24/11/2007
Le chat botté
Patrick Rambaud
Editions Grasset
9 Thermidor An II / Ventôse An IV
Je ne suis pas un admirateur de l'épopée napoléonienne. C'est peut-être pour cela que j'avais apprécié "La bataille", roman qui racontait la bataille d'Eylau, boucherie qui marquait "le début de la fin", et pour lequel Patrick Rambaud avait obtenu le prix Goncourt et le "prix du roman de l'académie française".
Dans la même veine il a écrit, et j'ai lu, avec plaisir : "Il neigeait", qui raconte la campagne de Russie (Prix "ciné roman / carte noire"), puis "L'absent" qui raconte l'exil à Saint Hélène.
Le dernier, (pour l'instant ?) de la série fait un "flash back" en parlant de cette période troublée, disputée entre jacobins et royalistes, pendant laquelle "des massacres nouveaux répondent aux massacres anciens", de la chute de Robespierre jusqu'au mariage de Napoléon, à travers la vie du jeune (25 ans) général d'artillerie aux dents longues, qui "monte" à Paris, ressemblant à un "chat botté", selon la future Duchesse d'Abbrantes.
Pour satisfaire son ambition, et mettre son talent en évidence, le jeune homme a des principes très simples :
- s'appuyer sur des relations utiles (il a connu Barras au siège de Toulon) ;
- utiliser les femmes ("on arrive d'abord par les femmes", disait-il) : c'est ainsi que Barras se débarrasse de la veuve de Beauharnais, Rose, future Joséphine, en faisant croire à Napoléon qu'elle est noble et riche. Ces femmes, comme dit l'auteur "importantes comme des hommes avant la grande nuit misogyne venue d'Orient, qui tomba sur la Grèce à la mort d'Hérodote, et transforma les femmes en putains ou en mères" ;
- utiliser les hommes : "il y a deux leviers pour soulever les hommes : l'intérêt et la peur" ;
- faire de la politique sans convictions politiques ("le général saluait l'absence de morale en politique"), avec cynisme et opportunisme : il fait croire aux royalistes qu'il a refusé d'aller se battre contre les Vendéens par sympathie (alors qu'il n'a refusé le poste de général d'infanterie en Vendée que parce qu'il le jugeait indigne d'un général d'artillerie)...jusqu'au moment où il les massacre devant l'église Saint Roch le 13 Vendémiaire.
Nommé gouverneur militaire de Paris, "son premier travail fut d'enrichir sa famille et ses fidèles".
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23/11/2007
Divergences au Parlement européen
Le renforcement de la politique sociale de l'Union est l'enjeu d'un "bras de fer" entre les députés socialistes et la droite au Parlement européen.
Les députés socialistes ont vivement critiqué aujourd'hui l'attitude des députés conservateurs et la Commission qui refusent obstinément de renforcer les objectifs sociaux de la politique économique de l'Union, lors d'un débat organisé sur le défi de la Mondialisation.
Les Socialistes ont notamment dénoncé les excès de cette mondialisation marquée par la spéculation financière avec des privilégiés qui s'enrichissent et des salariés consommateurs qui s'appauvrissent.
Il existe un énorme fossé entre ce que pense la droite et le groupe socialiste. La politique économique et financière commune doit s'orienter vers le progrès social.
L'Europe doit veiller à ce que le progrès économique dans le monde conduise à plus d'équité, d'égalité, de droits dans le monde. C'est ça une véritable politique sociale.
Tous les sondages le confirment. Les citoyens veulent davantage de social, plus de sécurité, plus de pouvoir d'achat et de meilleurs services publics.
L'économie européenne marque le pas. La Commission révise ses prévisions économiques à la baisse. Mais la politique proposée par la même Commission se contente d'incantations.
La globalisation est un processus nécessaire notamment pour permettre aux pays les plus pauvres d'accéder aux échanges internationaux et de relever ainsi le niveau de vie de leurs populations.
Mais ne soyons pas dupes des slogans. Le marché parfait cher aux Libéraux n'existe pas alors que des millions de consommateurs s'enfoncent dans l'endettement.
La stratégie de Lisbonne a permis d'augmenter la croissance et l'emploi mais tous n'en ont pas profité.
En réalité l'écart s'est creusé entre les salariés formés et ceux n'ayant pas de formation.
72 millions de personnes vivent dans la pauvreté qu'il y a en Europe dont 14 millions de pauvres qui travaillent.
Il faut que la nouvelle génération d'instruments économiques mette l'accent sur l'inclusion sociale et la protection sociale.
Il faut critiquer également le manque d'ambition de la Commission européenne, un programme social très maigre, très faible et qui ne dit rien de la direction à prendre.
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22/11/2007
Afrique et expérimentation de médicaments
Martin Winckler
Editions : Le cherche midi
Collection Néo
Comme beaucoup, j'ai découvert Martin Winckler à l'occasion de "La maladie de Sachs", prix du "livre Inter" 1998, réédité dans la collection "Folio" et ayant donné lieu à une adaptation cinématographique.
Je ne sais pas si Martin Winckler exerce toujours la médecine, mais il écrit, beaucoup et assez bien, et ses romans, tendance "policiers", dénoncent sans relâche le mauvais mariage entre la recherche médicale et les profits : "Touche pas à mes deux seins", "Mort in vitro", "Les trois médecins", "Camisoles", pour ne citer que ceux que j'ai lus.
Il n'est pas surprenant que cela l'ait amené à écrire un roman policier qui fasse directement allusion aux expérimentations médicales en Afrique.
John Le Carré l'a fait avant lui dans "La constance du jardinier" (adapté au cinéma).
Comme Martin Winckler est également un passionné de séries télévisées anciennes, ce roman s'inspire de la série "Le prisonnier", dont je n'ai pas beaucoup de souvenirs, car, à l'époque, je n'avais pas la télévision. C'était en noir et blanc, il y a moins d'un demi siècle...
08:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)
21/11/2007
Aviation et effet de serre
Le Parlement européen a adopté, en première lecture, un rapport visant à intégrer l'aviation dans le système européen d'échange d'émissions de CO2. Comme pour d'autres rapports (Pesticides, CO2 voitures), la résistance de la droite parlementaire a considérablement édulcoré les ambitions de ce texte par rapport aux objectifs du Protocole de Kyoto et à fortiori à ceux du Grenelle de l'environnement français.
Aujourd'hui les transports ne sont pas intégrés dans le système européen d'échange d'émissions contrairement à des secteurs tels que l'énergie, la fabrication de cartons, etc. Bien que le secteur de l'aviation ne représente que 3% des émissions de CO2 actuellement, ces émissions ont quasi doublé depuis 1990 et devraient s'accroître fortement d'ici 2020.
Ce vote introduit à partir de 2011 des quotas d'émissions de CO2 à hauteur de 90% des émissions du secteur de l'aviation entre 2004 et 2006. De plus, il instaure que 25% de ces quotas seront mis aux enchères entre compagnies aériennes. 75% seront attribués gratuitement aux compagnies. Espérons qu'elles ne les feront pas payer aux consommateurs, engrangeant ainsi des profits indus.
Comme dans l'industrie actuellement, une compagnie aérienne "polluante" pourra ainsi acheter des droits d'émissions à des compagnies plus "vertueuses".
Ce vote a le mérite d'exister mais comment ne pas regretter que le Parlement européen n'ait pas adopté une position plus ambitieuse face au conservatisme du Conseil ?
07:55 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0)
20/11/2007
Décisions
La Voix du Nord :
ML : "Le canton est réservé, depuis longtemps, et les candidats le savaient"
L'Echo de la Lys :
ML : "La fédération pourrait décider"
L'Indépendant :
La Fédération départementale du PS : "la décision a été prise en concertation avec le député".
Heureusement qu'il n'y a que trois journaux locaux...
Tentative de reconstitution du crime :
1) Le Premier Secrétaire de la Fédération donne carte blanche à chaque député(e) pour faire ce qu'ils/elles veulent dans leur circonscription.
2) Probablement "depuis longtemps" le député de notre circonscription a donné l'assurance à une personne extérieure au PS qu'elle aurait la tête de liste et l'investiture aux cantonales : c'est pour cela que cette personne n'a pas daigné répondre à ma proposition de négociations, il y a plus d'un an.
3) La minorité de la section a persuadé le député et cette personne, qui ne demandaient qu'à être convaincus, qu'ils étaient majoritaires, et donc qu'il n'y aurait que peu de problèmes internes.
4) Un sondage a été commandé pour servir d'argument décisif auprès des militant(e)s qui auraient du être admiratifs et se rendre à l'évidence. La décision du député devait effectivement être déjà prise, et validée par le Premier Secrétaire fédéral, puisque, pour les intentions de votes, un seul nom était proposé aux sondé(e)s : celui de la personne imposée.
5) Malheureusement les résultats du sondage n'ont pas répondu, du tout, aux espérances des commanditaires. Pire même, pour eux : bien que n'étant candidat à rien, je devance largement la personne devant être imposée, aussi bien en notoriété qu'en "bonnes opinions" (voir l'Echo de la Lys de jeudi dernier).
6) Les résultats du sondage sont tenus, presque, secrets et la décision prise "depuis longtemps" est maintenue par ses promoteurs.
7) Tout ça devait être "légalisé" par le Conseil fédéral du 19 novembre.
8) Seul problème : autant, pour la ville, la décision peut être postérieure au vote des militants, pour les cantonales, l'article 7.15.2 du "Règlement intérieur du PS" dit très clairement : "Sauf litige ou contentieux liés à la régularité des opérations de vote, le Conseil fédéral entérine le vote des adhérents".
9) Il aurait donc été nécessaire de faire "réserver" le canton, par le Conseil fédéral, seul organisme statutaire habilité à le faire, avant le vote des militants.
10) D'où la nécessité de "bloquer", en catastrophe, d'empêcher, le vote des militants sur les candidat(e)s à l'investiture du Parti: d'où l'annonce mensongère dans La Voix du Nord et la pression sur le Secrétaire de la section du canton pour annuler le vote.
Conclusions : tirez les vous mêmes !
08:20 Publié dans vie locale | Lien permanent | Commentaires (7)


