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25/06/2011

Al Capone, le Malien

Al Capone, le Malien

 

Sami Tchak

 

Editions Mercure de France

 

 

Un journaliste se rend au Mali pour faire un reportage sur le balafon sacré de l'ancien empire du Mandingue.

Dans ses rares moments de détente, il tente de lire "L'homme sans qualités", "roman très intellectuel",  de Musil.

 

Typique de la littérature africaine francophone, le roman efface la frontière entre le rêve et la réalité,  et est parsemé de proverbes anciens ou inventés pour la circonstance : "Quand un singe fait des grimaces et exhibe son cul nu, le sage ne rit ni ne l'imite" ; "A la générosité du pêcheur envers le poisson, l'hameçon est de trop".

 

Le Malien surnommé "Al Capone", dont le lecteur ne connaîtra jamais la source de ses importants revenus, se fait également appelé "Son altesse Edmond VII". L'allusion à la corruption, qui permet une vie luxueuse est claire.

 

 

"A quoi bon épouser une belle femme puisque les autres te la voleront au moins par leurs yeux et par leurs intentions"

 

"La parole jamais ne remplacera ce dont a besoin le ventre qui tient dans sa mollesse toute la puissance du corps et de l'esprit"

 

"Dans une bataille de chiens, on ne sait quel individu a lancé les hostilités, on ne voit que la laideur des canines."

 

"C'est parce qu'il y a des gens qui n'osent pas dire non que l'abus est devenu une règle générale"

 

"C'est sur les débris solides des passés fracassés qu'on élève les murailles des grands rêves"

 

"La meilleure façon de jouir du monde, c'est de ne pas trop le questionner"

 

"Tout n'est que tonitruant pet de l'instant, ensuite le bruit s'estompe et l'odeur s'évanouit"

08:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

22/06/2011

le roman de Liliane Bettencourt

Un milliard de secrets

 

Marie-France Etchegoin

 

Editions Robert Laffont

 

 

Un milliard, c'est la somme offerte par Madame Liliane Bettencourt à son ami François-Marie Banier. "Le fric-frac du siècle dans le temple du capitalisme français".  "Les gens s'ennuient tant qu'ils acceptent presque tout si on les divertit". François-Marie avait, avant de connaître la femme la plus riche de France,  déjà profité des largesses de deux autres vieilles dames très riches.

 

J'avais peu lu les articles de journaux concernant cette affaire, considérant que ce monde n'était décidément pas le mien. Ce monde de femmes, qui ont pour mérite principal d'être des héritières, des rentières, ayant une idée toute relative de la valeur du travail et de l'argent. "Travaillez plus pour gagner plus". Cela a du amuser Liliane quand elle finançait, légalement et illégalement,  la campagne du petit Nicolas de Neuilly.

 

"La milliardaire incarne jusqu'à la caricature l'ordre bourgeois, la droite capitaliste, les dynasties industrielles construites entre les deux guerres et compromises sous l'Occupation".

"Elles n'ont rien construit. Tour leur a été donné". "L'argent est là, comme l'air que l'on respire".

 

Le mari n'a pas d'objection : François-Marie est un homosexuel notoire. Madame Bettencourt fait ce qu'elle veut de sa fortune, qu'elle ne dilapide pas. "Chaque jour, l'héritière, ou plutôt la rentière,  empoche près de 14 millions d'euros". Elle peut bien en distribuer un peu..."Elle peut s'offrir, si cela lui chante, un artiste. Ami, homme de compagnie, confident...qu'importe le statut."

Pour son argent de poche, et pour s'occuper,  André Bettencourt mène sa carrière politique. Il est souvent ministre. Il est peu présent au domicile conjugal. Contrairement à son épouse il n'a pas de fortune personnelle. Seulement un grand manoir de quatorze pièces dans sa circonscription de Normandie.

 

Ce livre d'une journaliste du Nouvel Observateur se lit comme un roman, qu'il aurait pu être si un écrivain avait eu assez d'imagination. Balzac est celui qui me vient à l'esprit. Marie-France Etchegoin fait souvent référence à Mauriac. "Observation de vies minuscules et de vices majuscules". "A travers le trou de la serrure : la vie des riches dans le ghetto de Neuilly". "Les jeux de l'amour et du pouvoir, la comédie de l'argent et du mensonge". Mais il y a également "un thriller sur les luttes au couteau dans les multinationales". Et "les incestueuses relations du pouvoir et de la fortune". Entre l'argent et la politique. Entre la politique et la "justice". Eric Woerth et son épouse, victimes expiatoires, y perdront leur emploi.

Au centre, il y a "l'obsession du complot et de l'argent", l'argent, "qui corrompt jusqu'au cœur des hommes" (et des femmes !). Et la guerre des clans pour s'en approprier la plus grande part. Les ressentiments. "Les universelles rancœurs familiales et éternelles questions d'héritage". Décuplées par les sommes impliquées.

Mais,  "toute ressemblance avec des individus existant ou ayant existé n'est en rien fortuite. Rien n'est inventé !".

 

08:42 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

18/06/2011

Le Président a disparu : le Poulpe le recherche !

La vacance du petit Nicolas

 

Le poulpe

 

Pierre Cherruau et Renaud Dely

 

Editions de la Baleine

 

 

"Toute ressemblance avec des faits réels, des personnes vivantes ou ayant vécu, ne serait que le fruit du hasard".

 

Il est certain que "le Poulpe" est un personnage de fiction. Il a même la particularité de vivre des aventures romanesques écrites par des auteurs différents.

Cette fois ci, il s'agit d'un auteur de romans policiers (dont, déjà, une aventure du Poulpe) et d'un journaliste politique.

 

Tous les autres personnages sont des caricatures de responsables politiques,  bien connus,  que Le Poulpe est amené à rencontrer dans son enquête pour retrouver le Président de la République qui, lui même, "le nain de Neuilly", "le Conducator de l'Elysée",  n'est pas épargné, "avec ses yeux de maquignon de comice agricole", "son attitude de comédien de série B" qui "refaisait son coup du "est-ce que vous trouvez ça normal ?".

 

Le lecteur croise donc "le visage d'honnête homme d'Eric Woerth", "le regard de mutant de Brice Hortefeux, "l'illuminée du Poitou", "le Che Guevarra des PTT", Faurisson et "sa voix nasillarde. Forcément nasillarde", "Titine", "pas du genre à laisser sa part à la cantine, souriante comme une porte de prison, un air de mère matonne à faire régner la terreur dans les cours de promenade. On se serait cru au parloir. C'était le Bureau national du PS !", chez DSK "un piano, à queue, évidemment" (c'était avant l'aventure du Sofitel...), "Nanard", "un gars capable de braquer 350 millions d'euros dans les caisses du Lyonnais et d'en ressortir  avec les félicitations du jury et la compassion du public pour "préjudice moral", jamais vu", et quelques autres... 

 

Jubilatoire !

08:43 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

12/06/2011

100 photos de René Burri

100 photos pour la liberté de la presse

 

René Burri

 

Au profit de "Reporters sans frontières"

 

 

 

100 photos du Suisse René Burri, qui a commencé sa carrière de photographe en 1946.

La majorité des photos présentées sont en noir et blanc et ont été prises lorsque Burri travaillait pour la fameuse agence Magnum.

 

La photo de couverture est un célèbre portrait de "Che" Guevarra. Ce qui est amusant quand ont connaît les dénonciations de "Reporters sans frontières" à l'encontre du régime cubain.

Autre portrait célèbre : celui de Picasso.

 

Beaucoup de scène de rues dans cet album, à commencer par La Havane, mais aussi l'Argentine, l'Egypte, le Vietnam, Chicago,  Berlin et son mur.

Beaucoup de formes géométriques pour mettre en valeur l'architecture de Brasilia, et celle de Le Corbusier.

 

 

"Les images sont comme les taxis aux heures de pointe..." (René Burri)

 

 

 

08:33 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photos

11/06/2011

Le Chili de Pinochet n'est pas mort

L’obscure mémoire des armes

Ramon Diaz-Eterovic

Editions Métaillé noir

 

La dernière aventure du détective privé Heredia. J’ai déjà parlé sur ce blog de « La couleur de la peau ». Heredia est un détective littéraire, qui complète ses maigres revenus en écrivant des résumés de livres. « On doit constamment être saoul d’écriture pour ne pas être détruit par la réalité » (Ray Bradbury). Il vit avec un chat philosophe baptisé « Simenon ». Avec lui, il ne peut être question d’une banale enquête. « Chercher la trace cachée, la vérité derrière les apparences »

« L’obscure mémoire des armes » nous parle de la période de la dictature militaire au Chili. Personne n’a oublié Pinochet. « Je ne crois pas les hypocrites qui prétendent ne pas avoir su ou ceux qui disaient être enfermés dans une bulle qui les empêchait de voir ce qui se passait ».  Amnistie et donc impunité ? Le débat faisait encore rage il y a deux semaines quand j’étais en Uruguay. Droit des victimes à la vengeance, si la justice ne passe pas ? « La vérité et la justice suivent parfois des chemins opposés ». Les anciens tortionnaires continuent-ils à commanditer des meurtres pour effacer leurs traces ? Sont-ils réellement devenus inactifs et inoffensifs ?

 

« Le courage consiste à dire ou faire quelque chose au moment opportun. Le reste n’est que remords ou compromissions »

« La politique, la sociologie, l’économie et autres sciences occultes prétendent expliquer le comportement erratique de l’homme depuis ses premiers pas sur la terre »

« Le poids des ans pèse comme une condamnation à l’heure de chercher un emploi »

« L’heure est venue, je suppose, de commencer à vivre de souvenirs »

« On ne peut échapper aux pressions de la mémoire. Tôt ou tard, que ça plaise ou non, on doit se rendre au rendez-vous qu’elle nous impose »

« Tout ce qui vaut la peine d’être consommé a une charmante odeur de cholestérol »

« Même les chats les plus farouches ont besoin d’une caresse de temps en temps »

« Un livre, un bon lit, une table bien garnie, une musique pour vous caresser les oreilles »

« La vie : sans doutes et  sans mystères, elle ne serait qu’une succession de jours monotones »

08:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature