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09/12/2010

Carnages

Carnages

 

Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique

 

Pierre Péan

 

Editions Fayard

 

 

Le journaliste Pierre Péan est connu du grand public pour son livre sur la jeunesse de François Mitterrand. Le premier livre que j'ai lu de lui était consacré à Jacques Foccart, "l'homme de l'ombre", le "Monsieur Afrique" du général De Gaulle. Pierre Péan a consacré bien d'autres livres à l'Afrique, dont "Noirs fureurs, blancs menteurs" dans lequel il ose dénoncer la responsabilité du Président rwandais Paul Kagamé, dans les massacres qui ont ensanglanté son pays.

 

Dans "Carnages", il revient-trop-longuement sur ce point,  et une -trop- grande partie du livre est consacrée à se justifier face aux attaques, y compris en justice, dont il a été l'objet.

Pour ce qui me concerne, il prêche un convaincu. Kagamé n'est pas arrivé au pouvoir par les urnes mais par les armes, les témoignages et rapports, parlementaires, universitaires et de l'ONU sont innombrables sur les tueries provoquées, directement, ou par réactions,  qui ont accompagnées sa prise du pouvoir.

Sans même parler de son implication, quasiment certaine, dans l'attentat qui a coûté la vie au Président rwandais élu, mais hutu. J'ai pu voir, sur place, l'utilisation politique du génocide pour justifier sa dictature.

 

Le principal intérêt du livre du Péan est qu'il donne des preuves et une explication crédible à l'implication décisive des USA,  et d'Israël,  dans la conquête du pouvoir par Museveni ("Born again" comme W.) en Ouganda, Kagamé au Rwanda et Joseph Kabila (grâce à l'assassinat de son père) en RDC.  Peut-être que les documents américains mis en ligne sur Internet nous en dira encore plus sur la façon dont les USA ont armé Kagamé pour lui permettre de prendre le pouvoir.

 

L'explication est aussi lumineuse qu'une carte : l'ennemi d'Israël, et par conséquent des Américains, est le régime islamiste soudanais. D'où l'appui à la rébellion "chrétienne" du Sud Soudan. L'Ouganda est la "tête de pont" idéale pour apporter un soutien, en particulier en armes, à cette rébellion, et plus tard à celle du Darfour. Kagamé a vécu plus longtemps en Ouganda, où il a été un responsable important de l'armée,  qu'au Rwanda. C'est pour cela qu'il est anglophone, président d'un pays francophone. Mais la mise à l'écart de la France par les Américains dans la région des "Grands lacs",  n'a été qu'une opportunité. Une conséquence plus qu'une cause.

 

Tout à fait convaincant, mais faut-il pour autant prendre la défense de la "Françafrique" et du Président soudanais ?

 

 

"Pour comprendre l'Afrique, il ne faut surtout pas tenter de tout expliquer"

 

"Profitant de la dé crédibilisation de la classe politique, les ONG ont réussi à se parer à la fois de la légitimité du bien commun et de la fiabilité du désintéressement"

 

"Combien de crimes atroces, effroyables, ont été commis au nom de la justice et de la civilisation" (Georges Clémenceau)

 

"L'Afrique ne pèse plus que 0,5% du commerce extérieur de la France, contre 40% au moment des indépendances. Les intérêts français en Afrique anglophone sont plus importants qu'en Afrique francophone".

 

"Quand le paralytique joue avec des feuilles vertes, c'est qu'il y a quelqu'un dans l'arbre qui les lui a jetées" (Proverbe africain)

09:27 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique

08/12/2010

Tintin au Congo

Tintin au Congo

 

Hergé

 

Editions Casterman

 

 

Tintin est-il raciste ? L'album d'Hergé, publié pour la première fois en 1946,  doit-il être interdit ? Un tribunal belge a mis l'affaire en délibéré.

 

Il est certain que l'image donnée des Africains est simpliste. Mais pas plus que celle donnée des Indiens dans "Le temple du soleil". Et même moins,  puisqu'au Congo les méchants ne sont jamais africains. Quand le grand sorcier parle de "ce peuple ignorant et stupide", je ne crois pas qu'il faille y voir l'expression d'un jugement de valeur de la part d'Hergé sur les Congolais. Et les Congolais, à Kinshasa, proposent aux touristes des reproductions de la couverture de l'album.

 

Dans cet album, comme toujours, il y a une petite intrigue policière, quelques rebondissements, des trouvailles peu crédibles mais pleines d'imagination du jeune reporter, lui aussi un peu caricatural avec son casque colonial vissé sur la tête.

Les méchants viennent de Chicago, et les missionnaires sont "des as".

 

A noter que Milou tient une place essentielle, en l'absence du capitaine, des Dupont(d), et du professeur Tournesol.

 

64 ans après sa parution "Tintin au Congo" tient encore la route...à condition de ne pas vouloir y voir le reflet de l'Afrique contemporaine !

 

 

12:51 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bd

05/12/2010

100 photos de journalistes

Pierre et Alexandra BOULAT

 

100 photos pour la liberté de la presse

 

Au profit de "Reporters sans frontières"

 

 

Pierre et Alexandra Boulat, tous les deux journalistes reporters, photographes.

 

Le père dès les années 40, travaillant longtemps en exclusivité pour LIFE, puis pour "Paris Match", "le choc des photos" moins "people" qu'aujourd'hui.

La fille,  à la fin du siècle dernier et au début des années 2000.

Passage de témoin entre le père et la fille. Passage également du noir et blanc à la couleur.

Le père en Egypte, en Palestine, photographiant les évènements liés à la guerre d'Algérie.

La fille "couvrant" l'Afghanistan, l'Irak, les Balkans, Gaza...

 

Des photos pour ne pas oublier.

 

 

07:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photos

04/12/2010

Black Bazar

Black Bazar

 

Alain Mabanckou

 

Editions du Seuil

 

 

J'avais bien remarqué Alain Mabanckou,  et sa casquette, au café afro-cubain, du coin de la rue Saint Denis et de la rue de la Ferronnerie. Comme ce n'est pas à Paris que je garde mes livres de littérature africaine, je ne pouvais aller le voir en lui demandant une dédicace. Je ne me voyais pas non plus aller le déranger en lui disant : "J'ai lu, presque, tous vos livres depuis "Les petits fils nègres de Vercingétorix" en 2002. Vous avez eu le prix Renaudot pour "Mémoires de porc-épic", mais vous méritiez de l'avoir l'année précédente pour "Verre cassé", que j'ai trouvé bien meilleur..."

J'ignorais à ce moment là qu'il allait faire, ou qu'il avait déjà fait,  du "Jip's", ce "maquis" au cœur de Paris, un élément central de "Black Bazar".

 

"Black Bazar" se déroule à Paris, avec plein d'allers et retours, par l'esprit,  avec le "petit" Congo, par opposition au Congo "belge".

Essentiellement dans certaines parties de Paris que je connais bien :

- le JIP's, où l'on peut prendre des cours de salsa tous les dimanches après-midi. Imagination du romancier : Mabanckou invente en face de ce café coloré une boutique de strings, alors qu'il n'y a que d'un côté un "Bistrot romain" et de l'autre une pizzeria...

- la rue Riquet, et le métro Marx Dormoy, ce qui me ramène entre 50 et 60 ans dans mon passé, à une époque où les Algériens y étaient beaucoup plus nombreux que les Congolais...

- Les alentours du métro "Château d'Eau", avant d'arriver à la gare de l'Est, et tous ses coiffeurs spécialisés dans les chevelures africaines. J'y ai souvent remarqué les attroupements d'Africains à la sortie du métro, je n'aurais jamais imaginé l'explication qu'en donne le romancier...

 

Il n'y a pas vraiment d'histoire, mais, comme souvent chez Mabanckou, la description d'un personnage attachant, en l'occurrence le "Fessologue",  et,  comme le dit l'auteur : "Un écrivain est un artiste, c'est un peintre des mots..."

De plus, comme l'auteur enseigne la littérature francophone, les allusions littéraires, et pas seulement concernant la littérature francophone,  y sont légions.

 

 

"Dis moi comment tu noues ta cravate, je te dirai qui tu es". (Une des devises de la SAPE , "Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes")

 

08:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

27/11/2010

Lost City Radio

Lost City Radio

 

Daniel Alarcon

 

10/18 n°4327

 

 

Un jeune auteur américain, d'origine péruvienne, parle d'un pays imaginaire, qui fait irrésistiblement penser au Pérou des années noires, quand l'armée avait les pleins pouvoirs pour lutter contre le terrorisme.

Mais l'on pourrait penser à d'autres pays latino-américains ayant subi une guerre civile et/ou une juste militaire.

Un pays qui veut oublier la guerre civile, qui reste, malgré tout,  ancrée dans les mémoires.

 

L'émission "Lost City Radio" est consacrée, chaque semaine, aux nombreux disparu(e)s.

"Des centaines de milliers de personnes déplacées allaient former le cœur de son audience."

Bien entendu, l'animatrice de l'émission va se trouver confronter à son propre passé.

 

 

"Les hommes politiques, ça n'existe plus : il n'y a plus que des flagorneurs et des dissidents"

 

"La campagne comptait sur la militarisation croissante exigée par les forces de l'ordre, tirait sa force et sa légitimité  d'un massacre d'innocents, ou de la disparition de tel sympathisant connu et bien aimé."

 

 

 

08:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature