais dans les territoires conquis se trouvent des millions de Juifs. Comment en venir à bout ?

Heydrich, le "cerveau d'Himler", a convoqué une réunion qui a pour ordre du jour "la solution finale". Le procès verbal sera fait sous la responsabilité d'Adolf Eichmann.

Autour de la table, des SS bien entendu, des militaires et des représentants des différents ministères pouvant contribuer à l'entreprise de destruction massive.

Des rivalités, des divergences, mais une unanimité : les Juifs sont responsables de leur sort et ils doivent être détruits pour sauver le peuple allemand qui est dans son droit de se défendre.

Préoccupations : qui va remplacer les ouvriers juifs ? l'armée aura-t-elle assez de munitions pour les exécutions ? et le syndrome post-traumatique des soldats allemands ? qui va bénéficier des biens des Juifs ?

Tous les participants seront rassurés en apprenant la future mise en place des chambres à gaz et des fours incinérateurs.

Une leçon d'histoire pour "comprendre l'incompréhensible". La démonstration de la "banalité du mal" exposée par Hannah Arendt.

Des hommes peut-être bons pères de famille dont la principale préoccupation est de défendre le pré carré de leurs responsabilités.

Les tréfonds de la noirceur de l'âme humaine. Le sommet de l'ignominie.

Six millions de Juifs exterminés sur les onze millions recensés.

Unité de temps, unité de lieu, huis clos et malgré tout le film n'est pas ennuyeux grâce au tempo de ses dialogues.

 

14:59 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, histoire

18/04/2023

Paternités douteuses, Islande XVIIIe siècle

Le roi et l'horloger

Arnaldur Indridason

éditions Métailié

 

Le roi, c'est Christian VII du Danemark dont l'Islande est une colonie.

L'horloger est un Islandais immigré à Copenhague.

L'horloger répare,  dans les archives du palais royal une horloge du maître horloger suisse Isaac Habrecht qui a réalisé également l'horloge de la cathédrale de Strasbourg.

L'horloger reçoit régulièrement la visite du monarque qui s'intéresse plus à la vie dans la lointaine Islande qu'à l'horloge.

L'horloger raconte donc au souverain comment son père et sa gouvernante ont été condamnés à mort pour fornication hors mariage et pour un inceste imaginaire.

Hors, il se trouve que Christian VII lui même préférait forniquer avec des prostituées qu'avec la reine, mais que, pour sauver la face de son épouse Caroline-Mathilde,  il a endossé la paternité de la fille conçue avec son amant, le médecin de la famille royale devenu Régent. Fait qui lui aurait valu la peine de mort en Islande. Mais, comme disait La Fontaine "selon que vous serez puissant ou misérable..." C'est donc l'amant et non le roi qui a été condamné à mort. L'histoire de Johann Strense a été raconté dans le film "A Royal Affair" en 2012 avec Mads Mikkelsen dans le rôle de Struense.

Le roi ne peut qu'entendre dans le récit le reflet de sa propre faute.

En Islande à cette époque les femmes condamnées à mort étaient noyées, enfermées dans un sac lesté de pierres. L'eau étant supposée les laver de leurs péchés...

 

"En fin de compte, le roi n'avait jamais été plus heureux qu'en compagnie du petit peuple qu'il avait fréquenté pendant ses années dorées."

"L'horloger se laissa tomber dans le fauteuil en essayant de se rappeler combien de fois il avait fait état dans son récit de paternités douteuses. Et combien de fois elles étaient assorties de duperies, de mensonges,de tromperies et de dérobades."

 

13/04/2023

Journaliste du Pakistan à l'exil

Dissident club

texte : Taha Siddiqui

dessin : Hubert Maury

couleur : Arriane Borra & Elise Follin

éditions Glénat

 

L'album commence un peu comme "L'Arabe du futur". Taha Siddiqui raconte son enfance, puis son adolescence et sa jeunesse, à Djeddah où travaille son père qui se radicalise dans la religion avec des principes dignes du Moyen-âge.

Nous en apprenons beaucoup sur le Pakistan, ses dictateurs militaires successifs,  leur hypocrisie et leur double jeu.

"Financé par les fonds américains et saoudiens, Zia formait et armait les djihadistes pour aller se battre en Afghanistan."

"Quand une fille rencontre un garçon, ils ne sont jamais seuls...il y a toujours un troisième individu avec eux : Satan !"

"Sans les djihadistes, plus de djihad au Cachemire, plus de contrôle religieux sur la population." "Qui s'occupera de l'action sociale dans ce pays si on dissout les groupes djihadistes ?"

"mon père prêche dans une mosquée chiite et s'il apprend que je sors avec un sunnite...il mourra de honte !"

"si mon futur mari découvre qu'il n'est pas mon premier amant...ce sera la honte pour lui, pour ses parents et pour toute la société."

Diplômé d'une prestigieuse université, Taha choisit le journalisme, à la grande fureur de son père qui comptait sur lui pour développer son agence de pélerinnage à La Mecque. A la télévision qui est une invention du diable ! Et Taha n'hésite pas à poser des questions qui ne peuvent que déplaire aux militaires. Il obtiendra, avec deux journalistes français le prix "Albert Londres".

Victime d'une tentative d'enlèvement et d'assassinat, Taha n'a plus le choix : il part à Paris avec femme et enfants. Les services de renseignements français l'informe que son nom figure sur une liste noire établie par les militaires et  lui conseille "de ne plus remettre les pieds au Pakistan."

Il a voulu créer une tribune aux dissidents du monde entier : le "dissident club" !

Les dessins sont clairs et aérés, rendant la lecture particulièrement facile.