02/01/2008
Bonnes résolutions de début d'année
Que vient faire ce livre sur ce blog ?
Il y est non pas pour donner des conseils conjugaux, mais parce qu ' il s ' agit d ' un livre de sociologie, qui parle de notre société ("si agressive et si éprouvante"), et de la place faite à la femme dans celle-ci, avec, pour les couples, "cette injonction contradictoire : l ' égalité parfaite entre les hommes et les femmes, et la créativité individuelle, loin des inacceptables rôles imposés".
Il y est parce que la conclusion que j ' en ai tiré (mais j ' étais déjà convaincu) est que l ' égalité doit se faire dans la diversité. Nous sommes égaux mais différents et, pour vivre ensemble, il nous faut accepter ces différences. Non pas parce que nous viendrions de Mars ou de Vénus, car "une large part de ce qui nous irrite n ' est pas déterminé sexuellement", même si "nous avons une mémoire historique sexuellement différenciée". Mais parce que nous sommes tous différents, et que nos différences produisent des dissonances. "Nous nous irritons aussi tout seuls !". Le tout, pas toujours facile, est de faire des agacements, nés des dissonances, des instruments positifs utiles à l ' action.
Extraits :
"Le foyer conjugal est le lieu où chacun peut enfin s ' abandonner. Le conjoint serait-il devenu la dernière personne digne d ' être séduite ?"
"Les objets familiers ne sont pas un simple décor. Ils portent et structurent la personne au plus profond d ' elle même."
"Le couple est une danse qui, pour le pire et le meilleur, marie continuellement les contraires".
"L ' idée de compromis présuppose que l ' individu reste lui même, inchangé tout en acceptant des concessions".
08:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
01/01/2008
2008
Une année loin des maladies et des douleurs ;
Une année de plaisirs et de bonheurs, petits et grands, en espérant que ce blog y contribuera, modestement ;
Une année de douceurs ;
Une année de paix et de progrès social ;
Une année de spectacles réussis, puisque Sarko, c ' est le show permanent, Eurodisney + Paris Match ;
J'aurais aimé vous souhaiter une année pour "changer d ' Aire", pour une ville plus solidaire, plus vivante, donnant la priorité à l ' éducation, même si, malheureusement il n ' y a rien à attendre, ni d ' AD, ni de JCD ;
Bonne année quand même !08:30 Publié dans billet | Lien permanent | Commentaires (1)
31/12/2007
La 7ème femme
Ce prix a pour particularité d'être décerné par un jury de policiers, présidé par le Directeur de la Police Judicaire, sis quai des Orfèvres, comme chacun sait.
Il ne faut donc pas s'attendre à y trouver des critiques contre les policiers, qui ont plutôt le beau rôle, malgré leurs conditions de travail si difficiles.
Cette année, à travers ce livre, la médecine médico-légale est à l'honneur.
Il s'agit de découvrir, au plus vite, un assassin en série qui tue une femme par jour. Le policier valeureux parviendra-t-il à sauver la "7ème femme", celle du dimanche, celle qu'il aime ?
A part cette question dont tout le monde peut deviner la réponse, il y a du suspens.
Extraits :
" La population féminine représentait dix à treize % des criminels dans le monde. Sans testostérones, moins de pulsions sexuelles et de viols. Alors, définitivement, sa préférence allait aux femmes.""Les tueurs en série sont presque exclusivement de race blanche et ils ont tendance à n'agir qu'au sein de leur propre ethnie".
"Le grand mobile des mécanismes psychologiques qui donnent naissance aux meurtriers en série : la haine de l'un des parents. La mère surtout, dominatrice, castratrice. Tellement plus rassurant que de remettre en cause le fonctionnement de notre société, ses modèles d'intégration sociale et ses idéologies."08:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
30/12/2007
Des armes pour Khartoum
En fait, il s ' agit de la réédition d ' un livre de 1981.
C ' est l ' histoire d ' un agent de la CIA assassiné par des rebelles tchadiens. L ' épouse d ' un autre agent américain est enlevée. La rançon est une livraison d ' armes aux rebelles. SAS est envoyé en renfort. Les rebelles reçoivent leurs armes et l ' otage est libérée.Allusion au soutien donné par les Américains aux rebelles du Sud Soudan, qui avaient le double avantage, aux yeux de Washington, d ' être dans une zone pétrolière et d ' être chrétiens ?
L ' explication se trouve plus surement dans la dédicace : ce livre est écrit "en souvenir du Commandant Pierre Galopin, sacrifié à la raison d ' Etat".
Rappel :En avril 1974 le rebelle tchadien Hissen Habré enlève l ' universitaire, ethnologue, Françoise Claustre. Celle-ci faisait-elle des "heures supplémentaires" au profit des services français de renseignements ? Certains l ' affirment.
En juillet, le capitaine Galopin, agent des services français, est envoyé sur place pour négocier la libération de Françoise Claustre, contre la livraison d ' armes...qui n ' arrivent pas. Galopin est torturé par les rebelles.
En avril 1975, les armes n ' étant toujours pas livrées, Galopin est pendu par les rebelles. Hissen Habré l ' achève d ' un coup de pistolet dans la tête. Le chantage pèse sur Françoise Claustre. Les armes sont livrées. En janvier 1977 Françoise Claustre est libérée, sans l ' aide de SAS, Hissen Habré prend le pouvoir à N ' djamena et devient un des dictateurs les plus sanglants d ' Afrique, qui en a pourtant connus un certain nombre.C ' est à la lumière de ces évènement, et en les ayant en tête, que ce roman doit être lu.
08:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
29/12/2007
Rwanda : retour sur un génocide
En fait, mélanger le génocide des Tutsis et l ' opération "Turquoise" entraîne une certaine confusion.
Quand l ' armée française est arrivée, conformément au mandat de l ' ONU, pour protéger les populations civiles, les forces tutsies de Kagamé avaient déjà pris Kigali et le pouvoir, et ce ne sont plus les populations tutsies qui fuyaient, car elles pouvaient espérer être protégées par l ' armée de Kagamé, mais des centaines de milliers de Hutus.
Le film "Hôtel Rwanda", très touchant au demeurant, masquait de la même façon le phénomène de cette fin de guerre "civile" : Kagamé n ' était pas accueilli comme un libérateur : ce n ' était pas De Gaulle en 1944 : plus de 2 millions de civils fuyaient à l ' approche de ses troupes, vers le Zaïre, le Burundi, la Tanzanie. Certains vivent encore dans ces pays, dans des camps de réfugiés.
Parmi eux il y a, il y avait, incontestablement, des génocidaires et des responsables du génocide.
Il y avait des génocidaires, parce que la folie meurtrière, armée d ' instruments agricoles comme les machettes, s ' était emparée de la population, organisée en milices villageoises, effrayée par le retour, en armes, des anciens maîtres tutsis, évincés du pouvoir par la démocratie majoritaire, conduits par Kagamé, le neveu de l ' ancienne Reine.
Il y avait des responsables du génocide, qui avaient fui, en se fondant dans la masse des fuyards.
Le but de l ' opération "Turquoise", décidée par le Conseil de sécurité de l ' ONU, était de prendre les forces de Kagamé de vitesse, pour protéger les populations hutus qui fuyaient. C ' était effectivement trop tard, malheureusement, pour les Tutsis.
Où étaient les casques bleus pendant le génocide des Tutsis ? Aux abris, à peine capable de se protéger eux mêmes. Ils avaient été envoyés au Rwanda comme garants d ' un accord de paix que Kagamé était bien décidé à ne pas respecter, car ce qu ' il voulait, c ' était conquérir le pouvoir. Quand l ' ONU a constaté que l ' accord de paix n ' était pas respecté, après le massacre d'une dizaine de casques bleus belges, elle a rappelé les casques bleus.
Dans "La danse du léopard" (Actes Sud), la journaliste belge Lieve Joris raconte comment les troupes de Kagamé ont poursuivi les Hutus à travers tout le Zaïre : les reliquats de l ' armée défaite du gouvernement déchu, mais aussi les femmes et les enfants qui étaient avec eux, mourant de faim, de maladies, d ' épuisement.
Ce "contre-génocide" n ' excuse en rien le génocide. Il n ' y a pas les gentils d ' un côté, ceux qui ont gagné la guerre, et les méchants de l ' autre, ceux qui ne sont toujours pas désarmés. Comme cela est montré dans le film, l ' armée française les a laissé partir sans les désarmer : par souci de protection des populations hutus ? Par espoir de reconquête ? Aujourd ' hui, treize ans après, ces soldats d ' infortune terrorisent les populations de l ' Est du Congo, pour survivre, ayant perdu tout espoir de rentrer en vainqueurs dans leur pays.
Il ne faut, malheureusement, pas croire que le phénomène soit spécifiquement africain : souvenez-vous d ' Oradour, dans le Limousin : les soldats de la division "Das Reich", dont de nombreux Alsaciens, enfermant femmes et enfants dans l ' église du village avant d ' y mettre le feu.
Autre reproche fait à la France et à l ' armée française : avoir soutenu le gouvernement en place. C ' est tout à fait vrai. La France avait un accord de coopération, y compris militaire, avec le gouvernement légal, internationalement reconnu du Rwanda. Mais en face, qui a formé les troupes de Kagamé ? ? Qui lui a fournit les armes qui lui ont permis de prendre le pouvoir ? Tout le monde connait la réponse : les Américains !
Le gouvernement soutenu par la France, tout légal qu ' il était, n ' en était pas moins corrompu. Les élections étaient truquées. Cela arrive, trop souvent, en Afrique.
Kagamé n ' a même pas fait semblant, pendant longtemps, d ' organiser des élections, et quand il l ' a fait, il a interdit tous les partis d ' opposition. Son armée a largement pillée les richesses de l ' Est du Congo.
Juvénal Habyarimana était un "fils de pute". Mais, comme aurait dit Kissinger, c ' était "notre fils de pute". Il a été assassiné et remplacé par un autre "fils de pute", venu d ' Ouganda. De qui Kagamé est-il "le fils de pute" ? Kagamé, et ceux qui l ' ont financé et armé, n ' ont-ils vraiment aucune responsabilité dans le déclanchement du génocide, qu ' ils utilisent, politiquement, sans scrupules, aujourd ' hui ?
08:55 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0)


