12/12/2007
Services publics : que va faire la France pendant sa Présidence de l'Union européenne ?
La Commission européenne prend prétexte du projet de protocole (n°9) annexé au futur Traité pour refuser de légiférer en matière de services publics.
En écartant la perspective d’un texte-cadre à vocation horizontale sur les services publics, pourtant sollicité par les conclusions des Conseils européens de Laeken de 2001 et de Barcelone en 2002, la Commission européenne campe ostensiblement sur une fin de non-recevoir. Cette attitude expose la ratification du futur projet de Traité à un nouveau malentendu, entre l’incontestable progrès juridique qu’il constitue et la crispation idéologique de la Commission européenne.
Ce choix est d’autant plus regrettable que le contentieux juridique qui oppose la Commission européenne aux pouvoirs locaux français et espagnols, sur le statut des intercommunalités (considérées comme des entités juridiques indépendantes des communes, devant être mises en concurrence !), démontre sans appel la nécessité et l'urgence d’une clarification juridique en la matière.
Il est extrêmement douteux que le projet de futur Traité qui affiche un esprit "législateur" à son article 14, en même temps qu'une philosophie résolument "subsidiaire" dans son protocole n°9 y suffise.
Face à cette obstruction manifeste de la Commission européenne à l’égard des services publics, il est légitime d'attendre de la Présidence française de l’Union européenne, au second semestre de 2008, une initiative sans ambigüité en faveur d’une Directive-Cadre sur les services publics.
08:25 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (6)
11/12/2007
Politicien !
Quelle politique pour le candidat politicien ? Politicien est un adjectif dédaigneux pour parler de ceux qui font de la politique sans principes. Politicien, je pense ne l'avoir jamais été, même quand j'étais un "apparatchik" du socialisme européen. Militant politique, socialiste, je l'ai été dès la première candidature de François Mitterrand à l'élection présidentielle, en 1965 (j'avais 16 ans...). Conseiller municipal politique, mais non sectaire, je l'ai été également, car mes propositions et mes oppositions formulées au sein du Conseil trouvaient leurs racines dans mes convictions profondes. Est-il possible d'imaginer un candidat plus politicien qu'un candidat imposé par l'appareil d'un parti politique ? Un candidat au langage variable, selon les interlocuteurs ? Un candidat qui multiplie les mensonges ? Un candidat qui n'a jamais daigné militer pour ses idées ? Je n'en suis pas, je n'envie pas...
08:15 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (2)
10/12/2007
Services publics
Le Groupe socialiste au Parlement européen a exprimé sa profonde déception suite au refus du président de la Commission européenne d'envisager une législation cadre pour clarifier les règles de fonctionnement et de financement des services d'intérêt général au sein du marché intérieur.
Les déclarations aujourd'hui du Président de la Commission qui ne juge plus "utile" l'adoption d'une législation transversale sur les services publics sont une véritable provocation.
Les incertitudes juridiques pour les services d'intérêt général doivent être levées. A la demande des fournisseurs de services, des usagers et régulateurs, nous bataillons depuis six ans pour obtenir une législation-cadre au niveau de l'Europe.
Pour nous Socialistes, le nouvel article 14 et le protocole sur les services publics introduits par les 27 chefs d'Etat et de gouvernement dans le nouveau Traité de Lisbonne offrent une base juridique claire pour l'adoption d'une législation cadre.
Les nouvelles dispositions du Traité de Lisbonne, loin de clore le débat ouvre au contraire la discussion.
L'accès de tous à des services publics de qualité est un droit fondamental et l'un des piliers de notre modèle social européen.
Le groupe socialiste, aux côtés des partenaires sociaux, de la société civile et des autorités régionales et locales, poursuivra sa campagne en faveur d'un cadre juridique européen pour les services publics. L'Europe doit tenir compte des craintes de ses citoyens et accepter la responsabilité d'un nouveau succès de l'intégration européenne.
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09/12/2007
le compteur du blog (novembre)
En novembre, le compteur est rarement tombé sous la barre des 50 mais il a eu des "accès de fièvre", dépassant même, à deux reprises, la barre des 100 visites par jour : à l'occasion de l'annonce de la candidature de Maïtena à l'investiture socialiste pour l'élection cantonale, et pour mon "billet" Kigali/ Aire / Beyrouth, qui n'a pas grand chose à voir...
Un record est battu ce mois ci : plus de 6.000 pages consultées, soit 200 par jour ! Ce qui prouve que les visiteurs (650 en novembre) ne se contentent pas de lire le "billet du jour"...
08:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)
08/12/2007
Itinéraire d'un salaud ordinaire
Didier Daeninckx
Editions Gallimard
Didier Daeninckx s'est fait connaître par ses romans policiers, très engagés politiquement, à gauche. Il a obtenu le "Grand prix de la littérature policière", et le prix "Paul Vaillant-Couturier", en 1984, pour "Meurtres pour mémoire" (Série noire n°1945 et Folio policier n°15). Il est proche du Parti Communiste et le fait savoir. Pour engagés qu'ils soient ses romans n'en sont pas moins agréables à lire.
Cet "Itinéraire d'un salaud ordinaire" est le déroulement de la carrière brillante d'un fonctionnaire de police "apolitique" (donc de Droite), de qualité, au service de sa hiérarchie et des pouvoirs successifs (jusqu'en 1981 !).
Embauché en 1942, il est donc d'abord au service du régime de collaboration avec l'occupant, y compris pour rafler les juifs et les rassembler au "Vel d'hiv", quand "de paisibles policiers français se sont mués en remarquables chasseurs de gibier humain, avec l'aide du zèle dénonciateur d'une frange de la population".
Spécialiste de la lutte anti-communiste, ses compétences sont appréciées dès que la "guerre froide" commence.
Puis en 1968 contre les gauchistes. Toujours au service d'un vaste ensemble répressif.
Les techniques de manipulation policières sont décrites, en particulier les chantages (sexe, argent, drogue, par ordre d'importance, avec des passerelles de l'un(e) à l'autre).
Selon l'auteur, l'assassinat de Jacques Mesrine a été organisé pour détourner l'attention du public un peu trop intéressé par les meurtres des ministres ou anciens ministres Boulin, De Broglie, Fontanet.
Impossible de ne pas penser à l'itinéraire de Maurice Papon, fonctionnaire irréprochable dans l'accomplissement des tâches qui lui étaient confiées. Il sera même ministre. Et René Bousquet, Secrétaire général de la Préfecture de police pendant la guerre. Les deux apparaissent dans le livre.
Petit détail historique : contrairement à ce que dit l'auteur, l'université de Vincennes n'a joué aucun rôle en mai 68, pour une raison simple : elle n'a été créée qu'après, par Edgar Faure, à l'automne suivant, dans des locaux provisoires (elle est aujourd'hui à Saint Denis), comme réaction à ces "évènements", pour sortir du mandarinat universitaire. Je sais : j'y étais : c'était la seule université qui favorisait la vie des étudiants salariés.
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