03/02/2011
Tunise : aider à la transition vers la démocratie
Tous les regards sont tournés vers l'Egypte, et cela est normal.
En Tunisie la transition se prépare activement.
Les Tunisiens, autorités intérimaires et associations demandent l'aide de l'Union européenne, sans en préciser encore la forme exacte.
Aide à la transition démocratique, en particulier aide à l'organisation des futures élections présidentielle et législatives, sans que la forme de cette aide soit encore définie.
Aide matérielle de coopération économique, pour contribuer à résoudre les problèmes sociaux. Demande d'une ouverture plus grande du marché européen aux prouits tunisiens.
Aide au redémarrage de l'économie, par le rétablissement de la confiance des touristes et des investisseurs.
Un nouveau programme "justice" va être mis en place va être mis en place avec l'aide de l'Union européenne.
J'y pars ce matin
Je vous raconterai à mon retour
08:53 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tunisie
13/01/2011
Tunisie : au nom de valeurs qui doivent être communes
Tunisie : respecter les valeurs
Rencontre avec l'ambassadeur de Tunisie auprès de l'Union européenne.
Nous évoquons nos souvenirs communs de réunions du comité "Méditerranée" de l'Internationale Socialiste.
Il me dit ne pas comprendre pourquoi les socialistes européens sont si sévères avec le régime tunisien.
Je lui réponds :
"Au nom de notre attachement sincère à la Tunisie, au nom de ces valeurs qui doivent nous être communes, nous ne pouvons pas accepter que les forces de l'ordre tirent à balles réelles sur les manifestants, nous ne pouvons pas accepter la répression. Nous mettons au crédit du gouvernement tunisien le plus haut taux de scolarisation de toute la région. Nous comprenons les frustrations des jeunes diplômés qui n'arrivent pas à trouver un emploi qualifié, car cela arrive également en Europe. Mais vous devez être fiers de cette jeunesse éduquée, et comprendre que, parce qu'elle est éduquée, vous ne pouvez pas la priver de la liberté d'expression, en particulier par le biais d'internet."
Il m'assure que les forces de l'ordre ont été débordées, mais que la Tunisie reste un "Etat de droit", malgré ces dérapages tragiques, dont les forces de l'ordre ne seraient pas seules responsables.
Je m'étonne, au nom de Carthage, et de Rome, qu'il me parle de la société européenne et de la société tunisienne comme des "sociétés" différentes : nous avons tant en commun !
Nous tombons d'accord sur le fait qu'il faut ramener l'espoir, et qu'un véritable projet de co-développement des pays riverains de la Méditerranée serait utile à cela. Peut-être même indispensable, au regard de l'attitude des pays européens à l'égard de l'immigration.
Quand je dis "Inch Allah", il me reprend : "justement nous ne nous en remettons pas à Allah, je suis un laïc, le gouvernement tunisien est laïc, nous croyons plus à l'action des hommes"...Ainsi soit-il !
08:23 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tunisie
10/01/2011
Haiti, un an après
Il y a un an : Haïti
Il y a un an : Haïti : tremblement de terre : 220 000 morts, 1 million et demi de personnes déplacées, 8 milliards de $ de dégâts.
Quelques semaines plus tard une conférence des donateurs promet 5 milliards de $ pour les 18 premiers mois + 5 autres milliards dans les trois ans. Il ne s'agit pas de reconstruire, mais bien de construire.
Situation un an après : une crise politique qui dure : toujours pas de résultat du premier tour de l'élection présidentielle. Des experts viennent d'arriver, non pas pour recompter, mais pour vérifier le collationnement des résultats.
Et le choléra qui se répand, accentuant la crise alimentaire, structurelle.
Structurels également l'absence de services publics, le manque de capacités, y compris budgétaires, du gouvernement.
Que faire ?
Le plus urgent et important, un an après la catastrophe, me semble :
1) Un investissement à long terme qui inclut le respect des engagements. 5 milliards avaient été promis sur 18 mois. 1,5 milliard seulement sont engagés.
L'ONU avait demandé 174 millions de $ spécifiquement pour lutter contre le choléra...et n'a reçu que 44 millions !
Haïti n'est plus d'actualité, et les donateurs sont passés à d'autres choses.
2) Renforcer les compétences des autorités locales.
3) Mieux coordonner les actions. Personne ne sait combien d'ONG travaillent actuellement sur place. Les sources varient entre 4 et 12.000 !
4) Agir pour le reboisement, afin d'améliorer les sols, en commençant par éviter le déboisement, en offrant une alternative au charbon de bois.
5) Mettre en place des services publics, en particulier dans les domaines de la santé et de l'éducation.
17:10 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haïti
23/11/2010
Sarkozy et la Méditerranée
Echec du (co) Président de toute la Méditerranée
Les médias français sont très discrets sur la situation d'échec grave dans laquelle se trouve l'Union pour la Méditerranée, voulue et lancée par notre glorieux Président, à grands renforts de trompettes de la renommée, en 2008.
Reporté de juin à novembre, le second Sommet a été, sinon annulé, du moins "reporté sine die" et devrait se tenir "dans les prochains mois".
Remplaçant le "Processus de Barcelone", lancé en 1995, l'"Union pour la Méditerranée", qui voulait faire beaucoup mieux et beaucoup plus, souffre, depuis sa naissance, il y a deux ans, de par la volonté de l'actuel Président du G 20, de malformations congénitales, et d'un constat désolant de carences et d'anémie.
Sur la rive sud, le mot "Union" ne veut pas dire grand chose, et pas seulement à cause d'Israël, même si cela joue beaucoup. Pas d'union, ni entre pays de la rive sud, ni avec les pays de la rive nord.
Sur la rive nord, la question se pose naturellement de la place de l'Union européenne dans le dispositif. Le budget européen fournit la moitié du budget prévu de l'UpM.
Impossible donc de s'en tenir à la vision purement intergouvernementale et méditerranéenne prônée au démarrage. C'est ainsi que la Finlande, la Pologne, l'Irlande et les autres se trouvent membres de l'Union pour la Méditerranée.
Impossible également de s'accrocher à la coprésidence prise par Sarkozy en 2008, quand la France assurait la présidence tournante semestrielle de l'Union européenne.
Impossible de continuer à ignorer la politique extérieure de l'Union européenne prévue dans le Traité de Lisbonne, et qui, difficilement, se met en place.
Le resserrement des liens entre les deux rives de notre "mer commune" est indispensable, et la coopération vitale pour notre futur commun.
Il semble donc indispensable que Sarkozy cesse de se rêver en sauveur du monde, en voulant utiliser l'Union pour la Méditerranée pour jouer un rôle dans le processus de paix au Moyen-Orient.
L'Union pour la Méditerranée ne peut exister que si elle passe au dessus de ces problèmes pour réaliser des programmes concrets, plus ou moins importants, ou limités, en fonction des ressources mises dans le pot commun, dans des domaines moins glorieux que la guerre et la paix mais très concrets comme, par exemple, la sauvegarde de la mer, la coopération énergétique, la protection civile, la gestion des migrations...
N'est-ce pas cette démarche très concrète qui a permis la construction de l'Union européenne ?
08:49 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique
17/11/2010
Le Monde diplomatique en BD
Le monde diplomatique
en bande dessinée
Initiative intéressante du mensuel "le Monde diplomatique" de paraître en bande dessinée.
14 auteurs, une centaine de pages de bandes dessinées politiques essentiellement internationales.
Il y a même un "roman photos" assez réussi.
Il y a des choses que j'ai aimées, d'autres moins.
Je préfère la "ligne claire" et je n'aime pas quand de rares dessins sont noyés dans des textes quasi illisibles.
L'ensemble est assez sombre, y compris les "planches" en couleurs.
L'éditorial nous explique que le choix de passer à la BD se justifie parce que "c'est déprimant à la longue, toutes ces injustices, ces conflits sans issue, ce capitalisme outrancier qui semble n'offrir aucune place à des alternatives politiques".
De passer à la BD ne change manifestement rien, pour l'instant, à la ligne éditoriale du Monde diplomatique, et demeure le reproche qui peut être fait à la version de ces dernières années : critiques déprimantes, parfois outrancières, aucune alternative politique, porteuse d'espoirs, crédible !
J'espère que la BD permettra, au moins, l'introduction d'un zeste d'humour. Dans ce numéro, on le trouve à dose homéopathique...
Conclusion : expérience intéressante qui mérite d'être suivie.
10:23 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, bd