04/03/2015
du côté d'Anvers
Au bout de la Flandre
Jeroen Janssen
Grands reporters, Les Arènes XXI
Doel : un moulin classé monument historique, dominé par la tour de refroidissement d'une centrale nucléaire. La beauté tranquille des polders, à perte de vue, des digues, sur fond de hauts pylônes électriques, de docks et de raffineries. Le "plat pays" qui est le leur et des montagnes de conteneurs. Des grues, une usine pétrochimique.
Le port d'Anvers, le deuxième d'Europe, a besoin de s'agrandir. Personne n'a été exproprié, mais une société rachète tous les terrains qui pourront être utiles à l'extension de la zone portuaire. Les gens sont indemnisés et partent de leur plein gré. Les touriste viennent voir Doel en train de mourir.
21:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd
27/02/2015
les tondues de la Libération
Et ils oublieront la colère
Elsa Marpeau
"Série noire" Gallimard
Un jeune prof d'histoire est assassiné. Il se passionnait (un peu trop ?) pour le sort des "tondues" de la Libération. "Entre 43 et 46, elles ont été à peu près vingt mille en France". Avec un exemple concret dans le village où il a été tué.
La gendarme chargée de l'enquête fait le lien entre le meurtre et les évènements de l'été 44.
Une enquête qui nous mène de surprises en revirements, mais en gardant en perspective la problématique des sentiments exacerbés dans ce moment historique fort, avec "le plaisir entier, intact, de blesser, de meurtrir, d'humilier". "A la mémoire collective de tous les boucs émissaires qui permettent aux autres de se croire plus forts." "Ressouder la communauté derrière un bouc émissaire. Créer un spectacle. Redevenir des vainqueurs après des années d'humiliation." "plus tard encore, la plupart d'entre eux désirent plus que tout oublier."
"Toutes les religions, musulmane, juive ou catholique, s'en sont prises à la chevelure féminine. Dès le premier Epître de saint Paul aux Corinthiens."
"J'aurais dû prendre un peu parti pour sa toison
J'aurais dû dire un mot pour sauver son chignon" (Georges Brassens, La Tondue)
"Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La victime raisonnable
Au regard d'enfant perdue" (Paul Eluard)
"Il n'est pas interdit d'espérer qu'un gamin, parfois, ne hurle pas avec la meute et refuse de participer au massacre collectif." (à propos du harcèlement à l'école)
Mais tout est relatif : "pensez à d'autres pays où on se venge des crimes imputés aux femmes en les lapidant à mort."
18:01 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, polar
26/02/2015
Promenade en Equateur
Les vertiges de Quito
Didier Tronchet
"Grands reporters" , éditions Les Arènes XXI
L'Equateur n'est pas seulement une indication géographique, c'est également un petit pays andin, coincé entre le Brésil, la Colombie et le Pérou.
Sa capitale, Quito, est à 2.850 mètres d'altitude , accrochée aux flans d'un volcan...qui se réveille parfois, et qui tremble d'autres fois. Pas facile pour les avions de se poser ou de partir sur un terrain ainsi accidenté. Une ville très différente des autres capitales latino-américaines construites par les conquistadors selon des plans à damiers, impossible dans ce cas.
Je suis allé en Equateur, mais pas à Quito qui n'est pas la ville la plus importante du pays. C'est Guayalquil, un port important sur le Pacifique. Je suis également allé à Cuenca, vieille capitale inca, où j'ai visité une des dernières fabrique de "Panama". Car, peu de gens le savent, les vrais "panamas" ne sont pas fabriqués au Panama mais en Equateur... C'est également à Cuenca que je me suis fait agresser par un homme armé d'un couteau qui voulait que je lui remette mon portefeuille. Ce que je n'ai pas fait, utilisant quelques reliquats de mes années de karaté et de Tae Kwon do. Dans la BD, il arrive une aventure de ce genre à une de nos compatriotes. Elle a eu moins de chance que moi, puisque son agresseur, devant son refus, n'a pas hésité à lui tirer dessus. Elle est morte à l'hôpital , faute d'avoir encore sa carte de crédit sur elle...
Le dessinateur Didier Troncher vient du Pas-de-Calais, et je comprends qu'il ait été dépaysé, et fasciné, par ce pays, malgré la violence de la nature et des hommes.
16:21 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd
21/02/2015
Deon Meyer au top de son art
Kobra
Deon Meyer
Policiers Seuil
Deon Meyer maîtrise l'art de l'action et du suspens. Le livre est haletant et ferait un très bon film. De la même veine que "13 heures".
Le plus qu'apporte Deon Meyer est, en toile de fond, l'Afrique du Sud post-apartheid, plus que jamais "arc en ciel", comme l'équipe de ses collègues ("Avec cette amabilité qui va de pair avec la culpabilité d'être blanc") Un pays menacé par la violence et la corruption, mais où les gens intègres, intelligents et dévoués sont majoritaires, où "il n'y a pratiquement pas de crimes contre les touristes.
Le scénario : un mathématicien a disparu, et avec lui une carte mémoire contenant un algorithme permettant de détecter, dans les millions d'échanges bancaires, les anomalies liées au blanchiment d'argent et au terrorisme...tout en préservant le respect de la vie privée des citoyens ordinaires. Un système trop performant qui révèle la puissance des groupes de pression, y compris sur les médias. Sans parler de la transparence des comptes publics..."Des preuves accablantes prouvant que le système bancaire a les mains sales" (et c'était avant HSBC) L'enjeu est de taille !
Un des livres que j'ai lu avec le plus de plaisir depuis plusieurs mois.
"Les flics ne grattent pas là où ça ne démange pas".
11:44 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, polar
15/02/2015
trafics au coeur de Paris
Sombre sentier
Dominique Manotti
Points, roman noir, P266
J'aime les livres de Dominique Manotti, agrégée d'histoire clairement engagée à gauche. Ses romans policiers, au style tranchant, parlent toujours des droits humains.
Celui-ci dénonce les trafics d'êtres humains, pour les faire travailler ou les prostituer. Mêmes filières que le trafic de drogue et d'armes, et de contrefaçon.
L'action se passe dans le quartier du "Sentier", dépassant les limites du IIe arrondissement sur le IIIe et le Xe.
"Une partie de la solution du problème est dans les pays d'origine. Il faut comprendre ce qui s'y passe si l'on veut arrêter les trafiquants ici."
"Quand on sait ce qu'on cherche, on court à l'erreur judiciaire"
"La classe ouvrière existe par sa solidarité collective, pas par ses martyrs."
"Une grosse affaire de drogue signifie beaucoup d'argent. Et beaucoup d'argent ça veut dire meurtres."
18:37 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, polar