08/04/2010
Kirghizie
L'impression que m'a laissé la Kirghizie, quand je m'y suis rendu, il y a un peu plus de dix ans, était l'arriération économique, le népotisme du pouvoir, la division entre russophones et autochtones, les uns et les autres n'ayant aucune idée de ce que pouvait être la démocratie, l'Union européenne et toutes ces choses lointaines.
J'avais ramené des chapeaux traditionnels reconnaissables entre tous, après des heures passées dans la steppe.
M. Bakiev, le Président qui vient de s'enfuir, était lui-même arrivé au pouvoir en mars 2005 à l'issue d'une révolution dite "des tulipes", émaillée de violences, promettant de démocratiser le pays et de mettre fin à la corruption.
A première vue, il ne s'agit pas d'une révolution, mais d'un simple "changement de personnel" et le nouveau pouvoir, sil se maintient, ne devrait pas être fondamentalement différent du régime en place.
Malgré des ressources naturelles importantes, notamment de l'or, de l'uranium et de l'hydroélectricité, qui poussent les exportations, la pauvreté touche particulièrement le Kirghizistan., qui bénéficie de l'aide financière de Moscou et de Washington, ainsi que de la Chine voisine, mais reste lourdement dépendant des transferts d'argent en provenance des travailleurs émigrés en Russie. Or cette manne, qui représente 45% du PIB, a fondu de 30% l'an dernier du fait de la crise. |
16:23 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : kirghizie
17/03/2010
échos de l'assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée
La question israélo-palestinienne
Du premier point de l'ordre du jour "le processus de paix au Moyen-Orient" il a peu été question : personne n'a en perspective ni la paix, ni même le processus pour y parvenir. Pourtant la question d'Israël, et de la naissance de l'Etat palestinien, se trouvait présente dans tous les débats, sur tous les thèmes : l 'UpM, Les femmes, l'eau, le patrimoine culturel...
C'est à l'occasion de la résolution sur "l'Union pour la Méditerranée" qu'est venu le message le plus clair, adopté à l'unanimité, avec la seule réserve des députés de la Knesset : "un Etat palestinien indépendant, démocratique et viable, contigu, comprenant Gaza et la Cisjordanie et Jérusalem Est, et vivant côte à côte avec l'Etat d'Israël dans la paix et la sécurité, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem pour capitale de ces deux Etats."
A l'occasion de l'adoption de ce paragraphe en commission politique, la représentante de la Knesset est sortie, en colère, mais l'adoption en plénière s'est faite sans esclandre.
Le ministre jordanien a également demandé le retour aux frontières de 1967, mais il ne faut probablement pas y voir une demande de réunification de la Cisjordanie et de la Transjordanie.
Les parlementaires égyptiens ont été les plus virulents dans leurs attaques à l'égard d'Israël. Durcissement de la part d'un pays ayant signé un traité de pays avec Israël, ou besoin de surenchère ?
La représentante de la Ligue arabe a demandé la comparution d'Israël devant la Cour Internationale de Justice.
Le tout nouveau Secrétaire général de l'UpM, Ahmad Mas'adeh s'est contenté, sur la question, de souhaiter l'établissement d'un climat de confiance.
L'ambassadeur espagnol auprès de l'UpM, représentant la Présidence de l'Union européenne a condamné toutes les initiatives unilatérales et souligné la responsabilité des Etats de la région. L'implication de l'Union européenne se faisant par l'intermédiaire du "Quartet".
Les député(e)s de la Knesset ont évoqué les souffrances séculaires du peuple juif, la reconnaissance des droits des femmes et des homosexuels (sous les applaudissements des parlementaires scandinaves). La paix passe par la reconnaissance du droit d'Israël à l'existence et par l'intégration régionale. Des négociations sérieuses se poursuivraient discrètement.
Le récent vote du Parlement européen sur le rapport Goldstone a souvent été mentionné, et l'Assemblée est arrivée à la même conclusion de demande de l'application des conclusions du rapport.
Le dernier mot est revenu à un député estonien : "le bonheur, c'est quand on est compris"
09:52 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, palestine
09/03/2010
peine de mort et Constitution
Corée : la peine de mort n'est pas contraire à la Constitution
Par cinq voix contre quatre, la Cour constitutionnelle coréenne vient de décider que la peine de mort n'est pas contraire à la Constitution du pays.
Depuis 1998, aucune exécution capitale n'a eu lieu, ce qui fait que la Corée (du sud, parce qu'en Corée du nord...) peut être considérée "de facto" comme un pays ayant aboli la peine de mort, malgré les 57 condamnés qui attendent dans "le couloir de la mort".
Mais n'est-ce pas au Parlement de légiférer sur la question, comme le Parlement français l'a fait sur proposition de Robert Badinter ?
Depuis janvier 2007 le Parlement européen demande un moratoire sur la peine capitale, appuyant les efforts en ce sens de l'ONU.
10:46 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peine de mort
23/12/2009
Pas de protocole de Copenhague
Pas de protocole de Copenhague
Je me souviens de la préparation du Sommet de Kyoto.
Avec mon équipe du Parti Socialiste Européen nous avions organisé une réunion des socialistes ministres de l’environnement. C’était l’époque où nous étions dans 13 gouvernements sur 15. La Commissaire européenne en charge de l’environnement faisait également partie de notre famille politique.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au démarrage les positions étaient assez éloignées entre le ministre danois et la ministre portugaise, qui revendiquait le droit de son pays au développement. Au fil de la soirée les positions se sont rapprochées, au point de constituer ce qui allait devenir le lendemain la position officielle de l’Union européenne pour Kyoto.
Bien entendu le Protocole de Kyoto était en retrait de la position européenne, mais les Etats-Unis d’Amérique avaient signé. Pour être plus précis le vice-président américain, Al Gore, avait signé au nom de son pays…qui n’a jamais ratifié ce Traité international. Tout le monde connait maintenant la différence entre signature et ratification ! Tout le monde se souvient qu’Al Gore a été battu, dans des circonstances scandaleuses, par W Bush. Les USA n’ayant pas ratifié, le Protocole de Kyoto n’engageait que ceux qui le voulaient bien. Il est bien connu que les promesses politiques n’engagent que ceux qui les croient.
Les discussions de Copenhague ont été préparées pendant des mois. Il y avait des milliers de personnes sur place : bien plus qu’il n’en faut pour négocier. A partir du moment où les USA et la Chine n’étaient pas prêts à s’engager sur autre chose que sur des discours, il ne restait plus à l’Union européenne qu’à sortir son chéquier (c’est ce qu’elle sait faire le mieux) pour dédommager les pays pauvres, ce dont les dirigeants avaient fait leur principale revendication
16:53 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : copenhague
17/12/2009
grève de la faim
Un mois de grève de la faim
Depuis un mois, Aminatou Haidar fait la grève de la faim. Depuis que le gouvernement marocain lui a refusé le droit de rentrer chez elle.
La dernière fois qu'elle a fait la grève de la faim, c'était en 2005, pour protester contre son emprisonnement. Elle avait tenu alors cinquante jours.
Sa lutte, pacifique, mais peut-être sans espoir, mérite le respect.
Le paradoxe du gouvernement marocain est de la considérer comme une citoyenne marocaine... et de lui refuser l'accès au territoire marocain. La législation internationale, ratifiée par le Maroc, est pourtant claire : "personne ne pourra se voir privé du droit de rentrer dans son propre pays".
Son paradoxe à elle est de se considérer comme citoyenne sahraouie, mais d'avoir besoin d'un passeport marocain pour rentrer chez elle et retrouver sa famille, puisque le Sahara occidental est occupé par le Maroc, depuis la décolonisation ratée, le départ des Espagnols, en 1976, sans que ne soit organisé, avant leur départ, la libre expression du peuple sahraoui sur son droit à l'autodétermination.
Le Maroc considère que ce territoire lui appartient, comme Israël considère que Jérusalem Est, la Judée et la Samarie lui ont été donnés par Dieu.
Aucun Etat ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, mais le Maroc considère comme "traitre à la patrie" quiconque remet en cause ce dogme.
Le Conseil de sécurité multiplie les résolutions, une douzaine à ce jour, sans plus d'effet que ses résolutions sur le Moyen-Orient.
L'ONU manque, malheureusement, de moyens pour faire respecter la légalité internationale...
08:33 Publié dans Affaires étrangères | Lien permanent | Commentaires (0)