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26/12/2010

Pas seulement une enquête policière

Qui a tué Palomino Molero ?

 

Mario Vargas Llosa

 

Prix Nobel de littérature 2010

 

Folio 2035

 

 

« Bordel de merde, de vérole de cul ! », ainsi commence ce roman du futur prix Nobel de littérature qui, longtemps, n’a pas du se lever de bonne heure…

 

Le cadavre, affreusement mutilé, d’un jeune homme est retrouvé dans la campagne.

Le lieutenant de gendarmerie Silva, et son adjoint, le sergent Lituma, mènent l’enquête, qui les mène rapidement vers la base militaire.

 

L’enquête policière est l’occasion de montrer la pauvreté de la population, le racisme à l’égard des métis, l’impunité dont profitent les militaires, et une galerie de portraits de personnages attachants.

 

 

« Jamais un amour ne lui avait paru assez impérieux  pour risquer sa vie, ou pour défier le monde entier. »

« L’amour avait brisé les préjugés sociaux et raciaux, l’abîme économique ».

 

« Chaque fois que rote une mouche, toi tu chies dans ton froc »

08:36 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

18/12/2010

Roman policier sud-africain

Jusqu'au dernier

 

Deon Meyer

 

Grand prix de littérature policière 2003

 

Points n° P 1072

 

 

Avez-vous réalisé qu'en ce moment, au Cap, c'est l'été,  et que tout le monde va se retrouver à la plage au moment des fêtes de fin d'année. Le père Noël sur une planche à voile...

Si, comme moi, vous ne pouvez en profiter, reste la possibilité de rêver un peu en lisant un roman policier de Deon Meyer, bien ancré dans sa ville du Cap.

 

Comme souvent chez Deon Meyer, deux enquêtes s'entrecroisent, car les policiers ne peuvent pas s'occuper d'une seule affaire à la fois :

- D'une part des meurtres en série, perpétrés à l'aide d'une arme ancienne,  qui remonte à la guerre des Boers. Y-a-t-il un lien entre les victimes ?

- D'autre part des hold-up de banques par un homme seul, toujours aimable,  et qui aime se déguiser. Y-a-t-il un lien entre les deux affaires ?

 

Au delà de l'intrigue policière, le roman vaut par les descriptions de l'atmosphère du Cap, de l'Afrique du Sud post apartheid, des personnages, et en particulier l'inspecteur Matt Joubert,  toujours pas remis de la mort, en service, de sa femme.

 

Un livre qui montre à quel point il est difficile de s'en tenir à un régime alimentaire, d'arrêter de fumer, ou de boire, même pour tenter de sauver sa santé !

 

 

"Cela réveillait une peur primitive : celle de la mort sans motif, le pire destin qui soit"

 

"L'insignifiance de la vie était tout aussi triste que l'irrévocabilité de la mort"

 

 

08:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature

11/12/2010

Féroce Guinée

Féroce Guinée

 

Gérard De Villiers

 

SAS n° 185

 

 

Dans le golfe de Guinée, trois pays portent ce nom :

- La Guinée, dont la capitale est Conakry,  et qui vient d'élire Alpha Condé à la présidence de la république. C'est la première fois, depuis l'indépendance à l'égard de la France, en 1958, que des élections libres et démocratiques ont eu lieu. Et un socialiste  a été élu. Nous étions intervenus pour le faire sortir de prison, où il était pour des raisons purement politiques. Je l'avais fait venir au Parlement européen, il y a une dizaine d'années, à sa sortie de prison ;

- La Guinée équatoriale, hispanophone, petite éponge à pétrole d'Amérique centrale, dont les dirigeants s'enrichissent scandaleusement sans se préoccuper de la misère de leur peuple ;

- La Guinée Bissau, lusophone, un des pays les plus pauvres du monde, dont il est question dans ce livre.

 

La moitié de la cocaïne en provenance d'Amérique latine et à destination de l'Europe passe par l'Afrique de l'ouest, puis par la bande désertique sahélo-saharienne, grande comme deux fois la France.

 

Comme "tête de pont" de ce trafic, rien de tel qu'un Etat failli, désorganisé, pauvre, sans police,  dont les dirigeants militaires, qui contrôlent le passage des avions et des bateaux, contrôlent également le pays.

 

La Guinée Bissau correspond parfaitement à la définition : les militaires y tiennent une place essentielle, les présidents s'y font assassiner, les premiers ministres et les chefs d'état major gênants y sont écartés, généralement violemment.

Le seul revenu est l'exportation de la noix de cajou...et l'aide internationale qui représente 80% du squelettique budget de l'Etat. "Les subventions, c'est sacré, parce que cela nourrit la classe politique de Guinée Bissau".

 

Facile donc de corrompre le chef d'état major de l'aviation et le chef d'état major de la marine, le contre-amiral Bubo Na Tchuto, héros négatif de ce roman.

Obligé, temporairement, de fuir après une tentative de putsch manqué en 2008, Bubo vient d'être, par décret présidentiel, renommé à la tête de la marine, ce qui représente un échec cuisant pour la communauté internationale...et pour SAS chargé de le neutraliser !

Le gouvernement a saisi tous ses biens aux Etats-Unis et interdit toute transaction avec lui.

 

D'après De Villiers, si la CIA s'occupe, enfin, de Bubo, ce n'est pas tant à cause du trafic de drogue à destination de l'Europe que de ses liens avec l'AQMI, branche d'al-Quaïda dans le Sahel.

Les terroristes bandits de l'AQMI ne peuvent pas vivre uniquement de l'argent des rançons. Ils s'enrichissent donc également,  soit en assurant leur "protection" aux passeurs de drogue, soit en se chargeant eux mêmes du transport.

 

L'histoire ne dit pas par où passe la cocaïne à la sortie du désert,  et avant d'arriver en Europe. J'ai lu un article d'un universitaire londonien qui met directement en cause les  services secrets algériens...mais ceci fera peut-être l'objet d'un autre roman ! 

 

Et maintenant que SAS est reparti ? La mission "réforme de la sécurité", de l'Union européenne, mise en place au moment de la Présidence portugaise, plie bagages, consciente de son échec. La CEDEAO, organisation régionale africaine de l'Afrique de l'Ouest envisage une mission de "stabilisation", ce dont l'armée locale ne veut pas entendre parler...

 Le trafic de drogue via la Guinée Bissau,  et le Sahel, a encore de beaux jours devant lui !

 

 

"Ce continent recueillait des gens au passé flou qui échouaient là et ne repartaient plus jamais"

08:01 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : littérature

04/12/2010

Black Bazar

Black Bazar

 

Alain Mabanckou

 

Editions du Seuil

 

 

J'avais bien remarqué Alain Mabanckou,  et sa casquette, au café afro-cubain, du coin de la rue Saint Denis et de la rue de la Ferronnerie. Comme ce n'est pas à Paris que je garde mes livres de littérature africaine, je ne pouvais aller le voir en lui demandant une dédicace. Je ne me voyais pas non plus aller le déranger en lui disant : "J'ai lu, presque, tous vos livres depuis "Les petits fils nègres de Vercingétorix" en 2002. Vous avez eu le prix Renaudot pour "Mémoires de porc-épic", mais vous méritiez de l'avoir l'année précédente pour "Verre cassé", que j'ai trouvé bien meilleur..."

J'ignorais à ce moment là qu'il allait faire, ou qu'il avait déjà fait,  du "Jip's", ce "maquis" au cœur de Paris, un élément central de "Black Bazar".

 

"Black Bazar" se déroule à Paris, avec plein d'allers et retours, par l'esprit,  avec le "petit" Congo, par opposition au Congo "belge".

Essentiellement dans certaines parties de Paris que je connais bien :

- le JIP's, où l'on peut prendre des cours de salsa tous les dimanches après-midi. Imagination du romancier : Mabanckou invente en face de ce café coloré une boutique de strings, alors qu'il n'y a que d'un côté un "Bistrot romain" et de l'autre une pizzeria...

- la rue Riquet, et le métro Marx Dormoy, ce qui me ramène entre 50 et 60 ans dans mon passé, à une époque où les Algériens y étaient beaucoup plus nombreux que les Congolais...

- Les alentours du métro "Château d'Eau", avant d'arriver à la gare de l'Est, et tous ses coiffeurs spécialisés dans les chevelures africaines. J'y ai souvent remarqué les attroupements d'Africains à la sortie du métro, je n'aurais jamais imaginé l'explication qu'en donne le romancier...

 

Il n'y a pas vraiment d'histoire, mais, comme souvent chez Mabanckou, la description d'un personnage attachant, en l'occurrence le "Fessologue",  et,  comme le dit l'auteur : "Un écrivain est un artiste, c'est un peintre des mots..."

De plus, comme l'auteur enseigne la littérature francophone, les allusions littéraires, et pas seulement concernant la littérature francophone,  y sont légions.

 

 

"Dis moi comment tu noues ta cravate, je te dirai qui tu es". (Une des devises de la SAPE , "Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes")

 

08:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

27/11/2010

Lost City Radio

Lost City Radio

 

Daniel Alarcon

 

10/18 n°4327

 

 

Un jeune auteur américain, d'origine péruvienne, parle d'un pays imaginaire, qui fait irrésistiblement penser au Pérou des années noires, quand l'armée avait les pleins pouvoirs pour lutter contre le terrorisme.

Mais l'on pourrait penser à d'autres pays latino-américains ayant subi une guerre civile et/ou une juste militaire.

Un pays qui veut oublier la guerre civile, qui reste, malgré tout,  ancrée dans les mémoires.

 

L'émission "Lost City Radio" est consacrée, chaque semaine, aux nombreux disparu(e)s.

"Des centaines de milliers de personnes déplacées allaient former le cœur de son audience."

Bien entendu, l'animatrice de l'émission va se trouver confronter à son propre passé.

 

 

"Les hommes politiques, ça n'existe plus : il n'y a plus que des flagorneurs et des dissidents"

 

"La campagne comptait sur la militarisation croissante exigée par les forces de l'ordre, tirait sa force et sa légitimité  d'un massacre d'innocents, ou de la disparition de tel sympathisant connu et bien aimé."

 

 

 

08:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature