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29/06/2007

Journal d'une curée de campagne

Journal d'une curée de campagne

 

 

Michèle Stouvenot

 

 

Editions Plon

 

 

Michèle Stouvenot est journaliste au Journal du Dimanche, et quand il m'arrive de lire ce "quotidien du dimanche",  je ne manque jamais son "billet", juste à côté du dessin de Wolinski. Je dois même dire que ce sont les deux choses que je préfère dans le JDD.

 

Michèle Stouvenot a le sens de la formule, du jeu de mots et de la dérision.

 

 

Elle raconte, avec le prisme de l'humour,  la campagne présidentielle, "qui ressemble davantage à un polar noir qu'à un catéchisme",  comme un feuilleton plein de rebondissements, pour cette "curée" ("lutte avide pour s'emparer d'un pouvoir vacant",  selon le dictionnaire), entre deux candidats "people" (Gala contre Voici,  avec Match en arbitre),  avec des rappels amers, par exemple Kouchner déclarant "être de gauche, c'est s'efforcer de ne pas tromper" ou assassins, des citations venant généralement non pas d'adversaires mais "d'amis" ("Ségolène, la maldonne du PS", "l'image sans le son", "Egolène",  "le charisme de Ségolène, c'est qu'elle n'en a pas"- cette dernière citation étant de François Hollande, expert en la matière,  "J'ai l'impression de promener la Reine d'Angleterre" ; en face ce n'est guère mieux : "Sarkozy c'est Néron qui met le feu à Rome et pleurniche sur les flammes", "ce n'est pas parce que le renard se couvre de plumes qu'on va le prendre pour un poule"- François Bayrou qui selon Chirac "pète de vanité"), des anecdotes peu connues (Sarko demandant un sondage pour savoir si les Français étaient prêts à élire un mari trompé - curieux que Ségolène n'ait pas demandé le même au féminin...).

 

 

Michèle Stouvenot rappelle que début janvier Ségolène était encore en tête dans les sondages du premier tour et gagnait au second.

 

En janvier,  elle a voyagé,  et ses voyages ont été caricaturés ("chaque fois que Madame Royal franchit les frontières, elle passe les bornes" a déclaré un député UMP, et c'est l'impression qui est restée, malheureusement et injustement).

 

Et puis il y avait le problème des relations avec le Parti en général et avec son Premier secrétaire en particulier,  dont un proche déclare : "tant que durent les élections il se veut irréprochable. Une fois passées, il reprendra sa liberté, il quittera Ségolène", déclaration totalement passée inaperçue, mais peut-être est-ce Ségolène qui l'avait déjà quitté ?     

 

 

En conclusion,  pourrait se trouver l'affirmation d'un député européen anonyme : "la politique aujourd'hui c'est ça : dire des généralités, être plat, ne faire aucune analyse personnelle, employer un langage judéo-chrétien".

 

Je préfère le mettre sous forme de question car il y a aussi, malheureusement, en pire,  le cynisme triomphant, par exemple celui de Sarkozy déclarant : "Depuis que j'ai lancé l'idée d'un ministère de l'immigration, j'ai pris six points dans les sondages" et osant dire que "c'est Mai 68 qui a introduit le cynisme dans la société".

 

A moins de s'en tenir à l'angoissante question de Bernadette : " Mais qu'est-ce que je vais faire de Jacques toute la journée ?", ou pour mes camarades socialistes à cette remarque de l'un des nôtres : "l'unité des socialistes, c'est comme la Sainte Vierge, si elle n'apparaît pas de temps en temps, le doute s'installe" !

(Toutes les citations sont extraites du livre)

09:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

26/06/2007

Femme fatale (citations)

La Femme fatale (citations)

 

 

"Elle est le genre d'actrice dont les agents disent : elle n'embrasse pas" (François Hollande)

 

 

"Tout cela ne serait pas arrivé si tu l'avais demandée en mariage"

 

Rebsamen (un peu macho, non ?) à François Hollande

 

 

- "Dis nous ce dont tu as besoin, et nous le ferons"

 

- "Il faut que vous disiez du bien de la candidate"

 

Dialogue DSK/SR

 

"Je ne suis pas rancunier, mais je ne suis pas amnésique non plus"

 

DSK

 

 

"Il ne faut surtout pas un blog "ma gueule, ma bio, ma pensée qui dégouline, mes maîtres et mes modèles à penser"

 

Sophie Bouchet-Petersen, conseillère de SR

 

 

"Je compte sur chacun d'entre vous pour porter la parole que je viens de donner"

 

"Ce qui est important, c'est la manière dont nous nous aimons les uns les autres"

 

"Ne vous inquiétez pas, puisque je vais gagner"

 

Ségolène Royal

 

 

09:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

23/06/2007

Panique au Zaïre

Panique au Zaïre

 

 

SAS n° 52

 

 

C'est un livre de 1978, qui parle donc beaucoup de Mobutu, et qui vient d'être réédité, bien que la situation politique ait totalement changé.

 

En réaction à un commentaire de Maïtena, qui avait osé confondre San Antonio et SAS, j'avais répondu que les livres de Gérard de Villers étaient racistes. Je confirme. Du moins pour celui-ci qui se passe au Congo. Non seulement c'est du racisme contre les Africains mais également à l'égard...des Belges ! Les Flamands étant caricaturés comme même les Wallons n'osent plus le faire.

 

Le livre n'est qu'une succession de "clichés".

 

Le héros endure toutes les épreuves mais en triomphe sans peur et sans reproche, car les "bons" triomphent toujours des "méchants" (qui non seulement sont noirs mais sont également communistes !).

 

Concernant le sexe, je maintiens ce que je disais dans ma réponse au commentaire de Maïtena : ce sont toujours les mêmes adjectifs qui sont utilisés pour parler des fesses et des seins et l'auteur semble obsédé par les fellations. Peut-être qu'en 1978 cela avait un parfum d'interdit...

 

 

 

09:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

20/06/2007

Petit traité de manipulation

Petit traité de manipulation

 

à l'usage des honnêtes gens

 

 

Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois

 

 

Presses universitaires de Grenoble

 

 

 

Les visiteurs de ce blog auront remarqué que Maïtena n'a pas sa langue "dans sa poche", même si ce n'est pas pour "la donner au chat" et elle appelle un chat, un chat et non pas un "minet", et donc elle appelle un mensonge par son nom et non pas un "bluff" et elle ne parle pas de "poker menteur" quand il s'agit ni plus ni moins que de manipulations par l'utilisation de mensonges.

 

 

Etant le témoin malheureux,  depuis un an, d'une manipulation par mensonges, et triste de voir quelques camarades tomber dans le piège, j'ai voulu en savoir plus sur ces techniques de manipulation.

 

Je suis tombé sur ce petit livre, pas trop difficile à comprendre bien qu'il soit écrit par deux professeurs d'université, chercheurs et spécialistes de psychologie sociale, qui ont fait là de la "vulgarisation citoyenne" basée sur des expériences  nombreuses, en France, en Europe, aux USA, depuis 60 ans, car le meilleur moyen de ne pas se faire manipuler, c'est d'en connaître les techniques.

 

 

Est décrite, en particulier la technique de "l'amorçage", par un "leurre", bien connue chez certains commerçants (pas les commerçants airois, bien entendu : prix d'appel, mais il n'y a jamais votre taille) chez certains cela va même jusqu'au mensonge(s), à l'escroquerie, ou, au moins,  jusqu'à cacher certains inconvénients, ce qui est une tromperie.

 

On pourrait croire que les manipulés, prenant connaissance du ou des mensonges, vont en vouloir au manipulateur.

 

Malheureusement, pas du tout. Toutes les expériences montrent que les gens, dans leur grande majorité s'en tiennent à leur décision initiale, même quand ils connaissent la vérité, même quand leur décision n'a pas le résultat attendu.

 

C'est ce que les spécialistes de psychologie sociale appellent "l'effet de gel". Cette tendance à "s'accrocher" à une décision initiale, même lorsqu'elle est clairement remise en question par les faits, que les mensonges sont avérés,  même lorsque cela présente des inconvénients certains, cela s'appelle une "escalade d'engagement".

 

Bref, il est plus difficile qu'on ne le pense de revenir sur une décision et de nombreuses manipulations reposent sur cette propension qu'ont les gens à rester "collés" à leurs décisions.

 

C'est très triste, mais autant le savoir...

 

(à suivre)

 

09:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3)

18/06/2007

La femme fatale

La femme fatale

 

 

De Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin

 

Editions Albin Michel

 

 

 

J'étais tellement réticent que je ne voulais pas acheter le livre. J'ai attendu que Marie-Jeanne me le prête.

 

Pourtant les deux journalistes qui ont écrit le livre travaillent au Monde, ce qui, a priori, est un gage de minimum de sérieux.

 

Je n'avais pas envie car j'avais peur que ce livre soit unilatéralement critique à l'égard de Ségolène, alors que 47%, ce n'est pas si mal quand même.

 

Et puis dire (en page 4 de couverture) que Ségolène a été "aiguillonnée par une blessure secrète" (une infidélité de François) ça me paraissait un peu trop "croustillant" pour être honnête.

 

Réticent également puisque Ségolène et François ont porté l'affaire en justice (atteinte à leur vie privée) sans demander l'interdiction du livre ni sa censure.

 

Finalement je l'ai lu et j'ai décidé d'attendre le lendemain du deuxième tour des législatives pour en parler.

 

Car ce livre montre ce qui a été pressenti lors de la présidentielle et est devenu  aveuglant entre les deux tours des législatives : il y a un problème entre Ségolène et François.

 

Peut-être y - en- a-t-il obligatoirement entre un(e) candidat(e) et le chef du parti censé le soutenir ?

 

Cela aurait pu être le cas en 95,  quand Henri Emmanuelli était chef du parti, candidat à la candidature, battu lors des primaires par Lionel Jospin. Pour les avoir vu,  ensemble, à cette époque, à l'occasion d'une réunion des leaders socialistes européens, je dois dire que les choses étaient très claires et qu'Henri jouait parfaitement le jeu, sans état d'âme.

 

Il y a 5 ans François, et le parti, s'était effacé sans réticence derrière notre candidat, premier ministre.

 

Le fait que le "tandem" Ségolène / François soit un couple à la ville aurait pu, aurait du, faciliter les choses, renforcé par le choix de Rebsamen, numéro 2 du parti comme co-directeur de campagne.

 

Les Françaises et les Français aiment les images comme celles du meeting de Limoges, le seul où ils étaient ensemble.

 

François n'aime pas la "peopelisation" de la vie politique, et c'est tout à son honneur, mais la politique c'est aussi (surtout) des images, des symboles, en particulier lors d'une élection présidentielle où le lien direct entre les candidat(e)s et les électeurs passent essentiellement par les médias.

 

Un couple peut avoir des difficultés, surtout dans le monde politique dans lequel il y a peu de temps pour la vie privée. Cécilia et Nicolas auraient pu servir de conseillers conjugaux, le temps d'une campagne.

 

Comme le montre ce livre,  les électrices et les électeurs ont vu un couple en "guerre froide", encore pire qu'une franche séparation.

 

En racontant que Ségolène avait mis François à la porte du domicile conjugal, les deux journalistes portent atteinte à leur vie privée mais révèlent ce dont nous aurions pu nous douter.

 

Ségolène a eu beau déclarer "oui nous sommes encore ensemble", tout le monde voyait bien que ce n'était pas vrai. Et ce n'était pas un problème seulement en tant que "compagnon", mais aussi en tant que chef du parti. François était probablement plus présent, plus écouté, lors de la campagne de Lionel que lors de celle de Ségolène.

 

Plusieurs responsables socialistes ont critiqué, souvent de façon ridicule, Ségolène, mais François n'a-t-il pas été le plus cruel,  en voulant la défendre : "l'économie n'est pas son terrain de prédilection, la politique étrangère non plus. Mais vous savez bien que cela n'a pas d'importance, puisqu'elle sait marcher sur les eaux" ?

 

 

Le livre est une des chroniques parues sur la campagne électorale. Il critique la campagne de Ségolène, que tout le monde aurait trouvé géniale si elle avait fait 3,5% de plus.

 

Comme Sarkozy,  elle travaille avec des professionnels des sondages qualitatifs et de la communication. Il serait naïf de penser qu'il est possible de gagner une élection présidentielle sans ces techniques.  Je reviendrais sur la "disruption", la "triangulation" et la "love mark". Lui reprocher d'avoir un maquillage "télé" c'est ne jamais avoir rencontré Berlusconi. Quand on est candidat(e) à la présidentielle ce qui compte c'est l'image télé ! C'est peut-être triste pour la démocratie, mais c'est comme ça !

 

Lui reprocher de ne pas avoir annoncé qu'elle prendrait DSK comme Premier ministre, c'est oublié que Deferre a fait un score minable en 1969 alors qu'il avait annoncé que le prestigieux Pierre Mendès-France serait son Premier ministre.

 

La  chose qui me semble la plus exacte dans ce livre c'est le reproche, sous prétexte de réactivité, d'avoir oublié que les électrices et les électeurs ont besoin d'avoir une ligne principale constante et claire, et c'est ce qui a manqué.

 

Par peur des lourdeurs du PS, l'équipe de Ségolène, qui s'est voulue "petite entreprise" est tombée dans l'amateurisme et la pagaille, quand ce n'était pas l'autisme (nous retombons sur le problème des relations entre nos deux héros).

 

Avoir choisi Internet, et l'interactivité, c'était bien également, mais je ne suis probablement pas le seul à avoir été frustré par l'absence de réponse à mes messages sur le site "Désirs d'avenir" et le livre "interactif" qui nous était promis n'a jamais dépassé les tous premiers chapitres.

 

 

Lionel avait pris toute la responsabilité de la défaite (son directeur de campagne, Jean Glavany, ne semble toujours pas, cinq ans après, être porté sur l'autocritique), Ségolène, "femme insaisissable et secrète, solitaire mais capable de s'attacher la ferveur populaire, fatale, en un mot",  semble décider à faire payer l'addition par François qui, à mon avis, ne le mérite pas.

 

 

 

(à suivre)

 

 

09:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (18)