05/03/2009
voyage d'un Européen (Geert Mak)
1918/1938
"Le front victorieux a été poignardé dans le dos, avaient proclamé les chefs de l'armée allemande" ; "L'instigateur de la capitulation ne fut pas le "geignard" chancelier Ebert, mais le "vaillant" général Ludendorff".
"Un quart des populations de l'Europe centrale furent touchées par les décisions prises à Versailles"
"La personnalité de base des Allemands était axée sur la tradition absolutiste : un paysage composé exclusivement d'interdictions et de prescriptions"
"Entre gauche modérée et gauche radicale, des blessures tellement profondes que toute collaboration entre elles deviendrait impossible, même pour s'opposer à Hitler"
"L'effondrement de l'économie provoqua la généralisation de la haine dans toute la société" ;
"L'effondrement du mark fut la conséquence de l'énormité de la dette publique" ; "L'effet le plus notable de l'inflation fur la disparition de toute notion de valeur" ; "Après la révolution et la mort, les Berlinois découvraient le sexe"
"C'est la grande liquidation de l'épargne, de l'honnêteté et de l'honneur" (Erich Maria Remarque)
"L'influence d'un pays avait pour fondement tout autant la puissance économique et l'autorité morale que la force militaire"
"La politique rend l'homme arrogant, doctrinaire, obstiné et inhumain" (Thomas Mann)
"Avant la prise du pouvoir, Goebbels disposait, par semaine, d'un budget équivalent à plus d'un demi-million d'euros d'aujourd'hui"
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature, europe
03/03/2009
Notre Europe
Notre Europe
Michel Rocard et Nicole Gnesotto
Avec une vingtaine de contributions
Editions Robert Laffont
Ouvrage inhabituel que celui-là : une vingtaine de contributions d'une douzaine de pages, sur tous les thèmes touchant l'Europe.
Contributions de gauche, de droite, du centre, d'experts, d'universitaires et d'hommes politiques, souvent contradictoires. Tout cela a le mérite de nous faire réfléchir.
A trois mois des élections pour désigner les représentants de la France au Parlement européen, on peut constater "une perception de plus en plus négative de l'Europe par les opinions européennes". "Il existe une crise de légitimité démocratique de la construction européenne". Pourtant "sur aucune des grandes questions on ne peut ignorer le cadre européen"
L'Europe est en crise, mais "l'Europe n'avance que de crise en crise"...
Extraits de la conclusion de Michel Rocard et Nicole Gnesotto :
"Sur l'énergie, l'immigration, les marchés financiers, la réorganisation du travail et de la connaissance, l'Union européenne est absente. Elle n'a aucun pouvoir" ;
"Elle n'est pas ce que l'on croit. Elle n'est pas là où les citoyens l'attendent"
"Le fameux agenda de Lisbonne est une illusion : les Etats membres gardent toutes leurs compétences nationales et ne délèguent à l'Union que le droit de faire des recommandations non contraignantes"
"Concernant les politiques énergétiques, l'Union n'a aucun pouvoir et aucun Etat membre n'est prêt à déléguer la moindre souveraineté aux instances européennes"
"L'Union européenne réussit ce tour de force d'apparaître comme responsable et fautive, impuissante et inadaptée, donc inutile"
"Aucun Etat membre, pris isolément, ne pourra atteindre la masse critique lui permettant de peser. La nécessité est le moteur européen par excellence, avec un atout majeur la négociation et le compromis sont les maîtres mots, une pratique réelle du partage des pouvoirs, la recherche systématique d'un leadership collectif, une culture de la solidarité politique, une certaine redistribution des richesses entre les Etats membres."
08:32 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe
01/03/2009
la faute du Président Loubet
La faute du Président Loubet
Jacques Neirynck
10/18 « Grands détectives » n°4120
1904 : il y a à peine plus d’un siècle.
Dans le domaine scientifique : Marie et Pierre Curie, Branly.
En littérature : Frédéric Mistral, Paul Valéry.
En peinture : Matisse et Kandinsky
En philosophie : Henri Bergson.
Social : la journée de dix heures.
Et le premier Tour de France !
Emile Loubet vient d’être élu Président de la République par un Parlement majoritairement républicain et radical.
Il entrera dans l’Histoire en signant la grâce de Dreyfus, en attendant la révision du procès du capitaine.
La Droite royaliste, ultra-catholique, généralement antisémite, ne désarme pas.
Un de ses leaders, Gabriel Syveton, fondateur de la « Ligue de la patrie française », pour faire pièce à la « Ligue des Droits de l’Homme », s’illustre en giflant, dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, le ministre de la guerre (on ne disait pas encore ministre de la « défense »), le général Louis André, coupable d’avoir laissé son cabinet organiser le fichage, avec l’aide des loges maçonniques, des officiers, majoritairement royalistes, en prenant pour critère leurs pratiques religieuses. Le ministre devra démissionner sur le champ, et tout le gouvernement du « petit père » Combes quelques mois plus tard.
Un mois après son éclat, Syveton est retrouvé mort asphyxié dans son bureau, à son domicile. La presse de Droite, emmenée par Le Figaro, crie à l’assassinat politique : le chef des parlementaires royalistes catholiques ne saurait se suicider.
Ici s’arrête l’Histoire et commence le roman.
Loubet confie l’enquête à son collaborateur, le Comte Raoul Thibault de Mézières, noble catholique rallié à la République, polytechnicien, donc rationaliste.
Toutes les hypothèses seront envisagées dans cette enquête: une conspiration allemande ou autrichienne pour saboter « l’Entente cordiale » qui vient d’être signée avec l’Angleterre, un assassinat commandité par Boni de Castellane, autre parlementaire royaliste, ultra-mondain ruiné (« Ce personnage résumait tous les travers de l’ancien régime qui avaient mené celui-ci à sa perte : frivolité, parasitisme, gaspillage »), un inceste de Syveton avec sa belle-fille…
La « faute » du Président Loubet ? Avoir cherché à masquer la vérité pour ne pas mettre en péril la République, encore fragile.
« C’est le peuple de la Droite besogneuse, économe, dure à la tâche, effrayée par la montée des socialistes, obsédée par le souvenir de la Commune, terrorisée à l’idée d’un complot des juifs »
« On venait de découvrir en Chine les pieds bandés des petites filles. En France, on bandait la cervelle des petites filles pour en faire des réceptacles de niaiseries, de maniérisme et de sentimentalité. Ces femmes ne disposaient d’aucun des droits de leurs frères et de leurs maris ».
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : littérature
28/02/2009
Perles parlementaires
Perles parlementaires
"Le char de l'Etat navigue sur un volcan"
Paul Quimper
Editions Horay
"Le prix de l'humour politique" est bien connu. Il regroupe, chaque année, les "petites phrases" les plus amusantes, volontaires, ou non.
Ce petit ouvrage se limite aux "perles", involontaires, prononcées par les parlementaires au sein de l'hémicycle, du Sénat ou de l'Assemblée Nationale, recueillies par le chroniqueur parlementaire Paul Quimper, aujourd'hui décédé.
Un seul, mais gros, regret : les noms des auteurs, non plus que les dates, ne nous sont pas fournis.
Florilèges, parmi mes préférées :
"Mes chers confrères, dans le mot confrère il y a le mot frère" (Victor Hugo au Sénat en 1883)
"Mr Duclos enfourche une tarte à la crème trop facile"
"Le bouquet final de ce feu d'artifice risque de finir en eau de boudin"
"J'ai du suspendre le cours de sexologie, car il ne débouchait ni sur la licence, ni sur la maîtrise" (Le ministre de l'éducation nationale)
"L'éternel féminin ne date pas d'hier"
"Nous sommes dans l'impasse, il faut avancer"
"Un souffle nouveau est en marche"
" En annonçant des procédures d'expulsion, vous enfoncez des portes ouvertes "
"Nos vieillards meurent de froid à petit feu"
"La lutte contre le tabac est une œuvre de longue haleine"
"Parce qu'elle est en flèche, la Politique Agricole Commune est une cible"
"A la télévision, le public n'est plus d'accord pour suivre les yeux fermés"
"A force de traire la vache à lait, vous finirez par tuer la poule aux œufs d'or"
"Il faut réaliser le dégel des épargnes liquides"
"Je remercie Mr le Ministre de m'écouter d'un œil bienveillant"
"Une lecture attentive des différents alinéas donne la certitude que l'obligation est facultative"
"Les électeurs sont des fourmis qui ne veulent pas se laisser tondre par les cigales"
"Le gouvernement vient de faire une nouvelle brèche dans le trou du déficit budgétaire"
"Je suis un élu du peuple, j'ai le droit de dire n'importe quoi"
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, politique, humour
26/02/2009
voyage d'un Européen (suite)
1914/1918
"La proposition de maîtrise de la course aux armements, faite par les Anglais en 1912, avait été immédiatement torpillé par Guillaume II"
"Toutes ces ambitions, ces aspirations, cette volonté de changer le monde, tout çà, en fait, pour mourir en quelques minutes"
"Les Français exécutèrent sans doute près de 1.600 hommes accusés d'être des déserteurs, les Anglais 300, les Allemands 50"
"Les civils représentaient 5% des victimes de la guerre, contre 50% pour celle de 39/45"
"Seuls les Wallons pouvaient devenir officiers, alors que la majorité des simples soldats parlaient flamand"
"Le maréchal Joffre ne voulait rien savoir du nombre de morts, parce que cela le "distrayait" de sa tâche"
"Verdun, le "hachoir", un mort toutes les deux minutes, pendant dix mois"
"Le bilan de la pandémie de grippe "espagnole" a probablement été plus lourd que celui de la guerre toute entière"
"Ce fut la première guerre industrielle, la toute première des guerres totales, impliquant des sociétés toute entières"
"9 millions 400.00 morts : 15,4% des jeunes Allemands, 16,8% des jeunes Français, 37,1% des jeunes Serbes"
08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature, europe


