30/09/2014
Le ras-le-bol des poilus
Le chant du cygne
Scénario Xavier Dorison et Emmanuel Herzet
Dessin : Cédric Babouche
éditions Le Lombard, collection "Signé"
Avril 1917, la guerre dure depuis bientôt trois ans. Trois ans de promesses d'offensive décisive qui mettra fin à la guerre. Trois ans de gâchis et de milliers de morts en attaques autant inutiles que meurtrières.
Les "poilus" n'en peuvent plus. Une pétition circule. Un rêve d'intervention à l'Assemblée nationale pour que l'état-major change de tactique.
Les meneurs sont passés par les armes.
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29/09/2014
Pourquoi nous sommes les seuls humains sur terre
Survivants
Chris Stringer
nef essais Gallimard
Chris Stringer est chercheur au National History Museum de Londres. Il décrit les progrès scientifiques qui permettent de mieux connaître nos ancêtres, mais aussi toutes les questions qui obligent à des hypothèses, écartant des certitudes qui pourraient être remises en cause par de nouveaux progrès, par de nouvelles découvertes archéologiques.
Pourquoi sommes-nous les seuls humains sur terre ?
"La supériorité comportementale des hommes modernes sur les autres espèces humaines est la principale raison de notre succès et de leur échec ?"
"Nos gros cerveaux ont évolué du fait d'une sélection pour la vie en groupes nombreux."
"Les humains nécessitent et développent des liens sociaux beaucoup plus durables."
"Notre espèce a commencé son expansion victorieuse grâce au progrès toujours plus rapide de son évolution, non pas physique, mais culturelle."
"Les rituels ont fourni le moyen de diriger le comportement collectif, de désamorcer les conflits et les tensions, et de rendre possible des interactions encadrées et contrôlées."
"L'extinction est une expérience évolutive ratée."
"En matière d'évolution la différence est parfois étroite entre échec et succès. Nous sommes sur le fil du rasoir. Il reste à espérer que notre espèce sera à la hauteur des défis à venir."
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22/09/2014
Caricatures et propagande de la grande guerre
Baïonnette aux crayons
Jean-Pierre Auclert
Sélection de plus de 450 illustrations
éditions Gründ
Pendant que les "poilus" combattaient, il était indispensable de s'occuper du moral de "l'arrière". Rien de tel, pour montrer que la guerre est juste, que de caricaturer l'ennemi. Celle de "Germania" qui se trouve en couverture est particulièrement sévère. Les caricatures avaient également pour but de convaincre les pays neutres.
Les caricatures françaises constituent la majorité de la sélection présentée dans l'ouvrage. Les "Boches" sont des "barbares", les nouveaux Huns.
Des preuves : le bombardement de la cathédrale de Reims, le Lusitania envoyé par le fond avec 1 200 personnes, dont, comble de l'horreur, 118 Américains, les atrocités en Belgique, pays neutre, l'infirmière Edith Cavell fusillée...
Le Kaiser est "la personnification de l'ennemi honni". Le Kronprinz qui "commandait les terribles "Hussards de la mort" à Verdun" est présenté comme un débile et un voleur. Ferdinand de Bulgarie, petit-fils de Louis-Philippe par sa mère est un traître, puisqu'il a choisit l'autre camp. Idem, à rebours pour l'Italien Victor-Emmanuel III dont les caricaturistes soulignent la petite taille (était-il encore plus petit que Sarko ?). François-Joseph est présenté comme gâteux après son règne de 68 ans, le plus long de l'histoire, quatre ans de plus que Victoria.
En face, Marianne remporte le prix de la luxure. "La France est un pays femelle" (Guillaume II). John Bull, symbole de la perfide Albion est supposé manipuler tout le monde. Le Tsar est représenté comme un bourreau sanguinolant.
"Le mépris de l'ennemi fut donc le même dans les deux camps. A se demander pour quelles raisons ils n'avaient pas été balayés en quelques semaines."
"Cette guerre sera fraîche et joyeuse" (Guillaume II).
"A de rares exceptions près, ceux qui font la guerre ne sont pas ceux qui la racontent."
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21/09/2014
Paris libéré, photographié, exposé
Au musée Carnavalet
Jusqu'au 27 septembre
Première partie : Paris sous occupation allemande. Photographies prises avec l'autorisation des autorités allemandes, et utilisées à des fins de propagande. Elles ont aujourd'hui une valeur documentaire indiscutable. L'excellent photographe qui les a prises a été marginalisé après la guerre et s'est orienté vers les photos de publicité et de mode.
La partie consacrée au combat pour la libération de Paris est la plus importante. Elle reprend en grande partie une exposition de l'automne 44. Elle est dans la droite ligne du fameux discours du général De Gaulle : donner à penser que Paris a été libéré par les Parisiens, avec l'aide des troupes françaises.
Ce qui me frappe, ce sont les petites armes des membres de l'insurrection, qui n'auraient rien pu faire contre l'armée allemande si elle avait combattu les insurgés et non les armées alliées qui marchaient sur Paris, même si leurs actions ont indiscutablement contribué à la victoire.
La division de Républicains espagnols, la première à entrer dans Paris, est absente des photos. Les étrangers doivent être absents, manifestement pour des raisons de propagande. Dans le même esprit la 2ème DB est valorisée par rapport aux troupes américaines, dont les noirs sont quasiment exclus des photos, à la demande des autorités américaines.
La photo du Grand Palais incendié donne à penser ce qu'aurait été Paris si tous les monuments avaient subi le même sort.
Ce qui me choque, ce sont les mesures de représailles prises à l'encontre des femmes ayant eu des relations coupables avec l'occupant.
La façon dont certaines photos sont recadrées, afin de mettre en valeur certains éléments, est instructive.
Parmi les photographes des noms illustres : Cartier-Bresson, Doisneau, Capa...
Un superbe catalogue a été publié. Il est bien plus qu'un catalogue, une véritable leçon d'histoire et de photographie.
11:06 Publié dans expo | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : expo, histoire
13/09/2014
Le parcours d'un gestapiste
Franz Stangl et moi
Dominique Sigaud
éditions Stock
Ceux qui, comme moi, aiment la "Trilogie berlinoise" et les romans de Philip Kerr ne manqueront pas de trouver une certaine ressemblance entre Bernie Gunther et Franz Stangl, "bon professionnel de la police, embauché par l'histoire dans la Gestapo."
Divergence de carrière, Stangl est promu commandant du camp de Treblinka, où 900.000 hommes, femmes et enfants furent exterminés parce qu'ils étaient Juifs. Une partie de la Shoah, de l'hébreu "anéantissement". "Il n'avait pas choisi ce poste ? Il ne l'avait pas non plus refusé. A Treblinka il avait prouvé d'excellentes capacité d'organisation."
"Catholique pratiquant qui se dédouanerait, comme les autres, de toute responsabilité et sentiment coupable quant aux crimes perpétrés sous son autorité ; il n'avait fait qu'obéir aux ordres." "Il inculquait à ses enfants la prééminence du croire sur le savoir."
A la fin de la guerre, comme Gunther il peut fuir vers l'Amérique du Sud, avec l'aide du Vatican qui lui fournit un faux passeport.
Rattrapé par son passé, après plusieurs années de vie heureuse, il est extradé vers l'Allemagne, condamné à perpétuité, fait appel. Sa femme l'avait alors quitté, "tant qu'elle n'avait pas eu à rougir de lui devant les autres, elle était restée."
Pourquoi lui ? "Des 23 responsables des Einsatzgruppen comptables de plus de un million de morts, jugés à Nuremberg en 1948 seuls quatre ont été condamnés à mort, la plupart libérés en 1951." "Il n'avait jamais infligé de souffrance physique de ses propres mains, contrairement à d'autres. Il devait s'assurer que les procédures d'extermination seraient respectées." "Aucun de ses supérieurs n'avait été inquiété." "La honte n'avait atteint que leur proie."
"Les morts militaires furent évalués à 20 millions, les civils à 30 et les Juifs à 7. On ne sait toujours pas si les Roms comptaient 250.000 ou un million de morts." "La réalité était si démesurée qu'elle parut insensée à ceux qui en eurent connaissance."
11:43 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, histoire


