04/06/2014
le printemps arabe en BD
Le printemps des arabes
Récit de Jean-Pierre Filiu
Dessin et couleur de Cyrille Pomes
Éditions Futuropolis
J’ai déjà rendu compte dans ce blog de plusieurs livres de JP Filiu, spécialiste incontesté du Moyen-Orient.
Il raconte ce mouvement, né en 2011, porté par les espoirs de le jeunesse, qui balaie les dictature en Tunisie, en Egypte, en Libye, ébranle les régimes « forts » du Maroc, de Bahreïn, de l’Algérie, du Yémen, les obligeant à des concessions.
Les jeunes manifestants palestiniens exigent une réconciliation qui vient seulement d’aboutir.
Une mention spéciale pour la tragédie syrienne.
Quelques personnes exemplaires sont mises en relief. Le rôle ambigu des islamistes est souligné. Cette BD glorifie l’action du « peuple », « qui disparaît au profit de l’armée ».
« La liberté se mérité chaque jour et la démocratie est trop humaine pour ne pas être fragile. N’oublions pas cette leçon qui nous vient du sud de la Méditerranée. »
17:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd
01/06/2014
Tous pourris ?
L’emprise
Marc Dugain
Éditions Gallimard
De Marc Dugain, j’ai beaucoup aimé « La malédiction d’Edgar », « Une exécution ordinaire », « La chambre des officiers », qui ont fait de très bons films.
L’intrigue me semble ici bien faible pour faire un bon scénario. Mon impression est qu’elle n’est qu’un prétexte pour avancer quelques idées qui peuvent alimenter le vote du Front National : les politiques et les dirigeants industriels de haut niveau sont de la même caste, sont tous plus pourris les uns que les autres, prêts à tout pour le pouvoir. Les espions écoutent tout ce joli monde en toute impunité, tout en se livrant une guerre des officines. Le seul « pur » est un syndicaliste qui ne tardera pas à disparaître. Un cynisme absolu. Déprimant !
Le Président en place « relégué aux caves des sondages » a une « insensibilité pathologique aux succès comme aux échecs, qui lui avait fait gravir les échelons de la méritocratie française ». « Une population vieillissante qui, tout en vilipendant son président, était capable de le réélire par simple crainte du changement ». « Le succès est la capacité d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme ». (Churchill). « Les plus grosses difficultés que vous rencontrerez une fois élu, viendront des promesses que vous aurez tenues et non pas du contraire ».
« Les menaces de meurtre symbolique viennent toujours de ceux qui sont censés partager vos convictions ».
« On est dépendants d’une croissance sur laquelle on a de moins en moins d’influence »
« Il raisonnait comme les privilégiés de l’Ancien Régime : un diplôme donnait des droits de la même façon qu’un titre nobiliaire avant la Révolution »
« L’Europe, qui devrait prendre ses ordres chez son peuple, n’est inféodée qu’aux groupes de pression qui siègent à Bruxelles avec plus d’assiduité que les députés élus. La corruption, les ententes, les amitiés troubles y sont généralisées. » « C’est une drôle d’Europe que nous faisons là, où personne ne connaît vraiment l’histoire de l’autre ».
« On ne fait pas campagne sans la désignation d’un ennemi commun extérieur »
« La question de la rancune en politique est une question centrale, comme dans tous les milieux où l’on ne parvient à ses fins qu’en éliminant les autres. »
15:06 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature
31/05/2014
100 photos pour la liberté de la presse
100 photos de l’agence VII
L’agence VII a été fondée en 2001 et travaille pour les journaux du monde entier. Elle a obtenu cette année le prix « World Press Photo ».
Elle affiche sa préoccupation pour la vie des autres et sa volonté d’utiliser la photo pour faire évoluer les situations.
Les 100 photos présentées vont au-delà de la violence. Elles sont en couleurs ou en noir et blanc et ont été prises à New-York et sur tous les continents.
14:43 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photo
29/05/2014
La Croix Rouge dans les tranchées
L’ambulance 13
Scénario : Patrick Cothias et Patrick Ordas
Dessins : Alain Monsnier
Couleurs : Sébastien Bouet
Début 1916, environs de Verdun, un jeune chirurgien est nommé dans un poste sanitaire à proximité immédiate de la première ligne.
Merci à Frédéric Dubuisson, le meilleur commentateur de ce blog, et professeur d’Histoire, d’avoir attiré notre attention, à l’occasion d’un de ses commentaires, sur cette excellente BD qui montre la Grande Guerre à hauteur d’homme(s). Avec ces brancardiers et infirmiers qui, avec ce jeune médecin, risquent leurs vies pour tenter de sauver celle de quelques autres.
Une lutte pour la survie dans des conditions épouvantables.
Les auteurs ne sont pas tendres pour la hiérarchie militaire.
Une bonne façon de fêter les 150 ans de la Croix Rouge !
10:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bd
24/05/2014
Qui a provoqué la Première guerre mondiale ?
David Fromkin
Éditions Grasset
Avec malheureusement un peu trop de répétitions, l'historien américain David Fromkin livre un verdict sans appel :
- L'Autriche-Hongrie voulait la guerre contre la Serbie bien avant l'assassinat de François-Ferdinand à Sarajevo, qui n'a été qu'un prétexte au déclenchement des hostilités. "Les plans de campagne étaient préparés deux semaines avant le drame de Sarajevo". "L'antagonisme datait de 1903 lorsqu'un Coup d'État avait fait passer l'allégeance de ce pays à la Russie au lieu de l'Autriche".
Sa motivation était la domination sur les Balkans. La domination des Teutons sur les Slaves.
- L'État-major allemand voulait la guerre contre la Russie, et son alliée la France, bien avant 1914. "Les développement économiques et militaires de la Russie, largement financés par la France, réveillèrent un désir de plus en plus urgent et violent de lancer une guerre préventive". Cette idée de guerre préventive contre la Russie existait au sein de l'état-major allemand depuis 1905. N'était attendu que le prétexte pour faire croire que l'Allemagne était agressée. "L'Allemagne a délibérément déclenché une guerre européenne pour ne pas être dépassée par la Russie".
Sa motivation était la domination continentale de l'Europe.
"L'Allemagne levait des impôts à un rythme soutenu pour accélérer ses programmes militaires".
"Le gouvernement allemand a délibérément contraint la Russie, la France et la Belgique à la guerre, en lançant des attaques qu'aucune provocation ne justifiaient."
Moltke, chef d'État-Major allemand parlait en 1915 de "cette guerre que j'ai préparée et déclenchée".
- La Russie et la France ne voulaient pas la guerre : elles ont été attaquées et n'avaient d'autre choix, pour survivre, que de se défendre.
-Le gouvernement serbe ne voulait ni l'assassinat de François-Ferdinand, ni la guerre, et a accepté la quasi-totalité des conditions de l'ultimatum autrichien. "Peu importe la réponse à l'ultimatum, l'Autriche-Hongrie avait décidé d'avance" ;
- Seul le Royaume-Uni a eu le choix : il n'était pas attaqué, mais la violation des neutralités belge et luxembourgeoise lui ont montré clairement qu'il ne pouvait pas laisser l'Allemagne être la seule superpuissance du continent européen. La présence allemande dans les ports belges représentait une menace permanente.
La guerre pouvait-elle être évitée ? Non, car s'il faut être plusieurs pour faire la paix, un seul suffit pour faire la guerre. Ne pas avoir compris la leçon a conduit à Munich, et à la suite...
"Deux guerres, et non pas une, telle est la clef du mystère. Le conflit austro-serbe n'a pas dégénéré : il a été mis de côté pour être remplacé par un autre". L'Allemagne obligea l'Autriche-Hongrie à renoncer à sa guerre contre la Serbie en faveur de la guerre de l'Allemagne contre la Russie. L'armée impériale austro-hongroise a été écrasée par les Serbes avant de l'être par les Russes. En septembre 14, la moitié de ses soldats avaient été tués, et les survivants placés sous l'autorité directe de l'armée allemande...
07:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire