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15/09/2010

le 20ème album des Bidochon

Les Bidochon n'arrêtent pas le progrès

 

Christian Binet

 

Fluide glacial

 

Binet est caricaturiste. Les Bidochon sont des caricatures, avec leurs vérités, et leurs exagérations dans lesquelles il est drôle de se reconnaître. Quand j'ai des problèmes avec un ordinateur je pense immanquablement à "Bidochon internaute", et cela me détend, et me rassure de savoir qu'il y a peut-être pire que moi. J'attends avec impatience "Bidochon et son iphone" qui évoquera mes démêlées avec ce merveilleux engin.

 

Ce vingtième album des Bidochon (comme le temps passe...) est consacré à tous ces gadgets qui vont de l'improbable à l'inutile en passant par le dangereux.

 

Je me souviens des camelots intarissables qui vantaient les mérites de leurs merveilles, quand j'étais enfant et que mon père m'amenait au "marché aux puces" de la porte de Saint Ouen, proche de notre domicile.

 

Aujourd'hui il y a le "télé-achat" sur lequel je tombe au hasard de "zappings" télévisuels, tellement il est présent, sur tellement de chaînes à certaines heures. Je ne regarde pas,  mais je suppose que c'est là que l'on peut trouver la "cheminée réversible", le "repousse chiens", le " pousse bouchon", "l'oreiller antirides", le "parasol bronzant", etc. car je ne vais pas vous faire toute la liste de ces trouvailles désopilantes (le progrès ?) testées pour nous par les Bidochon.

 

Cet été les lecteurs du "Midi Libre" ont eu droit à la primeur de cet album. Si vous étiez en vacances ailleurs que dans le Languedoc, vous y avez droit aujourd'hui pour 10 euros et quarante centimes.

 

07:58 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd

12/09/2010

Templiers et Francs-Maçons

La croix des Assassins

 

Eric Giacometti et Jacques Ravenne

 

Fleuve noir

 

 

Les Templiers, et les Francs-Maçons, deux sujets ayant, séparément ou ensemble, alimenté l’imaginaire, et donc les fantasmes,  de bien des journalistes, de romanciers, et probablement de leurs lecteurs, entre autres : "Iacobus" de Matilde Asensi et "Le convent du sang" d'Alain Bauer et Roger Dachez, livres dont j'ai parlé dans ce blog, "L'héritage des templiers" de Steve Berry, et "Les Templiers" de l'historien Thierry Leroy qui tente d'expliquer les raisons de ces persistances historiques, deux livres dont je parlerai.

   

"La croix des Assasins",  raconte deux histoires, pas vraiment en parallèle puisqu’elles se rejoignent, l’une lors la chute de Saint Jean d’Acre en 1291, suivie de l’arrestation des Templiers en 1307, sur ordre du Philippe le Bel, puis de l’interdiction de l’Ordre, l’autre, de nos jours, à Paris et au Brésil.

 

« L’Ordre du Temple » a été créé en 1119 pour protéger les pèlerins en route pour Jérusalem. Quelle pouvait être sa raison d’être après la chute des royaumes chrétiens de Palestine ?

Nommés « Templiers » parce qu’ils logeaient sur les ruines de l’ancien Temple de Salomon. Temple auquel les rituels maçonniques font souvent référence.

De plus, il est connu que les Templiers avaient des relations étroites avec les confréries de bâtisseurs de cathédrales. Au moment de l’interdiction de l’ordre, les maçons qui construisaient la cathédrale de Strasbourg sont tous partis en Allemagne, laissant le superbe édifice de pierres roses avec une seule flèche.

Au moment de l’apparition de la Franc Maçonnerie symbolique, au XVIIIe siècle, tout un courant s’est réclamé d’un héritage templier.

 

Reste le problème du fameux trésor des Templiers qui a donné lieu, au fil des siècles à autant de spéculations que de romans, dont certains font une publicité bienvenue à Rennes-le-château.

Trésor difficile à imaginer puisque les possessions des Templiers étaient constituées principalement de châteaux (5.000 « commanderies ») et de terres, difficiles à emmener en exil, faciles à confisquer par le Roi, qui n’avait pas envie, ni les moyens, de rembourser tout l’or que les Templiers lui avaient prêté. Difficile d’être les banquiers des Rois, d’autres en feront l’amère expérience. 

 

Ce que ce livre m’a appris, et qui semble historiquement avéré, c’est que de nombreux rescapés des arrestations en France se sont réfugiés au Portugal, dont le Roi a créé un nouvel ordre « La milice du Christ », pour détourner l’interdiction papale obtenue par le Roi de France, et recycler ainsi les chevaliers.

Du Portugal, ils sont partis pour le « nouveau monde », à l’exemple de Cabral, découvreur du Brésil. La croix rouge sur les caravelles de Christophe Collomb étaient bien celle des Templiers !

 

 

Les auteurs inventent la passation d’un rituel secret,  de la secte chiite des « Assassins » à une secte contemporaine se réclamant des Templiers (comme l’Ordre du « Temple solaire », de sinistre mémoire).

Rituel permettant de n’éprouver ni douleur (comme le frère de Lisbeth dans Millénium), ni compassion.

Imaginer une « élite » mondiale incapable d’éprouver de la compassion pour les « gueux » : impossible à croire !

Il s’agit là, malheureusement, de la moindre des invraisemblances…

 

 

« Je regrette vraiment le Moyen-âge. A l’époque tout était si clair. Le seigneur commandait, le serf se soumettait ».

 

« Il faut faire avec humour les choses graves, et avec sérieux les choses drôles » (Léo Campion)

 

08:51 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

04/09/2010

une littérature islandaise plus contemporaine

Hiver arctique

 

Arnaldur Indridason

 

Prix du roman noir scandinave

 

Editions Métailié noir

 

 

Retour à l'Islande contemporaine.

 

Un petit garçon a été tué, poignardé.

" Ce sera bien plus difficile pour lui de rejoindre le ciel s'il doit nager à travers mes larmes."

 

Crime pédophile ?

 

Le petit garçon était, par sa maman, d'origine asiatique, mais pas "rom".

Crime raciste ?

"Les études soulignent que les Islandais ne se réjouissent pas spécialement de l'avènement d'une société multiculturelle".

"L'idée que les étrangers devraient vivre séparés de nous par des grilles est encore largement répandue".

"On entend invariablement dire qu'il ne faudrait pas qu'un trop grand nombre de "ces gens là" viennent s'installer". (Hortefeux pourra toujours tenter une nouvelle carrière politique en Islande...)

"On préconisait un arsenal de lois compliquant l'accession à la nationalité". (Où vont-ils chercher des idées pareilles, ces Islandais ?)

Pendant la dernière guerre, les Américains avaient installé une base militaire en Islande. Les autorités islandaises n'avaient posé qu'une seule condition : "l'interdiction d'y faire venir des militaires noirs".

 

L'enquête du commissaire Erlendur, en proie à ses propres souvenirs d'enfance,  progresse très doucement dans l'hiver islandais, arctique, sur cette île "posée sur l'extrême rive nord du monde", où "ce peuple s'est obstiné à survivre pendant des siècles au sein de cette nature hostile."

 

Et si ce roman policier n'était qu'un prétexte pour nous parler de la xénophobie, islandaise, seulement islandaise ?

 

 

"La vie est un enchevêtrement de hasards dénués de toutes règles, des hasards qui gouvernent l'existence des gens, comme ces tempêtes qui s'abattent sans prévenir, faisant morts et blessés".

 

"Pourquoi faut-il qu'on soit toujours en train de dire quelque chose ?"

 

08:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

29/08/2010

Naissance de la porcelaine française

Bleu de Sèvres

 

Jean-Paul Desprat

 

Points  P1733

 

 

"Bleu de Sèvres", "bleu du Roy",  de la célèbre manufacture royale de Sèvres, ayant eu le monopole de la production de porcelaine en France, et dont le roi était l'unique actionnaire.

 

Ce livre raconte la naissance de la porcelaine, sur le modèle de la porcelaine de Saxe, mais en mieux.

Recherche par de savants chimistes des secrets  de la porcelaine "dure", celle qui permet de verser de l'eau chaude dedans sans qu'elle ne se fissure, sans être obligé de verser d'abord du lait afin d'amortir le choc thermique, comme le font encore certains Anglais. Porcelaine à l'imitation, mais en mieux, de celle ramenée de Chine par Marco Polo.

 

Découverte du kaolin limousin à Saint-Yrieix,  qui permet une production 100% nationale, tandis que d'autres cherchent du charbon, bien après les Anglais. En attendant la naissance de la fameuse porcelaine de Limoges

Le talent des peintres, graveurs et autres artisans français parachèveront l'œuvre.

 

Dix années du règne de Louis XV, "le monarque sans doute le plus dépressif de la longue lignée des rois de France",  plutôt en fin de règne, à travers ce prisme particulier.

La Pompadour, protectrice des beaux arts et qui encourage la porcelaine française, puis la Du Barry, trente trois ans plus jeune que le roi, plus indifférente.

Les tensions entre les "lumières" et le conservatisme religieux. La croyance dans les vertus intrinsèques des progrès techniques, "une religion nouvelle, la foi dans le progrès illimité de la science". "Les puissances de l'intolérance frappaient à coups redoublés, dans le temps où précisément s'imprimait l'Encyclopédie."

Avec le héros,  nous rencontrons Rousseau et Diderot.

 

Puisqu'il s'agit d'un roman, il y a également des histoires d'amours, éternelles, heureuses ou malheureuses.

Des digressions, dont certaines intéressantes, comme celle qui concerne l'action de l'abbé de l'Epée, en faveur des sourds et muets.

Mais, tout de même, face à ce gros livre de plus de 700 pages serrées, comme face à un film de plus de trois heures, une question : était-il indispensable d'être aussi prolifique ? N'était-il pas possible de raconter la même histoire avec moins de mots ?

 

 

"La réflexion ne doit jamais être absente des mouvements du cœur et de l'âme"

 

"Un vrai Parisien, c'est à dire l'un de ces animaux faits pour le monde, ses grands brassages et ses grandes aventures"

 

"L'idée de Dieu est légitime ; en revanche l'intolérance et le fanatisme ne le sont pas"

08:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

26/08/2010

Parcours intellectuel et politique

Paris – Montpellier

 

PC – PSU 1945 – 1963

 

Emmanuel Le Roy Ladurie

 

Gallimard, collection « Témoins »

 

 

Emmanuel Le Roy Ladurie est professeur, d’Histoire moderne,  au Collège de France, membre de l’Institut. Son « Montaillou, village occitan » l’a fait connaître, sa publication correspondant à la nostalgie du monde rural, en plein essor dans ces années d’urbanisation intensive. Il a écrit également une « Histoire du climat » en des temps où l’on ne parlait pas encore des changements de celui-ci.

 

Ce livre autobiographique, écrit en 1982,  garde toute sa pertinence.

Loin de se dresser un piédestal, il raconte ses difficultés à intégrer l’Ecole Normale Supérieure, à obtenir sa licence d’Histoire, à décrocher l’agrégation…et ses erreurs de jugements politiques, son sectarisme parfois. « Transformé d’enfant royaliste que j’étais en petit bourgeois républicain et en professeur socialiste, avec la mutation stalinienne entre ces deux états. »

 

Plus attiré alors par le militantisme que par les études, il explique la fascination des jeunes intellectuels, en particulier catholiques,  pour le communisme d’après guerre, le culte de Staline et de Thorez, orchestrés par la direction, et relayés avec zèle par les militants dont il était.

Il explique pourquoi de fervents catholiques pouvaient être d’aussi fervents partisans du stalinisme, avec une bonne dose de puritanisme janséniste.

« La section du PCF fonctionnait à l’image des confréries de Pénitents du XVIIIème siècle. »

 

Deux évènements l’ont éloigné  du PC :

1)    Le changement dans les relations soviéto-yougoslave, en 1955 : « J’avais cru avec trop de foi les journaux du parti quand ils disaient blanc pour avaler tout cru leurs mensonges quand ils disaient noir ». Tito n’était soudain plus un « flic » à la solde des Américains » !

2)    Les évènements de Budapest, en 1956.

 

« Nous nous sommes baignés dans le mensonge ».

 

Il se cherche, mais note que les groupes gauchistes valent le PCF dans « l’obscurantisme intellectuel, existentiel, émotionnel. »

Il raconte son, bref, passage au PSU, dont il fut le secrétaire de la section de Montpellier, son score de 3% lors d’élections (j’ai connu cela également !) et son retrait définitif du militantisme partisan, à l’occasion de son retour à Paris, en 1963.

« Tout le prolétariat méridional se moquait bien de notre existence. »

 

Il témoigne également de ses rencontres avec certains de ses collègues, qui furent mes maîtres, comme Jean Bouvier et Madeleine Rébérioux, ou dont je lis les livres avec intérêt : Le Goff, Furet, Maurice Agulhon, Pierre Goubert (je ne connais pas mieux que son "initiation à l'Histoire de France"...

 

Son livre se termine par ses espoirs, et ses craintes, par rapport au communisme, qu’il croyait connaître, la gauche française se trouvant,  enfin,  au pouvoir.

« Cette union de la gauche aboutissait à dédouaner, à conférer implicitement un certificat d’honorabilité aux pratiques léninistes staliniennes dans les partis communistes ».

Les craintes n’étaient pas justifiées. Les espoirs, un peu quand même…

 

 

    « Pratique du copinage et constitution de réseaux et maffias de pouvoir qui s’intéressaient davantage aux intérêts de ses membres qu’aux grands principes ».

 

« La grande supériorité du capitalisme, c’est que personne ne l’a inventé. Il n’est pas sorti tout armé du cerveau des intellectuels. »

 

« Laisser passer une réflexion, ou une association d’idées, sans la noter, c’est se condamner à la perdre pour longtemps dans l’invraisemblable capharnaüm de la mémoire non écrite. »

 

« Cette mixture de natation fraîche et de dossiers poudreux évoque pour moi l’une des images possibles du bonheur »

 

08:46 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique