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09/09/2015

L'âge d'or de la BD belge

La collection du musée des beaux-arts de Liège

Centre Wallonie-Bruxelles de Paris

(en face de Centre Pompidou)

Jusqu'au 4 octobre

 

Une centaine de planches originales, de l'immédiat après guerre à la fin des années septante.

Les plus grands : Hergé, Jacobs, Peyo, Franquin, Morris, etc. Une saine émulation entre ceux qui publient dans Tintin et ceux de Spirou.

J'ai particulièrement aimé les planches successives montrant le processus d'élaboration, depuis les esquisses jusqu'à la planche éditée.

Les agrandissements permettent de constater qu'il s'agit de véritables œuvres d'art, avec un dessin qui raconte une histoire autant que les "bulles" qui vont avec.

15:10 Publié dans expo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, expo

08/08/2015

Pennac + Cestac = duo gagnant !

Un amour exemplaire

Florence Cestac et Daniel Pennac

éditions Dargaud

 

Daniel Pennac raconte magnifiquement une histoire d'amour exceptionnelle, qui transgresse les barrières sociales, sans être mièvre,  et Florence Cestac la dessine avec son talent et son humour habituels.

J'ai découvert Florence Cestac avec son album "Le démon de midi" que j'ai trouvé irrésistible. Je me souviens d'un autre sur la ménopause . J'étais moins concerné, mais c'était drôle quand même.

Daniel Pennac est un auteur reconnu et prolixe, y compris pour la jeunesse. Prix du livre Inter ("La petite marchande de prose") et prix Renaudot ("Chagrin d'école"). Dans cet album, il montre toutes ses capacités d'imagination. Il avait déjà travaillé dans la BD avec deux albums de Lucky Luke.

Le résultat de l'addition de ces deux talents est un album jubilatoire, à lire et à relire.

 

"Un amour c'est comme un chien, faut le sortir souvent, sinon ça s'attaque aux pantoufles !"

 

 

 

20:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

29/07/2015

En Algérie, sur les traces familiales

L'Algérie, c'est beau comme l'Amérique

Olivia Burton et Mahi Grand

éditions Steinkis

 

Olivia est issue d'une famille "pied-noir". Son enfance et son adolescence ont été bercé de récits pleins de nostalgie d'un pays qu'elle ne connait pas. A la mort de sa grand-mère, elle retrouve le récit, qui lui est destiné, de ses cinquante années vécues "làs-bas".

Elle décide donc d'y aller. Non seulement à Alger, mais aussi dans les Aurès où se trouvait la ferme de 1.000 hectares de son grand-père, "parti de rien". Des histoires dignes de la conquête de l'Ouest américain.

Elle va "enfin, voir !". Et cela donne ce très bel album, bien raconté et bien dessiné, qui évoque l'histoire contemporaine, le décalage entre la mémoire idéalisée et la réalité,  et la beauté de paysages arides.

 

"Ils sont nés ici, ils ont grandi ici, ils ont aimé ce pays. A leur façon, ils sont Algériens." 

"Quand tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens"

19/07/2015

Mémoires d'Arméniens

Le fantôme arménien

Reportage de Laure Marchand, Guillaume Perrier, Thomas Azuelos

Dessin et couleur de Thomas Azuélos

éditions Futuropolis

 

Il y a un siècle,  plus de deux millions d'Arméniens vivaient dans les provinces de l'est de l'empire ottoman. La fin du XIXe siècle avait marqué l'intensification des persécutions et le début de massacres de masse. Pendant la première guerre mondiale, le gouvernement nationaliste "Jeune Turc" s'en est pris aux minorités, donc aux Arméniens.

En 1915, il y a donc un siècle, les Arméniens, à commencer par les notables, sont "jetés sur les routes, massacrés ou contraints à marcher jusqu'aux déserts de Mésopotamie, véritables mouroirs à ciel ouvert. Leurs biens sont systématiquement confisqués." "Mort progressive par épuisement, maladie puis liquidation par des escadrons de la mort lors de la longue marche en direction du désert syrien. Très peu y parviendront." "Le massacre est systématique". N'est-ce pas ce que l'on appelle un génocide ?

Le berceau historique des Arméniens est vidé de sa population. "Plus de la moitié est exterminée (entre un million et un million et demi) . La majorité des survivants est contrainte à l'exil." "Sans retour possible était inscrit sur leur passeport ottoman à leur départ. Ceux qui sont restés "se sont convertis pour survivre et ont vécu cachés, occultant leur culture, leur langue." "En Turquie, il fallait s'assimiler ou mourir." Leurs petits-enfants refont surface aujourd'hui.Mais leur agitation politique ne fait pas l'unanimité "dans une communauté pour qui le silence a toujours été la meilleure protection." "Abandonnées, les églises ont été livrées aux pillards. Il n'y a plus que des ruines."

Un photographe français, d'origine arménienne, a organisé, avec l'aide d'autorités locales, une exposition avec les photos d'identité de 99 de ces survivants, prise quand ils ont débarqué à Marseille, où l'accueil fut parfois rude ("Arménien, tête de chien, mange ta soupe et dis plus rien"). "Les photos étaient épinglées au niveau du coeur."

Ses compagnons de voyage ont longtemps hésité avant de se décider à se rendre sur la terre de leurs ancêtres , dans la Turquie de bourreaux.

"En 1915 les Kurdes ont collaboré avec les autorités ottomanes. Certaines tribus ont été le bras armé des génocidaires dans les régions où les peuples arménien et kurde vivaient côte à côte." "Les kurdes prennent peu à peu conscience de ce qu'ils ont fait aux Arméniens. Dans une région où les descendants des bourreaux et des victimes vivent ensemble, dans des villages où les familles sont liées, où tout le monde se connaît, les histoires de sauvetage sont nécessaires." Comme pour les Juifs, il y a eu des "Justes" qui ont sauvé des Arméniens du massacre. Les fonctionnaires dissidents furent tués.

 

Un très bel album, très émouvant , même pour qui n'a pas d'ascendant arménien.

 

16:11 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, arménie

12/07/2015

Les carnets de Joann Sfar

Si Dieu existe

Joann Sfar

éditions Delcourt, collection Shampooing

 

"Si Dieu existe, il ne tue pas pour un dessin". 

Joann Sfar ("le chat du rabbin" ; Gainsbourg en film ; actuellement dessinateur au Huffington Post) nous livre ses derniers carnets qui commencent par les carnages du 11 janvier de ses amis dessinateurs à Charlie.

Il y est beaucoup question de sa maman, décédée quand il avait quatre ans, de son papa, décédé peu de temps avant le 11 janvier, et des femmes. Avec des interrogations dignes de sa maîtrise de philosophie. 

"Ils croyaient s'en prendre à des dessinateurs, ils ont aussi tiré sur  l'islam". "Si des voix musulmanes s'élèvent pour apaiser l'islam, elles devront venir du Golfe, et disposer de beaucoup de pétrodollars." "Tant que le Prophète sera plus important que les hommes, on ne pourra rien construire."

"Aucun extrémiste juif n'a tué personne en France." "Ils étaient sur le sol français avant que la France existe, avant même qu'elle soit chrétienne." "Ethniquement, Israël, c'est le Brésil."

"Le Christ, pour aimer son prochain, il serre vachement les poings."

"Personne n'est obligé de croire en Dieu, ou de croire que Dieu est sacré." "Aucun Dieu ne pardonne celui qui abîme une tombe." "Je déteste que là où nous sommes, Jean-Paul Sartre ait raison : aujourd'hui, c'est bien l'antisémite qui fait le Juif."

"Sans les livres, on est plus humain"

"Si le questionnement s'arrête, nous mourrons en tant que civilisation." "Le futur n'est pas écrit. S'il est pourri, ça sera de notre faute." "Comment faire pour y croire encore ?"

"Tu ne dois pas laisser s'éloigner les enchantements du monde."

 

12:07 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd