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21/11/2016

Entre Tatcher et Trump

Juppé n'étant probablement pas assez conservateur pour l'électorat de droite français qui, par ailleurs,  ne supporte plus Sarko, comme la plupart des Français, c'est donc le "Tatcher de la Sarthe" qui sera probablement le candidat de la Droite à la prochaine élection présidentielle.

Bachar al Hassad peut se réjouir : comme Trump , Fillon ne veut pas entendre parler d'aide aux insurgés syriens non islamistes et prône un resserrement des liens avec Poutine.

Les Ukrainiens, eux, peuvent être inquiets. Là aussi Fillon est sur la même ligne que Trump : fin des sanctions, et reconnaissance de l'annexion de la Crimée.

Une élection ne se gagne jamais sur les questions de politique internationale, mais quand même...

Sur les questions sociales, la question est simple : est-ce que les syndicats seront aussi mobilisés qu'ils l'ont été contre la loi El Khomri ?

Si Fillon est désigné à Droite, pourquoi pas Ayrault à Gauche ?

 

12/09/2016

Mémoires de Louis Mermaz

Il faut que je vous dise

Louis Mermaz

éditions Odile Jacob

 

Il y a Louis Mermaz l'homme politique: fondateur, avec François Mitterrand de la"Convention des institutions républicaines", membre de la direction du PS, Président de l'Assemblée nationale, président du Groupe socialiste, plusieurs fois ministres, maire de Vienne, Président du Conseil général de l'Isère, après quelques tentatives infructueuses en Normandie ("celui qui ne buvait pas n'était pas un homme").

Il laisse percer de l'amertume de ne pas avoir été choisi par François Mitterrand pour être Premier Ministre, et de ne pas avoir pu devenir Premier secrétaire du PS pour remplacer Jospin. "Je regrettais dans mon for intérieur que François Mitterrand ne meut pas appelé en son temps comme Premier ministre, ni soutenu plus tard pour parvenir à la tête du parti."

Je me souviens que dans les années 70, alors que j'étais Secrétaire national des cheminots socialistes, il nous expliquait que notre but devait être de "refaire à l'envers ", d'effacer,  la coupure du Congrès de Tours de 1920, quand les socialistes s'étaient séparés des communistes.

Aujourd'hui, il est toujours aussi virulent contre le capitalisme et pour les droits de l'Homme.

Je ne savais rien de l'homme. Sa vie aurait pu être un roman, parfois tragique. "Fils naturel", "batard" comme il l'écrit, d'un ministre de la IIIe République. Situation plus honteuse alors, en 1931, qu'aujourd'hui ("une souffrance jamais cicatrisée"). Père de trois enfants, deux garçons et une fille. Jeune adulte,  un de ses fils, étudiant brillant,  meurt dans un accident de surf qui aurait pu être évité. Son autre fils abandonne des études différentes mais non moins brillantes pour vivre sa passion pour le théâtre. Passion exigeante mais peu rémunératrice qui le plonge dans des périodes de dépression aggravée par le décès de son frère.

Louis Mermaz rentre souvent dans les détails. Une excellente mémoire, et probablement beaucoup de notes conservées qui font revivre des périodes pleines d'espoirs, et de socialistes que j'ai croisés, comme "Roger Fajardie, esprit fin, subtil et rusé dans un corps qui se mouvait avec difficulté".

"Se pencher sur sa vie, ses émotions, ses souffrances parce que chaque homme de sa naissance à sa mort porte en lui un fragment de l'humanité."

 

"Je n'aime pas Napoléon. Il a laissé la France plus petite qu'il ne l'avait trouvée" (François Mitterrand)

"François Mitterrand ne voulait jamais donner à penser qu'il escomptât quelques chose de qui que ce fût."

"François Mitterrand supportait mal qu'on pût manquer  un rendez-vous fixé à sa seule convenance. Il souhaitait nous voir nous implanter à travers la France, mais s'étonnait qu'on ne répondît pas, toutes affaires cessantes, à ses invitations."

"Ceux que François Mitterrand réunissait n'avaient aucune affinité entre eux, et lui retiré de la vie politique ou disparu, ils se disperseraient."

"La vie, ça passe comme ça. C'est déjà fini. On aperçoit qu'on a à peine eu le temps de rien faire." (François Mitterrand)

 

 

 

11:43 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique

17/08/2016

Burkini

Incroyable sujet de débat ! 

Je ne sais pas si elles portaient des burkinis, mais j'ai vu ces dernières années des femmes se baigner tout habillées. Sans que l'on appelle la police pour cela, ni que la politique s'en empare.

En les voyant, je les plaignais, les considérant comme prisonnières, de leur religion, ou d'une interprétation de leur religion. Le fait que seules les femmes se baignaient habillées et pas les hommes qui les accompagnaient est révélateur de l'inégalité profonde engendrée par cette religion, ou l'interprétation de cette religion.

Les orthodoxes juives ont-elles le droit de se mettre en maillot de bain ?

Faut-il interdire aux gens de se baigner habillés ? Dans les piscines, certainement. Mais dans la mer ? Trouble à l'ordre public ? Risible ! 

 

15:40 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : burkini

03/07/2016

Michel Rocard

Tristesse en apprenant le décès de Michel Rocard. Pluie de commentaires. Même ses adversaires chantent ses louanges. Même François Mitterrand aurait ciselé une phrase pour saluer sa mémoire, s'il n'était pas parti le premier.

J'ai parlé il y a peu de ses mémoires sur ce blog ("Michel Rocard raconte son itinéraire").

J'ai adhéré au PSU en 1969, pour appuyer sa candidature à la présidentielle. En 1973, j'étais candidat au PSU aux législatives. J'ai fait 3,5%. La moyenne du parti...J'en ai tiré les leçons, et j'ai adhéré au PS en 74, en même temps que Michel Rocard.

Mais je n'ai véritablement connu Michel Rocard que lorsqu'il est devenu Député au Parlement européen.

A ma connaissance, il est le seul à avoir abandonné un siège de sénateur pour devenir député européen. Il y a un certain nombre d'exemples inverses. Preuve de son engagement européen.

Michel Rocard avait un handicap, pour un homme politique voulant se faire élire : à part les jolies femmes, il n'avait pas la mémoire des visages, et encore moins celle des noms. J'avais beau le saluer, il se tournait toujours vers son assistante pour lui demander qui j'étais...Au point que celle-ci a fini par organiser un déjeuner entre nous quand je suis devenu Secrétaire général du Parti Socialiste Européen.

Michel Rocard était un vrai militant. Mes amis, et même probablement mes ennemis, se souviennent encore de notre arrivée dans la petite ville d'Aire-sur-la-Lys, au bord de ma twingo (désolé, je n'avais pas d'autre voiture...), après deux bonnes heures de route depuis Bruxelles.

Le député de la circonscription, Michel Lefait, et le Premier Secrétaire de la Fédération du Pas-de-Calais, Janquin, m'avaient intimé l'ordre d'annuler la venue de Michel Rocard. Mais je ne suis pas du genre obéissant...

La dernière fois que j'ai travaillé avec Michel Rocard, j'ai préparé, selon ses instructions, un texte pour la préservation de l'Arctique, qui sera voté par le Parlement européen.

Quand il a quitté le Parlement européen, il a été nommé ambassadeur de la France pour les négociations pour les pôles. 

Pas question de retraite pour Michel Rocard. Il n'arrêtait pas de lire des rapports, de voyager, de faire des propositions,  de s'engager. C'était sa vie, jusqu'au bout.

 

17:41 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rocard

22/06/2016

Hommage à Edgard Pisani

Edgard Pisani vient de s'éteindre à 97 ans. Je ne sais pas si son nom dit quelque chose aux moins de 50 ans.

J'ai fait la connaissance d'Edgard Pisani en 1979. J'étais candidat aux élections cantonales dans le sud de l'Essonne. Un canton immense, avec certaines communes de moins de 50 habitants. Très rural, très agricole, mais avec de plus en plus de "rurbains" vivant à la campagne et travaillant en ville. Eventuellement à Paris distant de plus de 60km.

Et Edgard Pisani était venu m'épauler. Dix ans après son passage au ministère de l'agriculture, les agriculteurs se souvenaient encore de lui, de façon positive.

Pour le fameux Congrès de Metz de cette année là, il avait choisi Michel Rocard, et moi Pierre Mauroy, mais il n'en avait cure, et ne faisait preuve d'aucun sectarisme.

Sans aucune chance de gagner, j'étais candidat face à un sortant communiste, héros de la Résistance,  réélu au premier tour depuis la Libération. Edgard Pisani avait également été un grand résistant, d'une vingtaine d'année.

J'avais été, l'année précédente , le suppléant de Jacques Guyard, futur ministre, mais nous avions été précédés au premier tour par la candidate communiste. A cette époque l'union de la Gauche était, déjà,  un "combat", comme le disait les dirigeants communistes de l'époque. Pour la première fois, le sortant communiste fut mis en ballotage par "le candidat d'Edgard Pisani". J'avais moins de 30 ans...Et n'eut aucune peine à me désister.

En janvier 1981,j'ai retrouvé Edgard Pisani au Parlement européen où il avait été élu en 1979. En mai, il m'avait expliqué que la marge de manoeuvre d'un gouvernement n'était pas extensible.

En juin, après l'élection de François Mitterrand, celui-ci le nomma à la Commission européenne, en remplacement de Claude Cheysson, devenu ministre des Affaires étrangères. Il y était responsable du Développement. Quinze ans plus tard, en parcourant l'Afrique avec des délégations du Parlement européen, les Africains nous parlaient encore de l'action d'Edgard Pisani.

Puis il devint ministre de François Mitterrand. A ma connaissance, il est le seul à avoir été ministre du général De Gaulle et de François Mitterrand.

Préfet, Sénateur (de Haute-Marne), Maire, Député, Député européen, ministre, et pour finir Président de l'Institut du Monde arabe : j'ai eu l'occasion de demander à Edgard Pisani quel mandat il avait préféré. Sans hésiter, il m'a répondu "maire : c'est le laps de temps le plus court pendant lequel tu vois concrétiser les décisions prises".

C'est un grand militant, grand intellectuel qui vient de nous quitter.