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18/11/2007

Aire sur Rwanda

Je retourne au Rwanda

 

 

 

Qui sont les gentils ? Qui sont les méchants ? Qui a commencé ?

 

Les réponses à ces questions varient,  selon les interlocuteurs...

 

Qu'est ce qui peut amener une telle haine entre êtres humains, au point de vouloir détruire l'autre ?

 

Pourquoi cette volonté de puissance et de pouvoir, au prix de la "terre brûlée" ?

 

Pourquoi les mécanismes de règlement du conflit ont-ils été inopérants ?

 

Pourquoi les institutions ayant la  responsabilité d'apaiser le conflit et de trouver des compromis,  ont elles préféré la politique du pire, jusqu'à la catastrophe ?

 

 

800.000 morts, cela relativise nos "bisbilles" airoises.

 

Je me pose une terrible question : la mécanique de l'affrontement est-elle si différente ?

 

 

 

08:15 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (6)

27/09/2007

Darfour : Des troupes européennes pour protéger les civils réfugiés

Des troupes européennes pour la paix

 

Et la protection des réfugiés du Darfour,

Dans les pays voisins

 

 

 

L'ONU vient de confier à l'Union européenne le mandat de sécuriser la zone dans laquelle se trouvent 300.000 réfugiés et 200.000 déplacés soudanais, tchadiens et centrafricains.

 

C'est une bonne nouvelle :

 

- pour les populations concernées ;

 

- pour celles et ceux qui considèrent que le rôle des armées européennes aujourd'hui doit être d'abord d'assurer la sécurité et le maintien de la paix ;

 

- pour celles et ceux qui souhaitent la mise en place d'une politique européenne commune de sécurité ;

 

- pour celles et ceux qui sont fatigués des déclarations multiples du Conseil européen et déçus par la rareté des actions communes ;

 

- comme diraient les Britanniques "the proof is in the pudding !" La preuve que le gâteau existe, c'est qu'on peut le manger ! La preuve de l'existence de la politique européenne commune se trouvera dans des actions communes comme celles-ci ;

 

- pour celles et ceux qui sont heureux que nous sortions enfin des liens néocoloniaux ("Françafrique") pour entrer dans une véritable coopération et un véritable partenariat entre l'Europe et l'Afrique ;

 

- c'est une bonne nouvelle également parce que le Conseil de Sécurité de l'ONU a donné ce mandat selon la Chapitre VII,  qui donne la possibilité aux troupes de prévenir les attaques, sans être obligés d'attendre d'être attaqué pour riposter.

 

 

Pour que l'action soit véritablement européenne, il faudrait que le maximum de pays participe. Il est heureux que des pays traditionnellement neutres, comme la Suède et l'Irlande semblent désireux de s'impliquer.

 

Il est regrettable que les Britanniques non seulement aient fait savoir qu'ils ne participeraient pas, mais aient refusé que le Quartier Général européen de Bruxelles soit utilisé, obligeant la France à proposer le Mont Valérien.

 

Les Britanniques sont en Irak sans mandat de l'ONU : ils feraient bien d'en retirer leurs troupes pour aller secourir les réfugiés du Darfour sur lesquels ils pleurent si facilement à la télévision.  

 

 

Bien évidemment la présence des troupes européennes, essentielles pour contribuer à la sécurisation de la région, et donc de la distribution de l'aide humanitaire, ne sera pas, à elle seule, suffisante pour assurer une stabilité à long terme,  qui suppose le respect des Droits humains, de l'Etat de droit et de la bonne "gouvernance".

 

 

08:50 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0)

13/09/2007

Les investissements étrangers en Afrique

Impact des investissements étrangers directs dans les pays ACP

 

 

 

Dans un système capitaliste de marché, mondialisé, les investissements privés vont là où ils peuvent espérer le plus grand profit.

 

Le flux de ces IDE s'est accru ces dernières années. En fait, en %, par rapport à l'augmentation très importante des IDE dans le monde, l'Afrique en a reçu un % minime (entre 2et 3%).

 

Plus de la moitié de ces IDE vers l'Afrique vont vers les pays pétroliers.

 

Les IDE  ne se concentrent que sur les industries extractives.

 

Dans le domaine pétrolier, qui est donc le secteur où se font la majorité des IDE, en Afrique, où l'exploitation se fait surtout off-shore, tout le monde sait bien qu'il n'y a aucun transfert de technologie, ni de compétences : une compagnie pétrolière étrangère peut en remplacer une autre, mais la technologie n'est pas africaine. Même le personnel, sauf subalterne,  n'est pas africain, faute de formation.

 

 

Pourquoi les IDE sont ils si rares en Afrique ?

 

Peut-être pour les mêmes raisons qui font que les capitaux africains, à l'exception de capitaux sud-africains, ne s'investissent pas en Afrique ?

 

Pourquoi les Africains qui ont des capitaux, à commencer malheureusement par de nombreux Chefs d'Etats africains, placent leur argent en Suisse, à Londres, aux USA et pas en Afrique ?

 

 

Où sont les investissements européens, ou africains,  pour transformer les matières premières africaines, qu'elles soient minérales ou végétales ?

 

Où sont les investissements européens, ou africains,  pour créer des usines compétitives pour transformer le coton africain du Mali ou du Burkina en produits textile,  de qualité ou pas ?

 

Pourquoi n'y-a-t-il pas plus de "zones franches" attractives, comme à Maurice ou à Madagascar ?

 

 

C'est d'investissements publics dont les pays ACP ont besoin, pour créer des infrastructures de transport et d'accueil des entreprises, même si ce ne sont que de petites entreprises.

 

Nous avons en Europe, pris en charge par les pouvoirs publics,  des "pépinières" et autres "incubateurs" d'entreprises pour favoriser la naissance et la croissance des petites entreprises.

 

 

Un récent rapport insistait sur le potentiel que représente le tourisme : pour que des investissements privés se fassent dans ce secteur économique en Afrique, comme cela a été le cas dans les Caraïbes et les pays du Pacifique, il est illusoire de tout attendre des investissements privés, il faut des investissements publics pour créer les conditions d'accueil.

 

08:50 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (5)

07/06/2007

médicaments testés en Afrique

Firmes pharmaceutiques en Afrique : la réalité rejoint l'affliction

 

 

 

En 2005 j'avais parlé dans ce blog du film "La constance du jardinier", et évoqué le livre paru en 2001 (John Le Carré), dénonciation des pratiques des firmes pharmaceutiques en Afrique,  qui leur sert de terrain d'expérimentation.

 

J'écrivais : " on ne sait pas si ces pratiques sont réelles ou supposées, mais le pire c'est qu'elles sont crédibles, et c'est terrifiant : oui, il n'est pas impossible que de nouveaux médicaments soit testés sur des populations démunies qui ne sont pas en mesure de refuser".

 

C'était vrai, et ça ne va pas favoriser la diffusion des médicaments en Afrique...

 

 

09:40 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (2)

29/03/2007

A l'oued rien de nouveau !

Mission d'observation des élections en Mauritanie (2ème tour, 25 mars)

 

 

 

L'évènement historique :

 

 

Le deuxième tour de l'élection présidentielle constituait l'aboutissement du processus de transition vers la démocratie,  initiée par la junte militaire de transition qui a pris le pouvoir en août 2005.

 

C'est la première fois dans l'Histoire du pays que se déroulait un deuxième tour d'élection présidentielle.

 

Pour la première fois, se déroulait,  à la télévision et à la radio,  un débat qui ne fut pas vraiment contradictoire mais une succession de réponses.   Plus un "côte à côte" qu'un "face à face".

 

Dès lors il était intéressant d'observer le comportement des électeurs qui n'avaient pas choisi l'un des deux candidats présents au deuxième tour (65%)

 

 

La continuité plus que le changement

 

 

Comme l'indiquait le compte-rendu du premier tour,  Sidi ould Abdellahi, ancien ministre de l'ancien Président ould Taya,  représentait une certaine continuité avec le régime précédent,  alors que notre camarade Ahmed ould Daddah, soutenu, entre autres, par la communauté négro-mauritanienne et les islamistes modérés,  incarne depuis longtemps l'opposition et la lutte pour la démocratie.

 

 

Les résultats du premier tour pouvaient laisser espérer la victoire des partisans du changement. Malheureusement dans ce camp, le leader des "harratines" (descendants d'esclaves), Messaoud ould Boulkeir, qui avait recueilli 10%, a fait défection et a probablement fait basculer le résultat.

 

 

Un résultat incontestable qui n'a pas été contesté

 

 

Malgré ce revers,  les observateurs politiques locaux s'attendaient à un résultat serré.

 

A 52,85%, ce terme ne peut être utilisé.

 

Ould Daddah n'a donc pas contesté l'élection du nouveau Président, qu'il a félicité, renforçant ainsi la légitimité du nouvel élu.

 

 

Pourtant,  la mission à long terme de l'Union européenne avait relevé quelques problèmes de "location" de carte d'identité (le temps d'un vote) et d'obstruction au transport des électeurs.

 

Notre mission parlementaire s'était partagée entre la capitale et des bureaux de vote très reculés.

 

Les problèmes déjà soulevés au premier tour n'ont pas été résolus : manque de transparence et de plafonnement des frais de campagne, fonctionnaires "libérés" pour faire campagne, lettre ou tampon "à voté" mal calligraphiée ou mal posé,  entraînant la nullité de bulletins.

 

Mais rien de tout cela, resté marginal,  ne peut remettre en en cause le résultat final.

 

 

Les acquis

 

 

Même si les hommes de l'ancien régime sont très présents dans l'équipe du vainqueur, il est possible d'espérer que certains changements apparus pendant la période de transition restent acquis : libéralisation de la presse, transparence des comptes publics, fin des passe-droits pour les proches du pouvoir.

 

Pour être élu, et pour récupérer les voix des "harratines", le nouveau Président a du faire des promesses dans le domaine social et concernant le "passif humanitaire" (expression diplomatique pour parler de l'esclavage, officiellement aboli).

 

Reste, comme l'a déclaré à notre délégation un ambassadeur européen : "tout continue comme avant : les noirs travaillent, les Maures dirigent et font les comptes".

 

Les intérêts de la "nomenklatura" et de la hiérarchie militaire seront probablement préservés par le nouveau régime.

 

 

 

Et maintenant ?

 

 

"Il nous appartient de poursuivre sans relâche,  et avec tous les moyens légitimes, notre lutte contre la pauvreté, l'ignorance et l'exclusion, notre combat en faveur des malades, des victimes de la malnutrition et des faibles, notre combat pour barrer la routes à toutes les formes de dictatures, d'exploitation de l'Homme par l'Homme et de gabegie", a déclaré Ahmed ould Daddah le lendemain de l'élection.

 

Mais il n'est pas impossible que certains responsables de son parti soient fatigués d'être dans l'opposition et  soient tentés de rejoindre le camp du vainqueur.

16:15 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0)