26/07/2011
L'honorable société
L'honorable société
De Dominique Manotti et DOA
J'ai dévoré et j'ai adoré.
J'ai déjà, dans ce blog dit du bien de "Lorraine connexion" de Manotti, mais je n'ai pas encore lu "Citoyens clandestins" de DOA.
Ils ne sont donc mis à deux pour imaginer cette intrigue qui se déroule entre les deux tours de l'élection présidentielle et qui mêle politique et industrie nucléaire.
La description du candidat président ne laisse aucun doute sur le "modèle", même si, comme toujours, "toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé est, évidemment, fortuite".
Il se trouve qu'il est très proche de l'héritière du roi du béton et d'un milliardaire "qui a fait fortune en Afrique en développant les activités portuaires de pays amis". Dans le roman, il ne s'appelle pas Boloré.
Il "parle de cette victoire comme un retour sur investissement".
"Le ton est vulgaire et violent".
Il "polarise l'attention des médias à peu de frais".
La "rupture est dans le style, dans la confusion totale des genres entre les sphères dirigeantes des grandes entreprises et le bien public". "Un vrai changement de société ".
"Sa posture : le peuple et le travail, sa réalité : la consanguinité avec la France d'en haut"
Sa femme n'ira pas voter au second tour et finira par le quitter.
Les choses ne vont pas bien dans le couple de son concurrent, mais personne ne le sait.
Il propose à son concurrent la direction de la Banque mondiale...
"Etretat, une certaine vision du romantisme "
12:27 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
23/07/2011
tueur en série à Shanghai
De soie et de sang
Qiu Xiaolong
"Points policiers" n° P1939
Un tueur en série à Shanghai ! Un point commun a toutes les victimes : elles portent une robe fourreau "quipao", de soie rouge.
Au delà de l'enquête policière, qui utilise largement la psychanalyse, le roman vaut à la fois pour ses références à la littérature, et plus généralement à la culture chinoise, ses proverbes, et par son portrait sans concession de la Chine contemporaine, mal remise de la "Révolution culturelle", et de la révolution capitaliste, maintenue dans un cadre largement encore bureaucratique, avec de nombreuses descriptions de la vie quotidienne en train de se moderniser.
"Shanghai, qui avait été un centre industriel, était en train de devenir un centre financier".
"J'ai décelé dans notre culture la diabolisation des femmes dans l'amour sexuel"
"Dans la Chine ancienne, le terme "maladie de la soif" pouvait être une métaphore pour la passion amoureuse".
"La passion amoureuse n'existait pas avant d'être inventée par les troubadours français".
"Les femmes mandchoues ne bandaient pas leurs pieds"
"Les Chinois ne pouvaient pas avoir de problèmes psychologiques tant qu'ils suivaient l'enseignement du président Mao"
Confucius :
"Une femme se rend belle pour l'homme qui l'apprécie"
Proverbes :
"Tuer le singe, c'est effrayer les poulets"
"Dans un état désespéré, on s'adresse à n'importe quel charlatan"
"La marée tient toujours sa promesse de retour"
"Il n'y a pas de mur qui ne laisse le vent passer"
"On ne brûle pas sans raison de l'encens au temple"
"Quand tout le nid est renversé, pas un seul œuf ne reste intact, même si la fêlure ne se voit pas"
"C'était l'heure étrange de la nuit où les fantasmes s'affolent comme des chauve-souris"
08:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
21/07/2011
50 fiches sur l'Amérique latine
L'Amérique latine
50 cartes & fiches
Cecilia Baeza
Editions Ellipses
Les cartes, en noir et blanc, ne sont pas toujours très claires, mais les fiches le sont, dans une présentation intelligente, en longueur, aérée, comme l'écriture.
Autre avantage du système des fiches : la possibilité d'aller directement à la question du moment. Exemple d'actualité : "Venezuela : géopolitique de l'anti-impérialisme".
Ce livre se donne pour but de "déconstruire l'entité Amérique latine". Il souligne la diversité des pays qui la composent.
Les fiches, qu'elles soient par thèmes ou par pays vont à l'essentiel et ouvrent des problématiques intéressantes.
Les fiches sur les racines historiques éclairent celles sur les "enjeux et défis actuels".
J'ai été tellement convaincu que j'ai acheté, dans la même collection, l'ouvrage consacré à l'Afrique.
07:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
20/07/2011
Périple de Byblos à Constantinople
Le périple de Baldassare
Le centième nom
D'après le roman d'Amin Maalouf
Joël Alessandra
Editions Casterman
1665 : certains ont annoncé la fin du monde pour 1666, puisque le 6 est le chiffre du diable, et qu'en ce temps là, on attend la fin du monde.
Baldassare est un libraire érudit et aisé, d'origine génoise, à Gibelet, nom de la ville du temps des croisades. "Byblos" de son nom grec.
Baldassare entame son périple à la recherche d'un livre mythique : "Le centième nom". Le nom absolu pour écarter tous les malheurs, après les 99 autres noms de Dieu ("le miséricordieux, etc.)
Son périple va de Gibelet à Tripoli (aujourd'hui au Liban, pas la ville de Kadhafi), Alep (Syrie) puis Constantinople, la capitale de l'empire ottoman.
Une aventure entre les terres, les langues et les religions.
Baldassare, chrétien, est un modèle de tolérance religieuse. "Lorsque la foi devient haineuse, bénis soient ceux qui doutent !".
Joël Alessandra, Français d'origine sicilienne, en passant par le Nord de l'Afrique, s'inspire des peintres orientalistes. Le résultat est probant : le texte, magnifique, est mis en valeur par des dessins aux couleurs pastel.
"Il y a des bras de femmes qui sont des lieux d'exil, et d'autres qui sont la terre natale" (Amin Maalouf)
08:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd
19/07/2011
grossier et brutal
OFF
Ce que Nicolas Sarkozy n'aurait jamais dû nous dire
Nicolas Domenach et Maurice Szaran
Editions Fayard
Le "OFF" est bien connu des politiques et des journalistes. "OFF" cela veut dire que le magnétophone cesse de tourner. Par association d'idées, le stylo est remis dans la poche. Ce qui est dit à ce moment là sert à comprendre la situation, où à en donner un éclairage particulier, mais ne doit pas être répété comme une citation.
Si Jospin, au détour d'une conversation dit à des journalistes : "Je trouve Chirac vieux et fatigué", cela n'engage que lui. Si ce n'est pas "OFF" cela devient un "scoop" et fait la une des journaux.
Ce livre est décevant car les lecteurs n'y apprennent rien. Aucune phrase "off" soudainement révélée, sauf qu'il a dit de Juppé : "Ce type est fou".
Pas surpris de savoir qu'il disait, en "off", "le vieux con" en parlant de Chirac, Président de la république, dont il était le ministre.
La seule révélation, pour moi, a été de mesurer jusqu'où la connivence entre politiques et journalistes peut aller.
Tout le monde sait que Sarkozy a toujours tutoyé les journalistes, pour briser la distance et créer une complicité. "Cette intimité qu'il a minutieusement tissée entre lui et la plupart des journalistes politiques depuis vingt ans."
"Dans cet univers féodal, le droit de cuissage a été aboli, pas le droit de "bisoutage".
Vous imaginez François Mitterrand, avant même qu'il ne soit Président, se faire tutoyer par des journalistes, mêmes ami(e)s, ou leur faire la bise ?
"Nicolas Sarkozy a gagné l'élection, mais est-il jamais devenu Président ?" (Villepin)
Nous avons la confirmation que Sarkozy, même depuis qu'il est Président, est brutal et grossier. De là à téléphoner pour traiter d'"enculés" les journalistes qui le critiquent...
"Les coupures de presse cicatrisent difficilement".
Nous avons la confirmation que Sarkozy met en scène, pour les journalistes qui lui servent de relais, sa vie privée, avec Cecilia, avec Clara, avec la journaliste qu'il a dragué aux yeux de tous entre les deux, "avec une ostentation qui bouleversait les critères de la bienséance.". "Une zone grise où privé et public ne se distinguent plus guère. Changement radical de vie, de comportement, d'éthique, d'époque".
"L'exhibition exige toujours plus d'exhibition"
"Il a fait de la moindre blessure d'orgueil l'aliment incandescent de sa colère, de son ascension"
"En politique on ne te donne jamais rien. Il ne faut jamais demander. Il faut prendre".
"Dans son esprit la politique se ramène avant tout à un combat."
"Ceux qui ne supportent pas d'être haïs doivent quitter la politique"
"Le pouvoir est au bout du stylo"
"Seuls comptent son plaisir, sa satisfaction, son contentement"
"Si Chirac avait du fric "plein les poches", lui n'en n'avait pas "plein la bouche"
"Le bougisme était un programme politique"
"Besson était un socialiste un peu pète-sec, un tantinet arrogant, mais ils sont si nombreux de la sorte au PS..."
08:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy


