27/10/2010
Gaza 1956...et aujourd'hui
Gaza 1956
En marge de l'Histoire
Joe Sacco
Editions Futuropolis
1956 : pour les Français, cela évoque Guy Mollet chef du gouvernement, et l'expédition commune avec les Britanniques, et les Israéliens, sur le canal de Suez, puis le repli piteux sur ordre des Américains.
En marge de cette opération militaire, lors de la retraite de l'armée israélienne, dans la bande de Gaza, en particulier dans le camp de réfugiés, naufragés de la guerre de 1948, de Khan Younis et à Rafah, plusieurs centaines de palestiniens (275 selon les observateurs de l'ONU que l'armée israélienne empêchait de se déplacer) sont massacrés, certains éléments de l'armée israélienne, ouvrant le feu sur la foule, ou fusillant les hommes rassemblés dans un stade, alors que les combats avaient cessé.
Joe Sacco nous amène, par des dessins très sombres, dans la bande de Gaza d'aujourd'hui, surpeuplée et sans ressources, à la recherche des souvenirs de ce drame qui résume, trop bien, le drame palestinien car "ces tragédies contiennent les graines du chagrin et de la colère qui façonnent les évènements du présent", alors que se poursuivent les destructions massives de maisons palestiniennes.
Un livre engagé, comme peut l'être le témoignage sincère d'un artiste, et le travail de recherche d'un historien, "pour ceux qui veulent comprendre pourquoi et comment la haine a été plantée dans les cœurs".
10:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : bd, histoire
30/09/2010
les Templiers
Les templiers
Légendes et Histoire
Thierry Leroy
Editions "Imago"
L'auteur, qui prépare sa thèse sur les premières implantations templières en France, a déjà écrit un livre sur le fondateur de l'ordre du Temple, Hugues de Payns.
Il rappelle les grandes lignes de l'Histoire de l'ordre, depuis sa fondation, au début du XIIe siècle, jusqu'à sa destruction par Philippe le Bel, deux siècles plus tard.
Pourquoi tant de légendes autour des Templiers ?
Parce qu'il s'agit du premier ordre monastique combattant, non seulement par la prière, mais aussi par l'épée.
Ils avaient pour "père spirituel" Bernard de Clairvaux qui considérait que l'on peut tuer son ennemi si celui-ci est l'ennemi de la foi car cela rapproche de Dieu (les islamistes n'ont rien inventé...), mais Bernard insistait également sur l'importance de l'érudition.
Ces moines soldats étaient des combattants d'élite. Des milliers d'entre eux sont morts sur les champs de bataille.
Ils étaient un lien entre l'Orient, mystérieux, et l'Occident.
Ils avaient des rites initiatiques, plus ou moins secrets, et donc là encore mystérieux.
Ils étaient immensément riches, avaient des milliers de propriétés agricoles dégageant des bénéfices, les puissants leur confiaient leur argent, ils étaient officiellement les trésoriers du Pape, et pourtant leurs caisses étaient vides au moment de l'interdiction de l'ordre.
Ils sont morts en martyrs par la volonté du roi de France et la lâcheté du Pape.
Il évoque quelques hypothèses émises par des romanciers concernant les Templiers et surtout leur trésor, démolissant allègrement, en historien, la plupart d'entre elles :
Les Templiers n'ont jamais été accusés d'hérésie.
Aucune accusation de collusion avec l'Islam ne figure dans les procès-verbaux du procès. Aucune preuve n'a été trouvée concernant un lien entre les Templiers et la secte musulmane des Assassins.
Le seul point commun avec les Cathares est d'avoir été persécutés par un roi de France ("Saint" Louis pour les Cathares, Philippe le Bel pour les Templiers).
Les Templiers utilisaient un langage symbolique, comme l'ensemble de la société médiévale, et en particulier l'Eglise.
Le christianisme teinté de croyances païennes ancestrales n'est pas l'exclusivité des Templiers, surtout au Moyen-âge.
Les mystères de Rennes-le-Château sont des fables inventées par un ingénieux hôtelier local.
Les groupes qui déclarent être les héritiers spirituels des Templiers basent leurs théories sur des fables.
L'absence quasi totale de sources fiables et de documents écrits a laissé le champ libre à des traditions orales déformées et amplifiées.
08:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire
17/06/2010
Méditerranée
Histoire de la Méditerranée
John Julius Norwich
Editions Perrin
Carrefour de trois continents, la Méditerranée a une histoire agitée.
L'auteur est un spécialiste de Venise. Cela se sent, et j'ai ai appris un peu plus sur cette République, et ses possessions méditerranéenne (Corfou, Crète, Chypre...).
Toute l'Histoire de la Méditerranée en 750 pages, cela implique, obligatoirement, de nombreux raccourcis arbitraires. Ce qui parait essentiel pour l'auteur, ne l'est pas toujours pour chacun d'entre nous.
Ce livre est une succession de batailles, maritimes ou terrestres. Rien ne nous est épargné de l'âge des capitaines, mais les grandes tendances sont plus difficiles à discerner.
Personne n'est obligé de se rattacher à l'école historique des "Annales", mais j'ignorais que l'on pouvait encore raconter l'Histoire de cette façon, trop évènementielle à mon goût...
"J'ai aimé la droiture et haï l'injustice ; c'est pourquoi je meurs en exil" (Grégoire VII, Pape, 1085)
"Toute la croisade n'avait été qu'un monstrueux exercice d'hypocrisie : les motivations religieuses n'avaient servi de prétexte qu'à cacher un impérialisme sans vergogne"
"Les croisés de la quatrième croisade détruisirent le seul puissant bastion chrétien, la seule barrière de l'Europe contre la vague musulmane" ; "Jamais dans l'Histoire on avait détruit tant de beauté, tant d'art en si peu de temps"
"La sainteté va rarement de pair avec l'intelligence" (à propos de Saint Louis)
"Les Vénitiens et les Génois étaient comme les doigts de la main avec le Sultan : ils faisaient commerce de tout"
"Chez les Templiers, non seulement la sodomie était permise, mais elle était activement encouragée. Les enfants légitimes qui en résultaient..." (Sic ! ??? si quelqu'un(e) peut m'expliquer comment des enfants peuvent naître de la sodomie ?...)
"Lord Byron ne mourut pas en vain. Il avait attiré l'attention de l'Europe sur le combat des révolutionnaires grecs. La guerre d'indépendance grecque fut tout sauf romantique, marquée par une cruauté, une violence et une barbarie d'une ampleur inégalée depuis plusieurs siècles".
"Dans le cœur des dictateurs, la gratitude n'est pas le sentiment le plus fréquent"
08:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire
14/02/2010
Putain de guerre
Putain de guerre
1917-1918-1919
Tardi et Verney
Editions Casterman
Deuxième tome de Tardi et Verney sur la première guerre mondiale.
Avec, pour illustrer le texte de l’historien Jean-Pierre Verney, des photos du « musée de la grande guerre de Meaux ».
Un album essentiellement en noir et blanc, avec, par moments, du rouge, à la fin un peu plus de couleurs, et le graphisme implacable de Jacques Tardi.
C’est 1917, la lassitude, les refus de monter en première ligne qui sont qualifiés de « mutineries » et conduisent souvent au peloton d’exécution.
Sept mois de boucherie pour aller de Craonne au « chemin des dames », et l’envoi à Limoges de Nivelle, « limogé ».
Notre allié russe qui cesse les combats après la révolution bolchévique.
L’arrivée, à partir de juin, des Américains, par bateaux entiers. La dernière grande offensive allemande, avec des canons à longue portée, avant d’être surpassés.
A partir de septembre 1918, l’avancée des alliés sur tous les fronts.
Et enfin, à la onzième heure du onzième jour du onzième mois, l’armistice, la fin de la guerre.
Une bonne idée de ne pas s’arrêter là : la grippe « espagnole » qui fait des ravages, les « gueules cassées », l’inventeur, allemand, des gaz de triste mémoire dans les tranchées, qui reçoit le prix Nobel de chimie...
« Les cloches et les chants patriotiques, les farandoles et les pitreries, ne se justifient pas plus après quatre ans de guerre que les chansons grivoises à la fin des repas d’enterrement. »
Paul Valéry peut écrire : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ».
08:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature, histoire, bd
31/01/2010
une histoire alternative des Etats-Unis
Une histoire populaire de
L’empire américain
Howard Zinn, Mike Konopacki, Paul Buhle
Editions Vertige graphic
Il s’agit de la mise en bandes dessinées, en noir et blanc, par le dessinateur Mike Konopacki, du livre du professeur de sciences politiques à l’université de Boston, Howard Zinn, sous la direction de l’éditeur et scénariste Paul Buhle.
Histoire « Populaire » ? Tout dépend du sens que l’on donne à ce mot, car il faut bien du courage pour prendre à « rebrousse poil » l’orgueil démesuré des Américains pour leur pays. Histoire « radicale » assurément que ses adversaires dans le pays traitent probablement de « communiste », mais qui devrait avoir du succès dans les pays où le sentiment anti-américain est aussi présent que le coca-cola.
« Tout au long de notre histoire, notre armée n’a pas été utilisée pour des objectifs moraux mais pour étendre le pouvoir économique, politique et militaire. »
Tout y passe pour démontrer cette phrase : la guerre américano-mexicaine de 1846, les guerres indiennes (massacre de Wounded Knee en 1890), la terrible répression des grévistes en 1892, les 103 interventions américaines dans d’autres pays entre 1798 et 1895, Cuba, les Philippines, la Première guerre mondiale, « une aubaine pour les industriels et les banquiers des Etats-Unis, le massacre des mineurs grévistes du Colorado, la ségrégation et la lutte pour les droits civiques, le Vietnam, bien entendu, la lutte contre les progressistes latino-américains, au profit des pires dictatures, pour finir par l’Irak et une conclusion : « Qu’est-ce qu’un Empire sans guerre ni conquête ? ».
Le parti-pris est évident, mais, en face, la propagande est tellement puissante et systématique…
08:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd, histoire


