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19/01/2010

"sorcier" de la com

Le sorcier de l'Elysée

 

L'histoire secrète de Jacques Pilhan

L'homme qui conseilla François Mitterrand et Jacques Chirac

 

François Bazin

 

Editions Plon

 

 

"Conseiller en communication", ce n'est pas être publicitaire, même si Pilhan a commencé sa carrière chez Séguéla.

"Son rêve secret était celui d'une communication sans pub, devenue à ce point cohérente qu'elle pouvait presque se passer de toute action visible."

"Sa stratégie était l'art de préparer les cristallisations, d'organiser la rencontre d'un homme et d'une opinion".

Il se basait sur de nombreuses études qualitatives pour déterminer les styles de vie, les modes de vie, les préoccupations des Français ("le monde d'un côté et mon nombril de l'autre"). En constatant que "l'opinion publique est calquée sur le déroulé des journaux télévisés des six derniers mois".

 

Ce livre est désespérant pour les militants PS et UMP qui s'imaginent choisir les programmes et les orientations stratégiques de leurs candidats et influencer les électeurs avec leurs tracts distribués sur les marchés ou dans les boites à lettres. "Le système est totalitaire", "pour s'imposer, il faut tuer", "on ne gagne pas une élection en se faisant aimer des électeurs mais en flinguant l'adversaire",  "Ils croient qu'une campagne, c'est de la pêche à la ligne,  en fait, c'est une partie de chasse", disait Pilhan, et ce livre le prouve.

Si Pilhan a gagné la réputation d'être un sorcier, c'est probablement qu'il maîtrisait mieux que d'autres les règles de ce système, pour déterminer le "positionnement symbolique" de ceux qu'il conseillait, "en prenant acte du triomphe de l'Emotion sur la Pensée, ou de la Séduction sur l'Illusion".

 

 

Citations de Jacques Pilhan :

 

"L'intelligence, c'est la simplicité" ; "Faire simple, il n'y a rien de plus compliqué"

 

"L'opinion change d'elle même l'image de celui qu'elle veut faire gagner".

 

"Tout homme porte en lui six ou sept visage différents. L'art de la communication c'est de trouver le bon, au moment juste. Car c'est toujours le plus efficace".

 

"Toute action,  même loupée,  laisse une trace"

 

"Parler au moment juste est supérieur à parler juste". "L'important n'est pas ce qui est dit mais ce qui est cru, non pas ce qui est compris mais ce qui est ressenti, non pas ce qui est vu mais ce qui est imaginé. La communication n'est pas un art de la compréhension mais une gestion de la sensation"

 

"Ce que tu es parle si fort que je n'entends pas ce que tu dis" ; "Lorsque le signifié vient contredire le signifiant, le téléspectateur ne retient qu'une seule chose : le double langage"

 

"Pas d'incarnation, pas de projet !"

 

"A la télé, le spectacle relationnel est plus fort que le contenu"

 

"Si on ne pratique pas l'exercice de la volonté, tout est toujours foutu"

 

 

Citations de l'auteur :

 

"Donner du temps au temps ; ancrer, dans le passé, la compréhension du présent ; ne jamais être là où on l'attend ; choisir le terrain de l'affrontement ; imposer son rythme et les armes de la bataille"

 

"Le désir suppose l'attente" ; "La rareté, ce ressort du désir"

 

"C'est la marque du chef que de pouvoir se taire,  tout en étant compris."

 

"Dans tout coup de foudre il existe une part de vanité partagée"

 

"L'invention de la modernité suppose une claire conscience des racines"

 

"Le message indirect ("on parle de moi" est plus puissant que le message direct ("je parle")

 

"Tout est d'apparence. Même la discrétion"

 

"Le geste est tout et le propos n'est rien"

 

"La campagne électorale proprement dite est une sorte de spasme bref et violent, qui relève autant de la technique guerrière que de l'acte amoureux : je te tue, je te prends"

 

"Le grand art, c'est de durer" (Metternich)

08:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique

17/01/2010

Borgia

Borgia

1er volume : Du sang pour le Pape

Alejandro Jodorowsky et Milo Manara

Editions Glénat

 

De quoi alimenter la terrible et sulfureuse réputation des Borgia.

De quoi comprendre également les critiques émît à l’époque contre la papauté, et l’extrémisme de Savonarole.

De la violence, du sang et du sexe. Descriptions des manœuvres de Rodrigo Borgia pour accéder au pouvoir suprême.

Premier album commun pour Jodorowsky, plus de 70 albums en collaboration avec divers dessinateurs, et Manara, rendu célèbre par « Le déclic ».

Pour public averti.

 

13:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, bd, histoire

16/01/2010

Le mystère de Tarn House

Le mystère de Tarn House

Titre original : « The Old Contemptibles »

Martha Grimes

Pocket policier n° 7185

 

“The old contemptible”, “les vieux méprisables”, désigne les vétérans de l’armée britannique de 1914/1918, suite au mot du Kaiser qui aurait parlé d’une “méprisable petite armée”. Dans le roman, c’est également le nom d’un pub de la région des lacs (nord ouest de l’Angleterre, terre d’élection des romantiques, lieu de prédilection des voyages de noces anglais, avant l’invention des vols « low cost ») où se déroule l’essentiel de l’action (dans la région, mais pas dans le pub). « Tarn House » qui a donné son nom à la version française est le manoir au bord d’un lac (« Tarn »),  où vit la riche famille qui vient de connaître quatre décès suspects, accidents, suicides…ou meurtres ? Mais le lieu essentiel n’est ni le pub, ni le manoir, mais « Castle Howe », luxueuse maison de retraite où s’est retiré le patriarche de la famille. Il détient encore la fortune. Il a pour copine une vieille dame à l’esprit agile. De vieux farceurs qui n’ont rien de « méprisables ».

 Pour celles et ceux qui aiment l’atmosphère « So british », indémodable, comme les vestes de tweed.

 

« L’âge était en ce lieu une épidémie contre laquelle personne n’aurait trouvé de vaccin »

08:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

14/01/2010

En Afghanistan

En Afghanistan

 

Rory Stewart

 

Prix "Témoin du monde" 2009 de "Radio France Internationale"

 

Editions Albin Michel

 

 

Une histoire de fou. Un jeune enseignant, ancien diplomate, fou de marche à pied, après avoir marché en Iran, au Pakistan, en Inde, au Népal, décide, dès que les talibans sont chassés du pouvoir en Afghanistan, d'accomplir le "chainon" qui lui manquait : la traversée, à pied,  d'Ouest en Est de l'Afghanistan, d'Hérat à Kaboul, par le centre, donc par les montagnes, en hiver, avec des cols à plus de 4.000 mètres d'altitude, sur les traces de Babur, le premier empereur moghol de l'Inde (début du XVIe siècle), demandant l'hospitalité chaque soir au nom de l'obligation islamique d'accueil de l'étranger.

"Les religions, comme les caravanes de chameaux, semblent éviter les cols de montagne".

 

Il en résulte une plongée dans les profondeurs de l'Afghanistan, là où il n'y a pas d'électricité, et où les copies de kalachnikovs sont quasiment les seuls signes de modernité, dans des villages dont les femmes ne se sont jamais éloignées de plus de quelques kilomètres. Elles ne sont pas voilées, mais ne restent pas seules avec les étrangers.

 

Traversée de l'Hazarajat, carrefour des cultures persane, hellénique et hindoue ("l'Afghanistan était le pays où le bouddhisme avait rencontré l'art de la Grèce d'Alexandre"),  le pays des Hazaras, descendants, depuis 1216,  des guerriers moghols de Gengis Khan, chiites, donc soutenus par l'Iran, mais minoritaires, pauvres,  et donc discriminés dans le reste du pays par leurs puissants voisins Tadjiks et Pachtouns. "Les Hazaras haïssent l'idée d'un gouvernement centralisé, parce qu'ils l'associent à la domination d'autres groupes ethniques".

 

Rencontres de seigneurs féodaux toujours en rivalités, sur fond d'occupations russe puis talibane, particulièrement sanglante. "Nulle part ailleurs en Afghanistan, la cruauté des talibans n'a semblé si totale ou si ethniquement orientée". "L'Occident a peu fait attention aux massacres des Hazaras. Ce qui l'émouvait, c'était la destruction des bouddhas de Bamiyan, ou le sort du lion du zoo de Kaboul". 

 

Contraste entre les villages montagnards et Kaboul. Critiques de la bureaucratie internationale et des ONG (sauf "Médecins Sans Frontières"). "La plupart des décideurs ne savent presque rien des villages où vivent 901% de la population".

 

 

 

"Personne n'exige davantage qu'une charmante illusion d'action pour le monde en développement"

 

08:37 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, afghanistan

13/01/2010

inventaires

Droit d'inventaires

 

François Hollande

 

Entretiens avec Pierre Favier

 

Editions du Seuil

 

 

Après onze années à la tête du PS (un record) François Hollande dresse les inventaires.

Sa carrière, après l'ENA,  commence à l'Elysée, comme conseiller du conseiller (Attali), puis directeur de cabinet de Max Gallo, tout en s'investissant sur le terrain électoral corrézien,  sur lequel il lui faudra de longues années d'efforts avant d'être couronné de succès.

Faute d'avoir préparé sa succession, ou par manque d'autorité politique pour le faire, son parcours de Premier Secrétaire s'est arrêté au Congrès de Reims.

 Ces inventaires prennent, bien évidemment une forme de justification, avec des éclairages pour aider à comprendre.

 

Il explique ce qu'il entend par " réformisme de gauche", indiquant des pistes pour l'avenir, dont il entend bien ne pas être absent. Il critique et fait des propositions, en particulier dans le domaine fiscal, une de ses spécialités ("Il est bien plus qu'un système de redistribution. Il donne à la société des leviers pour produire davantage et mieux."."Le rendement de l'impôt sur le revenu, en dix ans, a diminué de près de 30%").

 

Je m'inscris totalement en faux à l'égard de son affirmation selon laquelle : "les chefs de gouvernements (socialistes) répugnaient, sauf Jospin, à venir (aux réunions du Parti Socialiste Européen)". Je suis bien placé pour savoir qu'ils y venaient tous, avant chaque réunion du Conseil. Et si François Hollande a raison d'écrire qu'ils n'ont pas été capables "de prendre une initiative institutionnelle forte", c'est parce que leur priorité n'était pas institutionnelle mais la lutte contre le chômage qui les obsédaient.

 

C'est un livre d'entretiens, donc facile à lire, avec Pierre Favier qui était le représentant de l'AFP à l'Elysée pendant la "décennie Mitterrand", qu'il a décrite en quatre volumes.

 

Il manque à ce livre ce qui caractérise tant François Hollande : l'humour, dont je n'ai pas trouvé la moindre trace.

 

 

09:58 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, ps