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26/08/2021

Entre père et frère

Le silence des pères

Martin Gouesse

éditions Filature(s)

 

L'auteur, Martin Gouesse, est Normand et journaliste. Il met en scène un journaliste, grand reporter, qui retourne dans sa Normandie natale pour enquêter, après avoir été hospitalisé, victime du "syndrome post traumatique".

Son frère a mis ses pas dans les pas de leur père et a repris son étude de notaire.

Les eux frères sont différents et assez distants. Les reproches fusent, et les secrets de familles resurgissent. "Le silence des pères". Pas toujours glorieux pour leur notable de père qui aimait trop le casino.

 

"ils ont leur carte d'identité tatouée. Des toiles, des dômes, ils ont le corps recouvert de leurs exploits. Les "voleurs dans la loi" sont issus d'une fraternité née dans les goulags  dans les années 1930. La libéralisation de l'économie russe après la chute du Mur leur a permis de prendre un nouvel essor."

"Le dos de l'Ukrainien, torse nu, lui offre un tableau qu'il n'avait vu jusqu'ici qu'en photo. Une cathédrale orthodoxe et ses cinq dômes ne laissent pas un espace de peau libre. Le trafiquant est un véritable tableau ambulant."

"Ce trafic de cigarettes, c'est un manque à gagner de dix milliards d'euros par an pour les caisses de l'Europe" (à ma connaissance, les taxes sur le tabac ne vont pas dans les caisses de l'Union européenne, mais on comprend bien l'idée...)

"On épouse pas une fille pour sa façon de danser, même si "on danse comme on fait l'amour".

 

 

08:17 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar

24/08/2021

Mort mystérieuse en Afrique du Sud

La femme au manteau bleu

Deon Meyer

Série noire / Gallimard

 

Une femme est retrouvée morte sur le bord du muret d'un parking, le corps, complètement nu,  soigneusement lavé à l'eau de Javel.

La brigade criminelle des Hawks de Cape Town doit d'abord redonner une identité à cette personne. Il s'avère, au fil de l'enquête,  qu'il s'agit d'une Américaine dont le travail consistait à localiser des tableaux disparus, et qu'elle est experte en peinture de l'âge d'or hollandais.

Etait-elle sur la piste du tableau "la femme au manteau bleu" d'un élève de Rembrandt ? Est-ce pour cela qu'elle a été tuée ? Et par qui ?

Un petit polar étonament court.

 

"Elle lit de tout, mais elle a toujours le sentiment d'être en retard dans ses lectures, tant il y a de bons livres et alors qu'on a si peu de temps devant soi."

 

08:38 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, afrique du sud

22/08/2021

Afghanistan, avant la chute

L'espion français

Cédric Bannel

La bête noir / Roibert Laffont

 

"les talibans allaient reprendre le pays, c'était désormais une certitude, la seule inconnue était le temps que cela leur prendrait."

"Ces moments n'étaient qu'une parenthèse avant le drame inéluctable qui allait emporter l'Afghanistan. Il n'y aurait plus d'amour ni de coups de foudre. Plus de périodes heureuses."

"Les talibans allaient gagner, et la première chose qu'ils feraient serait d'enfermer les femmes indépendantes. Ensuite, ils briseraient ou tueraient les jeunes hommes occidentalisés"

"Les talibans vont gagner. Le régime va s'effondrer comme un château de cartes. Bientôt ils seront ici avec leurs corans et leurs turbans, et tout redeviendra comme dans les années 1990"

Ce livre malheureusement prémonitoire est sorti en mai de cette année !

Des infirmières japonaises sont enlevées. A Kaboul la police criminelle enquête pour retrouver les ravisseurs.

A Paris, un membre à la marge de la DGSE, comme Jack Ryan est à la marge de la CIA,  recherche les soutiens des ravisseurs. C'est lui qui donne le titre au roman, sans en être le personnage principal.

 

"Au milieu des armes, les lois se taisent" (Cicéron)

"Infirmières de Lucifer ! Ces femmes sont soudoyées par les Juifs pour injecter à nos frères des vaccins qui sont rien que des poisons, des filtres maléfiques qui contiennent de la gélatine de porc et des puces 5G.  Tout vaccin est une tromperie ! Tout vaccin est un fruit pourri , un complot des sionistes et des nazaréens ! Ils veulent contrôler le cerveau des vrais musulmans pour détruire leur foi." (dans la bouche du mollah chef des talibans)

"Un facilitateur chargé par DAECH d'aider ses fidèles à fuir la Syrie et l'Irak pour l'Afghanistan ou la Libye, les deux seuls territoires vraiment sûrs pour eux aujourd'hui."

"Elle avala une gorgée de thé, se demandant comment un établissement pouvait vendre 18 euros un sachet de deux grammes de thé et une théière d'eau chaude tout en continuant malgré tout à avoir des clients."

"les enlèvements étaient devenus un vrai business. Près de neuf cent cas, rien que sur Kaboul l'année précédente."

"les frères d'armes de l'ancien lion du Panchir formant une fraternité très particulière, unie par les années de lutte acharnée contre les Russes, puis contre les talibans."

"Les groupes talibans les plus puissants étaient financés directement par les services secrets pakistanais, parfois en afghanis mais le plus souvent en roupies pakistanaises."

"Il ne lui serait pas venu à l'idée de privilégier son allégeance au gouvernement au détriment de celle de son clan. Ainsi fonctionnait l'Afghanistan depuis des millénaires. Aucun envahisseur, aucun législateur ou homme d'Etat n'avait jamais pu rien y changer."

"Tout le monde, dans les forces d'élite, savait que le syndrome post traumatique était responsable de la majorité des arrêts forcés de carrière, plus que les blessures au combat."

 

19/08/2021

Le psy enquête

Le cercle des rêveurs éveillés

Olivier Barde-Cabuçon

Série noire / Gallimard

 

Paris 1926. "Les années folles", marquées par le souvenir très présent de la tuerie de 14/18. Olivier Barde-Cabuçoj a donc abandonné le XVIIIe siècle pour une période plus récente qui voit se développer la psychanalyse. Les rêves entrouvrent la porte de l'inconscient. Les "rêveurs" du roman se réunissent en cercle pour raconter ce qu'ils ont retenu de leur dernier rêve. Quand l'un entre eux meurt la gorge tranchée, comme il l'avait rêvé, un psychanalyste élève de Jung enquête. Il rencontre toute une galerie de personnages : poète surréaliste, journaliste délurée, peintre d'avant garde, industriel récoltant des fonds pour les fascistes, et surtout une Russe "blanche" qui ment comme elle respire.

Le dénuement rappelle Agatha Christie : les membres du cercle entoure le psy qui décrit à chacun(e) les raisons de tuer la victime. Et à la fin, le coupable est confondu.

 

"Il parait qu'on a fait combattre jusqu'à sept cent mille hommes de nos colonies pendant la guerre et que plus d'un sur dix n'en est pas revenu."

"Les repas ont toujours été marqués par une connotation forte de l'ordre social."

"Après l'armistice, le monde avait encore connu vingt-sept conflits."

"Au terme de la Convention gréco-turque de 1923, plus d'un million de Grecs orthodoxes ont dû quitter leurs terres orientales pour la Grèce tandis que quelques centaines de milliers de musulmans effectuaient le trajet inverse. Puis ce fut le tour des Arméniens rescapés du génocide de 1915 et spoliés de leurs biens par le nouvel Etat turc de Kemal. "Ce que Kémal a pris par la force, on le lui a concédé officiellement par traité en 1923."

"Il y a bien un jour dans sa vie où on n'a plus que ça, des souvenirs."

 

 

 

08:21 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar historique

16/08/2021

Dujardin en OSS

Alerte rouge en Afrique noire

de Nicolas Bedos

scénario Jean-François Halin

avec Jean Dujardin, Pierre Nimey, Fatou N'Diaye

 

Troisième film pastiche d'OSS, et de James Bond.

Jean Bruce est décédé, au volant de sa Jaguar, en 1963. Nous ne devons pas être très nombreux à avoir lu quelques uns de ses 90 romans lors de notre adolescence. Le héros est Hubert Bonisseur de la Bath qui travaille pour l'"Office of Strategic Service" (OSS) américain, l'ancêtre de la CIA, et non pas pour le SDECE français, le précurseur de la DGSE.

Nicolas Bedos est le digne fils de son père Guy, le roi d'un second degré qui combat la misogynie et le racisme. Il met dans la bouche du héros de telles énormités qu'il est difficile d'ignorer le message. J'espère que personne ne prend au premier degré ses réflexions !

L'intrigue est minimale : l'agent spécial est chargé d'aider un dictateur africain à se faire réélire avec plus de 80% des suffrages dans des élections "libres et transparentes", contre les rebelles communistes. Ordinaire de la "Françafrique"...

L'action se passe en 81. Impossible de ne pas sourire en entendant les âneries de la droite de l'époque qui brandissait la menace des chars russes à Paris en cas de victoire de François Mitterrand. Souvenirs, souvenirs...

 

16:10 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma