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16/06/2013

Fontenoy : trop mal pour être bien, trop bien pour être mal

Fontenoy ne reviendra plus

 

Gérard Guégan

 

Prix Renaudot de l'essai 2011

 

Folio n°5537

 

 

J'avoue que je n'avais jamais entendu parler de ce Jean Fontenoy, journaliste et écrivain. Proche des communistes dans sa jeunesse, à l'avant garde de l'antifascisme,  il devient un des piliers de la collaboration, non seulement comme journaliste, mais en s'engageant sous l'uniforme allemand dans la "Légion des Volontaires Français contre le Bolchévisme".

Antistalinien au point d'en devenir un allié des fascistes.

"De la Collaboration issue de la Gauche, les plus déterminés, les plus fascistes, viendront pour la plupart de la mouvance communiste".

"Mieux être mort que vivre sous les soviets". L'auteur de cette biographie pense que Fontenoy s'est suicidé avec du cyanure avant la chute de Berlin, alors que tant de ses semblables se sont réfugiés en Amérique du Sud (voir les livres de Philip Kerr).

 

"Qu'est-ce qui pousse un homme à changer de camp, à passer, par exemple, de la gauche la plus enragée à la droite la moins clémente ?"

Pour Fontenoy, comme pour Doriot, probablement le besoin d'être sur le devant de la scène.

La période voulait probablement ces revirements.

"De nombreux anciens combattants de 14/18 étaient du côté de la collaboration".

Dans le cas de Fontenoy, il y a le goût évident de la provocation, qui lui avait tant fait aimer le mouvement "Dada".

Sans parler des méfaits de l'opium et de l'alcool, circonstances atténuantes ou aggravantes ? Dépendances qui illustrent sa tendance à l'autodestruction. "Les idéalistes se reconnaissent à ce qu'ils courent au-devant de la mort."

 

L'occasion de se remémorer "ces temps déraisonnables où l'on avait mis les morts à table..."

Pourvu que, comme Fontenoy, ces temps ne reviennent plus !

 

 

 

15:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

15/06/2013

100 photos de légende de Paris

Paris mythique

 

100 photos de légende

 

Editions Parigramme

 

 

100 photos de Paris, de Parisiens et de Parisiennes, de 1838 à 1968, en passant par les grands évènements de la fin du XIXe et du XXe.

 

100 photos en noir et blanc, d'anonymes ou de photographes très connus comme Daguerre, Nadar, Atget, Man Ray, Brassaï, Willy Ronis, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau...

 

Certaines de ces photos sont archiconnues, d'autres pas du tout.

 

Pour moins de 10 euros, un très bel album.

 

 

08:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photos

12/06/2013

La BD qui a inspiré "la vie d'Adèle", Palme d'or 2013

Le bleu est une couleur chaude

 

Julie Maroh

 

Prix du public, Angoulême 2011

Prix espoir de la Quinzaine BD de Bruxelles

Prix Citoyen, Festival de Blois

Prix du meilleur album, Festival de la BD d'Alger

 

Editions Glénat

 

 

Une histoire particulièrement touchante. Amour adolescente. Amour de découverte de la vie et de la sexualité. Amour et fâcheries de 16 à 30 ans.

Rêve d'amour éternel, "ce mélange de paix et de feu". Fragilité de la frontière entre l'amitié et le désir amoureux. La sexualité est-elle "un lien vers les autres, un lien social et politique", ou "la chose la plus intime qui soit" ?

 

Peur du regard des autres. Cet amour est homosexuel, et alors ? Réaction des parents, des copines de classe.

Comme dans tout amour il y a de la jalousie, des besoins d'exclusivité mêlé à des tentations extérieures.

 

Un album qui se lit d'un trait, plein d'émotions, tant l'histoire est bien racontée, bien illustrée.

 

 

08:43 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd

08/06/2013

Des chantiers de jeunesse à la guerre d'Algérie, et aujourd'hui...

L'art français de la guerre

 

Alexis Jenni

 

Prix Goncourt 2011

 

Folio n°5538

 

 

La vie d'un jeune Français devenu militaire par les hasards des "chantiers de jeunesse pétainistes versant dans la Résistance, avant de continuer la guerre en Allemagne, puis en Indochine, pour finir en Algérie. "La fonction de chaque guerre était d'éponger la précédente".

"On aime pas, même si on s'en moque, être chassé".

"Le silence après la guerre est toujours la guerre".

"Il est tragiquement stupide de penser qu'un peu plus de force aurait fait l'affaire".

"On apprend pas impunément la liberté, l'égalité et la fraternité à des gens à qui on les refuse."

Pourquoi en faire un livre ? "Ceux qui l'ont vécu n'en ont pas besoin, et ceux qui ne l'ont pas vécu ne veulent pas l'entendre".

 

Le roman de cette vie de combats est entrecoupé de "commentaires". Un autre roman se déroulant aujourd'hui.

Le parallèle est fait avec la "militarisation" des forces de l'ordre, en particulier les CRS, et même les polices municipales, bien loin du traditionnel garde-champêtre.

 

Alors qu'un jeune homme vient de mourir tabassé par des nervis d'extrême droite, la description de ces néo-fascistes rêvant de "nettoyer" la France est, malheureusement,  d'actualité.

 

 

"En France on ne sait pas quoi penser des militaires, on n'ose même pas employer un possessif qui laisserait penser que ce sont les nôtres.  On se demande pourquoi ils font ça, ce métier impur si proche du sang et de la mort."

 

"Pourquoi tant d'écrivains parlent-ils de leur enfance ? C'est qu'ils n'ont pas d'autre vie : le reste, ils le passent à écrire." "Ecrire utilise du temps comme la broderie utilise du fil".

 

"Le cataclysme le plus terrifiant, le plus destructeur est bien celui-ci : l'absence que l'on ne remarque pas"

 

"La santé est le silence des organes"

 

 

"Tout génie politique est un génie littéraire"

"César mentait comme mentent les historiens"

"Le héros est tout autant celui qui gagne que celui qui sait raconter sa victoire"

 

"J'avais travail, maison et femme, qui sont trois visages d'un réel unique, trois aspects d'une même victoire : le butin de la guerre sociale."

 

"En tant que couple nous pratiquons surtout l'achat. L'achat fonde le couple"

 

"Est belle celle que je peux désirer embrasser". "Que nous reste-t-il si nous ne pouvons nous désirer, au moins du regard ? La  violence ?"

"Le sexe nous rapproche et nous unit ; les voiles que l'on tend pour dissimuler cette vérité-là sont haïssables."

 

"La race n'est pas un fait de la nature, elle n'existe que si on en parle"

 

"L'Europe est une idée, pas un continent"

 

07:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

04/06/2013

Hollande à l'Elysée, en BD

Moi, Président

 

Ma vie quotidienne à l'Elysée

 

Faro & Marie-Eve Malouines

 

Editions "Jungle !"

 

 

Marie-Eve Malouines est chef du service politique de "France-Info". Elle a réalisé le scénario de cet album qui commence par la remontée des Champs Elysées,  sous des trombes d'eau.

 

Deux trouvailles intéressantes :

- les fantômes de Mitterrand et Bérégovoy viennent conseiller, ou harceler, le nouveau Président ;

- des "flash-back" du temps de l'ENA, avec un certain nombre d'amis de l'époque nommés à des postes importants. Ou ayant fait d'autres carrières (De Villepin), ou dans d'autres domaines,  comme les assurances.

Sans parler de Ségolène.

 

Valérie T. n'est pas montrée sous son meilleur jour. Marie-Eve la connait probablement du temps où la nouvelle "Première Dame" était journaliste politique.

"La jalousie est une blessure d'amour propre".

"Une femme sans réponse, c'est comme un journaliste sans info, ils inventent le pire.

 

Difficile de se promener dans les rues de Paris, comme François Mitterrand aimait tant le faire. Encore plus difficile d'aller s'acheter, incognito, un gâteau au chocolat.

 

Deux planches pour rappeler le culot,  phénoménal,  du prédécesseur.

 

François Hollande apparait comme beaucoup plus fin manœuvrier dans ses prises de décision que la presse ne le laisse généralement croire.

 

  

 

08:23 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, hollande, politique