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24/11/2010

Paul à Québec : un "prix du public" bien mérité

Paul à Québec

 

Michel Rabagliati

 

Prix du public FNAC / SNCF Angoulême 2010

 

Editions "La pastèque"

 

 

Paul, qui vit au Québec, à Montréal, avec sa femme Lucie et sa fille Rose,  part  en famille à Québec pour rendre visite à ses beaux-parents Roland et Lisette.

Le grand-père, heureux d'avoir la visite des ses filles, gendres et petits enfants a fait installer un chauffe-eau pour que tout le monde puisse profiter de la piscine.

 

Une petite première moitié du livre montre une vie familiale tranquille, avec les tracas ordinaires : trouver une maison à un prix abordable, assez grande et dans un quartier sympathique, sans nuisances...

Avec toutes ces expressions québécoises qui nous font sourire, mais ne nécessitent pas de dictionnaire.

Se brancher à Internet, après avoir été obligé de changer tout l'équipement informatique, parfois déjà obsolète au moment de l'achat. La scène de l'installation "si vous êtes en pantalon tapez 3"...fait penser au "Bidochon fait de l'informatique" de Binet.

 

La, grande, deuxième moitié est plus centrée sur Roland, le beau-père de Paul.

Roland est un "self made man", qui raconte son enfance miséreuse, puis son travail acharné et qui, arrivé à l'âge de la retraite, est frappé par le cancer.

Adieu la belle maison dans la campagne, avec piscine,  près de Québec, il faut déménager dans un appartement,  près de ses filles.

Puis il faut se résigner à attendre la mort dans un centre de soins palliatifs, où, après une période un peu agressive, il demande le droit de choisir son moment de mourir.

La scène de sa petite fille retournant sur la tombe encore ouverte pour lui adresser un dernier adieu est particulièrement touchante.

 

Depuis quand n'avais je pas pleurer d'émotion à la lecture d'une BD ?

S'il est vrai que l'on ne pleure que sur soi même, j'avoue espérer ne pas terminer ma vie ainsi...

 

Un sacré "roman graphique", "sibonac !", comme disent nos cousins,  au trait précis comme un scalpel,  souligné par le noir et blanc.

 

 

"Si j'avais les ailes d'un ange, je partirais pour Québec..."

09:17 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

21/11/2010

dessous fripons

Dessous fripons

 

Editions "Les humanoïdes associés"

 

 

Déclinaisons sur le thème des "dessous fripons".

14 fois entre deux et quatre "planches", généralement assez réussies.

Parmi les auteurs Varenne et Enki Bilal,  pour les plus connus.

Une superbe couverture, qui mériterait de devenir "poster",  de Fred Beltran qui donne le  ton de l'esthétique.

Des dessous pour fantasmer, mis en situations plus ou moins audacieuses...

Coquin mais jamais graveleux, porno ou vulgaire.

Pas pour les enfants tout de même !

 

08:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, érotisme

20/11/2010

chasse à l'homme au Pérou

Chasse à l'homme au Pérou

 

Gérard De Villiers

 

SAS n° 79

 

 

L'homme chassé, c'est "le camarade Gonzalo", c'est à dire Abimael Guzman, le chef du "Sentier lumineux" ("Le marxisme-léninisme est le sentier lumineux de l'avenir").

Ce roman, récemment réédité, a été écrit, et publié la première fois,  en 1985, une des années les plus sanglantes du terrorisme mené par le "Pol Pot des Andes". Comme "La vie de Mayta" de Mario Vargas Llosa, publié la même année, il s'inscrit alors dans une actualité dramatique, aggravée par une crise économique épouvantable.

 

Le paradoxe est que les lecteurs de 1985 savent très bien que, malgré la chasse à l'homme, Guzman n'a pas été capturé.

Et les lecteurs de 2010 savent qu'il est sous les verrous, condamné à la prison à perpétuité (il a été capturé en 1992, donc sept ans après la publication du roman).

Il peut y avoir des moments de suspens, mais sur le résultat final de la chasse à l'homme, pas de doute possible !

Nous savons également qu'Alan Garcia, le social-démocrate,  n'a pas été assassiné et qu'il a été élu Président de la république, devançant largement le candidat de la "Gauche Unie" marxiste.

 

Reste que, comme "La vie de Mayta", ce roman est un témoignage intéressant sur la situation politique des vingt années  de terrorisme subies par le Pérou, de 1980 à 2000 (70.000 morts et 600 000 déplacés, selon la commission "Vérité et réconciliation").

Inutile de hurler, je sais que, contrairement à Vargas Llosa,  De Villiers n'est pas pressenti pour le Nobel de littérature ! Je revendique le droit de lire les deux...

 

Lire ce livre aujourd'hui, après l'arrestation de Guzman,  permet de voir trois intuitions exactes et une erreur grossière dans l'analyse :

1) C'est, en effet, en suivant la piste, y compris dans les poubelles,  des médicaments rares dont il avait besoin,  en raison de sa grave maladie rénale,  que la police a pu remonter jusqu'au chef du Sentier lumineux, et non grâce aux tortures.

Il est intéressant, à ce sujet, de voir un homme de droite comme De Villiers, obsédé de l'anticommunisme, dénoncer avec autant de conviction le recours à la torture par la police.

Comme l'a écrit Vargas Llosa : "Pour comprendre le Pérou, il faut visiter le musé de l'Inquisition !"

Comme moi, vous pouvez sauter la description des horreurs...

2) Le lien entre les terroristes et les narcotrafiquants. Comme pour le FARC en Colombie, l'idéal révolutionnaire a, peu à peu, disparu derrière les profits fabuleux du trafic de drogue et des rançons payées par les familles des otages ;

3) Chassé des campagnes par les paysans victimes de leurs actions, le "Sentier lumineux" choisit de s'implanter dans les bidonvilles de la capitale ;

4) Malgré ma haine pour le culte de la personnalité, je constate que l'arrestation de Guzman a quasiment mis fin aux actions terroristes du "Sentier". De Villiers ne l'avait manifestement pas prévu !

 

Encore plus que dans "Tintin et le temple du soleil", on boit du "Pisco Sour", l'apéritif national. Recette : eau de vie + jus de fruits + blanc d'œuf. A la votre !

 

 

"Lima grouillait de beautés farouches, provocantes avec leurs tenues super ajustées" (Il ne faut pas se fier à l'imagination des romanciers...ou alors les choses ont bien changé depuis !)

 

08:57 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

18/11/2010

Pérou : le livre indispensable

Pérou, ombres et lumières

 

Chrystelle Barbier

 

Editions "Toute Latitude"

 

 

Chrystelle Barbier est la correspondante du "Monde" et de "Radio France Internationale", au Pérou, ce pays grand comme deux fois la France, partagé entre le littoral du Pacifique, les Andes et la naissance de l'Amazone.

 

Ce livre n'et pas un guide touristique, ni un essai politique, encore moins un cours universitaire, et pourtant il est un peu tout cela : rappels géographiques,  historiques, politiques, sociologiques, culturels... C'est le livre éclairée d'une bonne journaliste. Elle commence chaque chapitre avec une scène de la vie quotidienne, puis tire le fil de la démonstration. Du particulier au général.

 

Un pays avec ses potentialités, ses "lumières" : ressources minières et touristiques extraordinaires, biodiversité, mais aussi ses "ombres" : inégalités, croissance économique sans véritable développement, pauvreté persistante,  production, trafic et consommation de drogue, violence.

 

Mon livre de chevet pendant mon voyage au Pérou. Le livre indispensable de celles et ceux qui veulent aller voir le Machu Picchu avec le minimum de connaissance des réalités du pays.

 

 

09:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

13/11/2010

Un livre très politique du prix Nobel de littérature

Histoire de Mayta

 

Mario Vargas Llosa

 

Prix Nobel de littérature 2010

 

Folio 4022

 

 

Même sans aller au Pérou, même sans Prix Nobel de littérature, donc même sans prétextes, un livre passionnant, littéraire et politique.

 

C'est l'histoire de Mayta, militant dans un groupuscule trotskiste, issu d'une scission. Pabliste, ou non ?

 

"Il était encore dans cette adolescence où la politique consistait exclusivement en sentiments, indignation morale, rébellion, idéalisme, rêves, générosité, mystique."

"La recherche de la perfection, de la pureté. Quand on poursuit cela, en politique, on arrive à l'irréalité."

"A cette époque, cela semblait impossible qu'un garçon dévot devînt communiste".

C'était avant qu'un prête péruvien, Gustavo Gutierrez,  ne théorise la "théologie de la libération".

"Il n'est pas possible que le remède contre tant d'iniquité soit la promesse de la vie éternelle."

"Quand Dieu mourut dans son cœur, il crut avec la même ardeur à la révolution".

 

Un jour se présente la possibilité de l'action directe. "La révolution cubaine eut raison des inhibitions. La révolution sembla se mettre à la portée de tous ceux qui avaient l'audace de se battre".  Mayta cède à la tentation de la participation à un coup de force,  qui échoue lamentablement, dans l'indifférence, sinon l'hostilité, des paysans et des mineurs. Dans la région de Jauja (voir Tintin et le temple du soleil !).

Mais, "les révolutionnaires ne se repentent pas. Ils font leur autocritique."

 

Ce roman, toujours actuel,  a été écrit en 1984, et la date n'est pas sans importance. Cette année là,  le terrorisme du "Sentier lumineux" ("Le marxisme-léninisme est le sentier lumineux du futur" = 70.000 morts entre 1980 et 2000) est à son paroxysme et le président Fujimori, aujourd'hui en prison,  donne les pleins pouvoirs à l'armée pour lutter contre les groupes révolutionnaires. Les communautés paysannes sont prises entre deux feux, entre deux violences.

"Tout cette violence n'a apporté que de la violence. Et les choses n'ont pas changé." "A la misère et au chômage s'est ajoutée la tuerie".

C'est donc tout un pan de l'Histoire récente du Pérou qui se profile en toile de fond.

 

 

"Informer, c'est maintenant interpréter la réalité selon les désirs, les craintes ou les convenances".

 

"La plupart des gens sont honnêtes parce qu'ils n'ont pas d'autre alternative".

 

08:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature