19/09/2008
Gomorra (le film)
Gomorra
De Matteo Garrone
D'après le livre de Roberto Saviano
Grand Prix, Cannes 2008
"Ce n'est pas le cinéma qui observe le monde du crime, pour s'inspirer des comportements les plus marquants, mais précisément le contraire. Ils tirent comme dans les films.", écrit Saviano.
Ce film sur la "Camorra" n'est donc pas un nouveau "Parrain" ("Personne au sein des organisations criminelles n'avaient jamais utilisé auparavant le terme "Padrino"), ni "Scarface", mais plutôt du genre documentaire : une succession de "scènes de la vie quotidienne" dans lesquels des acteurs inconnus jouent les camorristes qui imitent les acteurs des films américains : guerres entre clans, ou à l'intérieur de ceux-ci, ateliers textiles plus ou moins clandestins, avec la concurrence grandissante des Chinois, gestion des déchets toxiques, faisant du Midi "la décharge sauvage de l'Italie" ("Un marché qui a progressé de 29,8%, une croissance avec laquelle seul le marché de la cocaïne peut rivaliser. Les familles de la camorra sont devenues les leaders du traitement des déchets en Europe").
Dans l'univers sordide décrit par le film, une grande absence : une totale disparition de ce qui pourrait ressembler à de l'amour.
"Je suis né en terre de camorra, l'endroit d'Europe qui compte le plus grand nombre de morts par assassinat, là où la violence est la plus étroitement lié aux affaires, et où rien n'a de valeur s'il ne génère pas de pouvoir.", écrit Roberto Saviano dans son livre, dont je parlerai demain.
08:07 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
18/09/2008
le président de la république et le pape
Ceux qui croient, ceux qui ne croient pas...
Extraits de l'allocution prononcée par François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la visite du Pape, à Lourdes en 1983 :
"Votre voix (il s'adresse au Pape) est entendu et par ceux qui croient et par ceux qui ne croient pas, chaque fois qu'elle condamne l'injustice sociale, l'insolence des privilèges, la ruine des droits de l'Homme dans un monde où l'on voit trop d'individus, de familles, de groupes sociaux, de races, de peuples et de nations livrés à la violence de l'oppression et de la haine."
"La paix, jamais acquise, menacée de tous côtés, par la volonté de domination, par l'âpreté des intérêts et par l'intolérance, menacée par l'iniquité qui sépare de plus en plus les peuples riches des peuples pauvres, menacée par le gouvernement des puissants, a besoin d'être secourue, soutenue, au delà du nécessaire et difficile équilibre des forces, par la vigilance des peuples en péril."
"Notre loi, notre devoir et notre volonté s'accordent à préserver comme un bien très précieux la liberté pour chacun de croire et de vivre sa foi ou de servir son idéal, dans le double respect de la communauté qu'ensemble nous formons, et de l'Etat qui la rassemble".
1) C'est ça la laïcité, et c'est positif.
2) Il ne suffit pas de débaucher quelques carriéristes pour effacer la différence entre la Gauche et la Droite.
08:04 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mitterrand, sarkozy, le pape, laïcité
17/09/2008
Travail au noir
UN PACTE POUR AGIR CONTRE LE TRAVAIL AU NOIR EN EUROPE
Il s'agirait de permettre aux employeurs de régulariser pendant une période transitoire leurs employés non déclarés. A l'issue de cette échéance, il faudrait prévoir un système de sanctions plus sévères pour les plus récalcitrants.
Le travail au noir atteint dans l'Union européenne des proportions préoccupantes notamment dans l'hôtellerie, la restauration, l'agriculture, les travaux domestiques et le bâtiment.
On estime qu'il contribue pour 20% à la richesse produite par l'Union européenne. Derrière ce chiffre se cachent des personnes souvent dans une très grande précarité, dépourvues de toute couverture sociale ou de santé, sous rémunérées et qui perdent tous leurs droits à la retraite.
L'Union européenne pourrait intervenir en finançant des projets régionaux et locaux de lutte contre le travail clandestin, des campagnes d'information et de sensibilisation et en soutenant l'échange de bonnes pratiques.
08:08 Publié dans EUROPE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, social
16/09/2008
Il a donné son nom à une place du XVe arrondissement de Paris
Charles Vallin, mon père
Enquête sur une certaine idée de la France
Thérèse Charles-Vallin
Editions Atlantica
Charles Vallin n'est pas mon père.
Charles Vallin est décédé un an avant ma naissance.
Lointain cousin ? L'arbre généalogique très complet réalisé par le cousin Vatinel pourrait le dire. Je ne remets pas la main dessus. Je devrais demander à Dany si elle voit un Charles Vallin (1903-1948).
Fils de Daniel Vallin, officier, son enfance a surtout été marquée par l'Auvergne de sa naissance et de sa famille maternelle, celle du Père Teilhard de Chardin, dont il était le neveu, alors que dans sa famille paternelle, les Vallin, "on trouve des marins, des peintres, et toutes sortes d'anticonformistes" (je n'invente rien, c'est écrit !).
J'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur cet homme qui porte le même nom que moi et dont une place de Paris porte, grâce à lui, le nom de Vallin, dans le XVe arrondissement.
Son parcours politique n'est pas le mien, pour le moins : Action française, qu'il quitte après l'excommunication de Maurras par le Pape, il devient le bras droit du colonel de La Rocque aux "Croix de feu", puis au "Parti Social Français", dont il est le Secrétaire général.
Il a la "conviction que la civilisation chrétienne est la clé de voute de tout projet de société".
Elu député, à l'occasion d'une élection partielle, il vote les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, comme l'immense majorité de l'Assemblée élue par le "Front populaire".
Tout cela lui vaudra d'être déclaré inéligible à la Libération, malgré ses états de service : chargé de mission, en Afrique, du Général de Gaulle, qui le qualifie d'"ardent patriote" dans ses "mémoires de guerre", puis, il quitte l'Etat-major du Général de Gaulle pour combattre en première ligne, en tant que commandant du 3e bataillon de zouaves, à partir du débarquement en Provence (à Sainte- Maxime) jusqu'au cœur de l'Allemagne, car, rapidement, il a connu "un écœurement de plus en plus grand en face de la politique de Vichy. Son aspect antisémite le heurte terriblement. Il s'est, d'ailleurs, très intimement lié avec une jeune femme d'origine juive." En partance pour Londres, il se lie d'amitié avec le responsable socialiste Pierre Brossolette, rédacteur en chef du "Populaire", le journal de la SFIO.
Charles Vallin est décédé en Algérie, d'une maladie foudroyante, en 1948, à l'âge de 45 ans.
Thérèse Vallin, fille de Charles, est historienne et elle le prouve : c'est avec une méthodologie d'historienne qu'elle a su prendre la distance avec son sujet d'étude.
Citations
"La guerre révèle l'homme à lui même dans ce qu'il a de plus humain, et le libère, comme le fait l'amour"
"Les femmes ont été, presque partout, plus héroïques que les hommes. Les simples mieux que les fameuses "élites".
08:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie, histoire
15/09/2008
Sarko, c'est fou !
"Ca serait une folie que de se priver de religion"
Ce n'est pas là une "bulle" papale.
Ces propos n'ont pas été tenus par le représentant d'une religion, cherchant à promouvoir son Eglise, mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, par le Président d'une République unie, démocratique, sociale, et laïque. Non pas dans une conversation privée, mais dans l'exercice de ses fonctions, qui sont de faire respecter la Liberté, liberté de pensée, liberté de religion et à l'égard des religions, l'Egalité de tous, indépendamment de leurs croyances.
Quelle Fraternité y-a-t-il à considérer que celles et ceux qui ne rendent pas "un culte à une divinité" (définition de la religion dans le petit Larousse, qui retrace longuement les nombreuses guerres de religion) subissent une "aliénation de l'esprit" (toujours le petit Larousse) ?
Cette affirmation est d'autant plus choquante qu'il est légitime de se demander à quelle religion appartient l'auteur de ces propos.
Heureusement le temps n'est plus où l'Eglise catholique refusait la communion et l'enterrement en terre consacrée aux divorcé(e), mais elle n'en est pas encore à reconnaître le droit de se marier trois fois, avec des conjoints également divorcé(e)s.
Quel(s) évangile(s) inpire(nt) la conduite du citoyen Sarkozy ?
Aujourd'hui, même les Jésuites sont moins hypocrites que ça !
Choquant parce qu'il est évident que ce n'est pas la spiritualité qui intéresse Sarkozy dans la religion ("Je crois aux forces de l'Esprit", a dit Mitterrand), mais son utilisation politique.
Il n'est pas choquant que le Président de la République française reçoive le Pape...ou le Dallai Lama. Est-ce parce que les Bouddhistes (ces fous ?) considèrent que leur spiritualité n'est pas une religion que le Dallai Lama n'a pas été reçu à l'Elysée ?
Ce qui est pénible, c'est l'utilisation politique qui est faite de la religion, par la médiatisation, par celui est a été élu pour être le garant de la laïcité, notion positive en soi.
08:44 Publié dans vie politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : sarkozy, laïcité


